Lapanne, Edmond, Antoine

Biographie


Né le 25 janvier 1797 (le 6 pluviôse an V). Toiseur, vérificateur en bâtiments. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à la Commission : « Antoine, Gabriel Lapanne, mon père, né à Paris en 1768, fut vainqueur de la Bastille en 1789 et blessé le 10 août 1792 à la prise des Tuileries. Il fut nommé au grade de commandant de la colonne mobile. Lors de la chute de la Convention, il quitta Paris pour aller demeurer à Flogny, 4e arrondissement de Tonnerre (Yonne). Là, il fut nommé receveur des contributions et lieutenant de la garde nationale pendant l’an IV, V et VI de la république et reçut le surnom de Protecteur de la liberté. Je naquis en l’an V de la république, le 6 pluviôse (25 janvier 1797). En l’an VII, mon père donna sa démission et revint à Paris. Il fut nommé commandant de la garde nationale, section des Quinze-Vingts, mais six mois après il quitta Paris et retourna à Flogny, sa place et son grade (sic). Lorsque Bonaparte fut nommé premier consul et qu’il eut décrété la liberté des cultes, mon père lui écrivit pour lui demander le rétablissement du clergé à Flogny (il y a quelque chose dans internet à ce sujet). Le premier consul lui a répondu personnellement et il l’a autorisé à rétablir le curé dans ses fonctions, ce qu’il a exécuté. De là sa place lui fut conférée à vie. Mais à la fin de l’an IX, mon père donna de nouveau sa démission et revint à Paris. Il fut nommé lieutenant de la garde nationale et y resta jusqu’à sa dissolution en l’an XI mon père m’envoya en classe chez un vieux républicain, le citoyen Jacob, instituteur des jeunes aveugles aux Quinze-Vingts, en lui recommandant de m’enseigner ses principes. En 1813, mon père me dit que j’étais d’âge à être utile à mon pays, il me fit entrer dans un atelier d’armes, où je restais jusqu’en 1814 et le 30 mars je pris les armes avec mon père dans la garde nationale et nous nous battîmes dans les plaines de Charonne, Bagnolet, Montreuil et l’avenue de Vincennes, où les pièces d’artillerie des élèves de l’Ecole polytechnique, par surprise, tombèrent un instant au pouvoir de l’ennemi (les lanciers hongrois) mais ils ne les gardèrent pas longtemps car mon père et moi cinquièmes nous étant ralliés, nous rassemblâmes plusieurs tambours à qui nous fîmes battre la charge. Nous reprîmes les mêmes pièces aux lanciers, qui sans doute nous croyaient en plus grand nombre. Dans cette action, nous avons rencontré deux grosses pièces servies par des canonniers, des marins de la garde impériale lesquelles étaient restés à leurs poste mais il y en avait beaucoup hors de combat. Je me suis mis servant des pièces avec eux et ne les ai quittés qu’après la capitulation de Paris, et nous quittâmes la garde nationale jusqu’au 19 mars 1815 jour auquel moi et mon père nous avons arboré la cocarde tricolore au faubourg Saint-Antoine, ce qui a manqué nous coûter la vie. Le 1er avril, j’ai rentré à l’atelier d’armes et le 22 du même mois je fus nommé chef de division (ou d’atelier) par Napoléon, qui m’avait remarqué par mon habilité et le rapport de mes chefs lorsqu’il nous passa en revue dans l’atelier. Au Champ-de-Mai, je distribuais plus de trente mille cocardes tricolores et je récoltais plusieurs milliers de signatures à l’acte additionnel aux constitutions. Le 28 juin suivant, je pris part dans les fédérés et je guerroyais dans la plaine et le village des Vertus où avec une poignée de citoyens nous fîmes face à plusieurs bataillons prussiens. Le 4 juillet, jour de la capitulation de Paris, je quittais les fédérés et je revins à l’atelier d’armes. Je le trouvais désert et la caisse intacte. Je l’ai enfoncée et j’ai transporté le contenu au fort de Vincennes où justement M. Bosquette, le directeur de l’atelier et qui plus tard devint commandant de l’artillerie de la garde royale à qui je remis or, argent et billet de banque que le hasard avait mis à ma possession. Pour payer mes faibles services lors de la deuxième Restauration, on me mit en prison comme prévenu de désobéissance au gouvernent et tendant à le renverser, avec l’accusation d’avoir distribué de l’argent et des cocardes tricolores et d’avoir excité les citoyens au mépris du gouvernement. J’en fus quitte pour vingt-neuf jours de prison mais aussi je fus inquiété chaque fois qu’il y avait ombre du moindre soulèvement ou conspiration, le commissaire des Quinze-Vingts ne m’oubliait jamais, ce qui me fit jurer une haine implacable aux derniers des Bourbons. J’ai quitté le quartier en 1823, pour aller demeurer rue de la Chopinette n° 8, ou en 1826 une bande de malfaiteurs désolaient la capitale par leurs attaques nocturnes. Le chef se nommait Chanet. Lui et ses complices avaient un repaire dans un énorme buisson près de mon domicile. Ayant eu quelques soupçons, moi et le citoyen Létu, mon voisin, pénétrâmes dans ce repaire, le 14 octobre 1826, à 11 heures du soir, où nous avons arrêté cinq de ces brigands et plusieurs les jours suivants, en tout onze, que nous avons livrés à la justice, qui les a envoyés aux fers à perpétuité. De ce fait je reçus les félicitations particulières de M. Jacquinot Godard, président de la cour d’assises, de M. le procureur du roi et de