Langlois, Jean
Biographie
Né le 3 brumaire an III à Saint-Mars-d’Egrenne (Orne), fils de Langlois, Jean, laboureur, et de Levalet, Marie. Journalier maçon. Il travailla aux barricades le 28 juillet et fut tué d’un coup de biscayen, reçu dans la tête, le 28 au coin de la rue de Cléry et du Gros-Chenêt. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 29 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Nolle, Etienne, né vers 1787, marchand de vin, demeurant 53, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Ribout, Pierre, né vers 1803, maçon, demeurant 9, rue Neuve-Saint-Jean ; Bécret, Auguste, né vers 1802, bijoutier, demeurant 44, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Langlois, Jean-Baptiste, menuisier, demeurant 47, rue du Faubourg-du-Temple. Ils affirmèrent avoir parfaitement connu Langlois, Jean et qu’il avait « péri victime de son dévouement pour la cause de la liberté dans les glorieuses journées de juillet 1830 ; qu’en effet ils l’ont entendu dans la première de ces journées, annoncer sa résolution de combattre et même exprimer son désir de mourir pour une si belle cause ; qu’ils l’ont vu notamment le 28 dudit mois travailler avec zèle à la construction des barricades ; que de ce jour il n’a plus reparu dans son domicile et que le lendemain son corps inanimé a été aperçu et reconnu dans la rue de Cléry à peu de distance de la rue du Gros-Chenêt ; que le sieur Pierre Ribout, l’un des comparants et Jean-Baptiste Langlois aussi comparant et frère du défunt, ont fait ensemble des démarches sans succès pour obtenir la permission de faire enlever ce corps, ayant été renvoyé par le maire au commissaire de police et n’ayant pu rencontrer ce dernier fonctionnaire qu’enfin pendant le temps qu’ils ont consacré à ces démarches, le cadavre qu’ils avaient parfaitement reconnu a été transporté sur le boulevard Montmartre, où ils l’ont encore vu. Attestant aussi lesdits sieurs Ribout et Jean-Baptiste Langlois qu’à l’inspection dudit cadavre ils ont remarqué que la mort avait été produite par une large blessure à la tête, qui leur a paru l’effet d’un biscayen ». Le 12 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Ribout, Pierre, né vers 1803, maçon, demeurant 9, rue Neuve-Saint-Jean ; Hue, Frédéric, né vers 1809, potier de terre, demeurant 51, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Nolle, Etienne, né vers 1787, marchand de vin, demeurant 53, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Langlois, Jean-Baptiste, menuisier, demeurant 47, rue du Faubourg-du-Temple. Ils affirmèrent avoir parfaitement connu Langlois, Jean et savoir qu’il avait « péri victime de son dévouement pour la cause de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 ; qu’en effet ils ont entendu dire qu’il avait été tué d’un coup de biscayen à la tête le 28 dudit mois dans la rue de Cléry au coin de la rue du Gros-Chenêt et que le lendemain 29 son corps a été vu en cet endroit par deux des comparants, le sieur Ribout et Jean-Baptiste Langlois, frère du défunt ». Il laissait un père, Langlois, Jean, né le 25 janvier 1764 à Saint-Marc-d’Egrenne. Le maire de Saint-Marc-d’Egrenne délivra un certificat en date du 5 mars 1831, pour attester que Langlois, Jean « ne possède aucun bien meuble ni immeuble, qu’il fit et couche dans une maison de fermier, chez lequel il travaille à ce qu’il peut. Mais la caducité de l’âge et les infirmités le poursuivent tellement qu’il ne peut aller sans l’aide d’un bâton, en sorte que son maître ne peut plus le garder pour aucun service. Cet infortuné vieillard est d’ailleurs honnête homme et jouit de tous ses droits civils ». Il était d’autre part porteur du certificat médical suivant : « Nous, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifions que le nommé Jean Langlois, habitant au hameau de la Védière, commune de Saint-Marc-d’Egrenne […] est affecté d’un raccourcissement de plus de cinq pouces de la jambe gauche et d’une atrophie du même membre, le tout occasionné par une ancienne fracture qui a été mal réduite, ce qui met cet individu dans l’impossibilité absolue de travailler. » Signé, le 7 avril 1831 : Lédemé, médecin. Il fut pensionné de trois cents francs et il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 14 mai 1793 à Saint-Marc-d’Egrenne ; sur l’acte de mariage, Langlois, Jean est indiqué comme le fils de feu Langlois, Jean et de Chaponnais, Siméonne, et comme étant laboureur ; Levallet, Marie (sic) est indiquée comme la fille de Levallet, Jean (sic), et de feue Divay, Julienne. Levallet, Marie (sic dans son acte de décès) mourut le 17 mai 1814 au hameau de la Baillée à Saint-Marc-d’Egrenne Il laissait une veuve, Challois, Rose, née le 25 fructidor an II (bien le 25 fructidor an II dans son acte de naissance ; parfois mais par erreur le 26 fructidor an II) à Domfront (Orne), sans état, qui reçut (sous le nom de Langlais) un secours de cent vingt francs en août et de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Ils s’étaient mariés le 13 mars 1825 à Domfront ; sur l’acte de mariage, Langlois, Jean est indiqué comme le fils de Langlois, Jean, laboureur, et de feue Levalet, Marie et comme étant homme de confiance ; Challois, Rose est indiquée comme née le 26 fructidor an II (sic) à Domfront, fille de feu Challois, Michel, Jacques, cordonnier, et de feue Ruault, Catherine, et comme étant fille de confiance. Il laissait deux enfants, qui furent pensionnés et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Marie, Victoire née le 25 juillet 1825 (par erreur le 26 juillet 1825 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Domfront et Frédéric, né le 6 avril 1828 (par erreur le 7 avril 1828 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris et décédé le 21 octobre 1834. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Langlois, Jean-Baptiste, menuisier, subrogé-tuteur, demeurant 47, rue du Faubourg-du-Temple en 1831. En 1832, Marie touchait sept cents francs de pension et, en 1833, trois cents francs de frais de trousseau. En 1833, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Marie, Victoire, qu’elle suivait les cours dans la maison d’éducation de Mme Lemaire, 2, passage Saint-Pierre, avait quelques moyens mais un peu d’entêtement et que la délicatesse de sa constitution nuisait aux progrès qu’elle était susceptible de faire. En 1835-1836, Marie était élève dans la pension Mercier à Paris. Le nom de Langlois (J. Langlois) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Langlois, Jean demeurait 51 ou 53, rue du Faubourg-Montmartre ; sa veuve, 53, rue du Faubourg-Montmartre en 1831 ; son père, à Saint-Marc-d’Egrenne en 1831. Voir Passenaud. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 31 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 35 (sous le nom de Langlais, Jean, tué, demeurant faubourg Saint-Martin) ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 81 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99-100 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 27 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 34-35 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) Ve arrondissement, orphelins du (ancien) Ve arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves), état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, Ve arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 Ve arrondissement ; année 1839 Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Enault ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, veuves, orphelins et ascendants et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ve arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2554 orphelins de Juillet, correspondance, dossiers collectifs ; Archives nationales F/15/2555, correspondance avec le deuxième bureau, années 1832-1833 et son bulletin individuel dans un autre dossier de la même référence ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Ve arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841