Lanternier, Jean, Henri
Biographie
Né vers 1777. Ancien maréchal des logis de dragons devenu peintre en bâtiment et concierge. Il était porteur du certificat suivant, établi à Versailles, le 12 août 1830 : « Nous, soussignés, certifions que Jean, Henry Lanternier, âgé de cinquante-trois ans, concierge passage du Renard, ci-devant maréchal des logis de dragons ; Antoine, Marie, Théodore Béguin, fils de Pierre Beguin ancien capitaine d’état-major, demeurant aussi passage du Renard ; et Joseph Douin, de Dôle (Jura), né le 8 avril 1800, ancien aide-comptable aux armées et intendances militaires, demeurant aussi passage du Renard, rue Saint-Denis n° 257. Sont trois des sept premiers braves Parisiens qui se sont présentés dans notre ville, aux cris de Vive la Charte, la nation et le duc d’Orléans, que malgré que la garde royale évacuait encore la ville, ils n’ont rien craint pour prouver leur dévouement et leur esprit national aux Versaillais, qui jusqu’alors n’avaient pu seconder le courage des braves Parisiens qu’en arrêtant vingt-cinq mille rations destinées à la garde royale ; désarmant bon nombre de gendarmes et de soldats et forçant cette même armée à bivouaquer hors leurs barrières, sans vivres ni fourrage. Cependant la présence de ces braves, les couleurs nationales dont ils étaient décorés augmentèrent l’enthousiasme et la joie dans le cœur des Versaillais et bientôt la cocarde tricolore, qui n’avait été prise que par nous, ainsi que l’étendard tricolore furent arborés aux cris de Vive la France ! Vive la liberté ! Honneur aux Parisiens ! Nous ajoutons avec plaisir que dans leur marche vers les barrières ces braves se contentaient de désarmer les soldats, même alors qu’ils voulaient résister, entre autres un homme attaché aux gardes du corps dont ils prirent l’épée, qui fut déposée au poste que nous commandions. Nous les avons vus, après avoir arrêté un soldat royal qui voulait se soustraire à notre vigilance, chercher dans son sac et s’emparer des cartouches qui s’y trouvaient, avec une sorte d’avidité et lui rendre avec dédain un rouleau de cent francs qu’il semblait craindre de perdre. Tiens, lui dirent-ils, cet argent te fut donné pour tuer tes frères. Va-t’en avec, nous le méprisons comme toi. Ainsi ces dignes citoyens, ces bons Français méritent selon nous d’être placés au rang des braves et considérés comme tels. » Signé : Larpenteur, artiste dramatique, peintre et sergent de la garde nationale ; Fisanne, sous-lieutenant de la garde nationale ; Orange, capitaine d’état-major du général Lafayette. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement (ses deux camarades cités dans le certificat délivré par des habitants de Versailles furent simplement médaillés…). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1849, un secours de soixante francs en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait passage du Renard, 257, rue Saint-Denis en 1830-1849 ; 28, rue de la Chaise en 1850-1852. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement (où il est curieusement sur une liste de médaillés…) ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Douin, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852.