Lannes, Jean, Maurice
Biographie
Né le 18 juillet 1808 à Choisy-le-Roi (Seine). Ouvrier ébéniste. Il fut blessé d’un coup de sabre reçu à la main droite. Il fit parvenir le récapitulatif suivant de la conduite qu’il avait tenue pendant les combats, en la faisant suivre, au cours de la rédaction, des signatures justificatives : « Le 27 juillet, je me suis rendu avec une trentaine de jeunes volontaires, armés de bâtons et de pierres, près les galeries Montesquieu, pour chercher à désarmer les gendarmes qui étaient dans la rue des Bons-Enfants. Malgré une vigoureuse résistance, nous fûmes repoussés à coups de sabre. Je fus blessé à la main droite. Malgré cela, j’ai soutenu une nouvelle charge et je me suis battu jusqu’à 9 heures du soir. » Suivent pour attestation les signatures de Babin, N. ; Malliet illisible ; Menesclou, charbonnier, demeurant 33, rue de Viarmes ; Chaufray, A., demeurant 8, rue Montesquieu ; Douet, Denis, François (voir ce nom), garçon meunier, demeurant 3, rue Oblin. « Le même jour, dans la rue Saint-Honoré près celle de Richelieu, je résistai à une charge de cuirassiers et reçus un coup de crosse de carabine au poignet gauche, en voulant m’emparer de cette arme. » Suivent pour attestation les signatures de Batifol, demeurant 1, rue Sartine ; Pittré illisible, Julien, garçon grainier, demeurant 3, rue Oblin. « Le soir, à 9 heures environ, j’attaquai avec mes camarades le poste de la halle au blé ; ce n’est que le lendemain matin que nous en fûmes maîtres. » Suivent pour attestation les signatures de Batifol, demeurant 1, rue Sartine ; Canat-Dorcy, marchand de vins, demeurant 6, rue Oblin. « Le 28 juillet à 8 heures du matin, je fus à la caserne du 5e léger, faubourg Poissonnière ; j’accompagnai ce régiment jusqu’à la place Vendôme. Là, nous fûmes repoussés par la gendarmerie à cheval. Ne pouvant rallier nos braves qui étaient armés de bâtons, il y en eut trois de tués. Je fus sauvé par Mme Billard, marchande de cheminées, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 35. » Suivent pour attestation les signatures de Billard, marchande de cheminées, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 35 ; Magnus, imprimeur, demeurant rue Montédour. « Le même jour à 11 heures, j’arborai avec le sieur Boileau, fumiste, rue Oblin n° 6, le drapeau national sur la coupole de la halle au blé. Je fis une quête pour l’achat du drapeau mais le marchand ne voulant pas en recevoir le prix, le montant fut versé à la caisse aux blessés. » Suivent pour attestation les signatures de Roger, garçon de place de la halle au blé ; Rousseau, garçon de place de la halle au blé ; Canat-Dorcy (ou Docey ?), marchand de vins, demeurant 6, rue Oblin ; Huet-Gargaut (ou peut-être Huet, gargotier), demeurant 90, rue Saint-Honoré. « A 1 heure et demie le même jour, je me trouvai engagé avec témoins au marché de la viande et rue des Prouvaires. Je reçus des cartouches de M. Vicard (voir ce nom), ancien militaire, décoré, qui commandait et plaçait les tirailleurs et à qui on les avait jetées de la croisée du premier, rue du Four-Saint-Honoré, n° 37. » Suivent pour attestation les signatures de Febvre, officier de l’ancienne armée, demeurant 37, rue du Four-Saint-Honoré, qui ajoutait : « J’atteste que le 28 juillet à 1 heure et demie de l’après-midi et au moment que le feu s’est engagé au bout de la rue des Prouvaires vers le marché de la viande. M. Vicard, militaire de l’ancienne armée, chef des tirailleurs qui soutenaient le feu, manquant de cartouches et poudre, vint avec Jean, Maurice Lannes tout essoufflés dans la rue du Four n° 37, pour demander des cartouches et de la poudre, qui leur ont été fournies par moi et les deux soussignés qui suivent. Et, plus, j’atteste qu’ils ont combattu jusqu’à 8 heures du soir. » Les deux soussignés étaient : Pelletier, demeurant 37, rue du Four-Saint-Honoré, et Anne, veuve du colonel Wolff. « Le même jour, à 5 heures, je retournai sur le quai de la Mégisserie, je m’embusquai avec mes camarades dans une petite rue et nous tuâmes deux cuirassiers et nous en blessâmes un troisième. Nous nous emparâmes de leurs armes et j’ai déposé le 11 août à la mairie du (ancien) IVe arrondissement une cuirasse que j’avais prise. » » Suivent pour attestation la signature de Jalabert illisible, qui ajoute : « Je déclare que le 28 juillet à 5 heures, nous étions trois près le quai de la Ferraille et du Pont au Change, que nous avons tué deux Suisses et blessé un, et Jean, Maurice Lannes en était un. » « Le 29 juillet, j’étais volontairement de garde au Palais-Royal. Malgré mes deux blessures, je fis partie de l’expédition de Rambouillet. Depuis ces mémorables journées, je n’ai pu travailler, mes blessures m’en ayant empêché. » Vicard (voir ce nom), quant à lui, délivra le certificat suivant en sa faveur : « Je déclare avoir eu sous mon commandement Jean, Maurice Lannes, la journée du 28 au marché des Prouvaires et rue du Roule, dont j’atteste qu’il a combattu avec courage. » Pinard, demeurant 47, rue du Four-Saint-Honoré, certifia, le 18 août 1830, « que le nommé Jean, Maurice Lannes a servi pendant les trois journées du 27, 28 et 29 et que je l’ai vu se conduire bravement. » Lannes reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés, mais au moins vingt-cinq francs le 20 août 1830, et soixante francs le 17 septembre suivant) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 11 août 1831, par procuration de Canat-Direy, demeurant 6, rue Oblin. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté comme sergent à la 1re compagnie du 4e bataillon du 38e régiment de ligne, en garnison à Lille (Nord). Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de soixante-quinze francs en 1851, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 6, rue Oblin (mais 1, rue Laffitte deux fois in Archives nationales F/1dIII/33) en 1830-1831 ; rue et maison Galpin à Tours (Indre-et-Loire), en 1851. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 (sous le nom de Lanne, Jean, Maurice), idem Proposition d’autoriser, par imputation sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, l’ordonnancement d’une somme de quatre cent vingt francs, pour être répartie à titre de secours entre cinq décoré de la croix ou de la médaille et deux veuves de juillet 1830, minutes 170-172 (sous le nom de Lanne, Jean, Maurice). Voir sans doute Lannes, Jean, Maurice mais l’arrondissement ne correspond pas… ?