M. Demeztier, juge d’instruction (voir les assises de févier 1827). La police même voulait me faire entrer dans leurs rangs, ce que je refusais. J’ai quitté ce logement en 1828 pour aller demeurer à Ménilmontant, rue de Loitre illisible n° 1. Là, en 1830, je pris les armes de bon cœur. Je fis mon devoir de citoyen les 27, 28 et 29 juillet. Je ne quittais pas les barricades et restais trois jours et trois nuits sans rentrer chez moi. Le 30, je me reposais. Le 31, je partis pour Versailles, où j’avais un billet de cent cinquante francs à toucher. Je me suis présenté pour passer au pont de Sèvres, qui était défendu par deux compagnies de la garde royale et deux pièces de canon. Je me suis adressé à l’un des capitaines et lui ai demandé le passage. Il me demanda pourquoi je voulais passer. Je lui fis voir mon billet lui dis que l’allais le toucher. Il me dit d’attendre soit qu’il attaque ou qu’on les attaque, il ne serait pas là dans une heure. Je lui dis Vous vous attendez donc à vous battre ? Il me répond Malheureusement que oui, mais que faire ? me dit-il puisqu’on massacre les soldats de la garde, il faut mourir me dit-il. Je lui demande pourquoi il ne se rendait pas au camp de Vaugirard, où tous les soldats étaient des frères. Mais il ne voulut pas me croire. On les avait persuadés du contraire. Il appela un autre capitaine, à qui il raconta ce que je venais de lui dire. Celui-ci répond qu’on lui en avait dit autant. Je crus devoir les exciter à la désertion du drapeau blanc. Là, ils firent former le cercle à leurs soldats et me dit de répéter ce que je venais de lui dire. Quand je me vis entouré par environ trois cents hommes, je me crus perdu mais il n’y avait pas à reculer. Je répétais tout ce que je lui avais dit devant ses soldats. Ma tâche était faite. Ils se consultèrent sur le parti qu’ils devaient prendre. Ils ont décidé qu’un d’eux emmènerait les soldats au camp et que l’autre suivrait le roi, à qui il avait juré fidélité le matin même. Je me suis mis à la tête des soldats pour les conduire au camp mais arrivés près du pont de Grenelle, nous avons rencontré une troupe de citoyens armés. On a échangé des vivats et je suis retourné au pont de Sèvres. Lors de mon arrivée, le capitaine, que j’avais laissé harassé de fatigue et de besoins, fut prié par les dames qui habitaient la maison de gauche en tête du pont de bien vouloir se rafraîchir et se remettre de son émotion, ce qu’il accepta. Durant son absence, les artilleurs qui se trouvaient en tête du pont avec deux pièces de canons me demandèrent ce que j’avais fait de la troupe que j’avais emmenée. Je leur dis qu’ils étaient au camp et qu’ils avaient été reçus en frères. Ils se regardaient et ne savaient ce qu’ils devaient faire. Je les encourageais à en faire autant. Ils tournèrent bride et partirent au galop. Une autre pièce et plusieurs caissons qui se trouvaient sur la place en avant de la grille du parc de Saint-Cloud en firent autant et tous ceux qui se trouvaient en cet endroit en auraient fait autant si une vingtaine de grenadiers avec un officier suivis d’un général ne s’étaient jetés sur le pont. Ils me rencontrèrent sans arme accosté par un citoyen armé d’un fusil. Ils croisèrent la baïonnette sur nous et allaient nous faire payer cher notre imprudence si le capitaine resté chez les dames au bout du pont n’était accouru à notre secours. Sa présence empêcha de tirer sur nous sans le mettre en danger. Il se précipita sur les baïonnettes qu’il détourna de dessus nos poitrines et nous fit un rempart de son corps. Le général lui demanda ce qui se passait. C’est la défection de deux compagnies et trois pièces d’artillerie mon prince (ce mot prince me fit le regarder et j’ai cru reconnaître le duc d’Angoulême). En ce cas évacuons ! Je restais sur le pont le temps que l’artillerie et la troupe rentrent dans le parc de Saint-Cloud, duquel on ferma les grilles. Je traversai la place lorsque les citoyens armés arrivèrent par la rive gauche de la Seine. Je me trouvais entre deux feux et n’eut que le temps de me mettre par terre en travers la grille en attendant l’arrivée des citoyens qui croyaient que j’étais blessé car il y avait une masse de sang près de moi. Je me suis armé d’un mousqueton et j’ai continué ma route, guerroyant jusqu’aux portes de Versailles, où j’ai donné mon arme à un citoyen, ne pouvant pas entrer armé dans la ville. J’ai touché mon billet, traversant la place d’armes. Je vis partir Charles X et sa suite dans leurs voitures, suivies par des gardes du corps, des gendarmes de Paris et treize pièces d’artillerie. Les troupes restèrent en station sur les avenues de Sceaux, Saint-Cloud et de Paris. Je me hasardais à tenter de les faire déserter mais plusieurs chefs me dirent qu’ils étaient prêts de se rendre mais non pas sur un ordre du jour qu’on leur disait être du général Lafayette, que tout le monde pouvait en faire autant mais qu’ils se rendraient à lui ou à un de ses envoyés. Je me hâtais de revenir à Paris. En passant par la butte de Picardie, j’ai rencontré des élèves des Ecoles et des citoyens armés qui se disposaient pour attaquer. Je leur dis tout ce qui se passait et on décida qu’il fallait en instruire l’état-major. Je vins avec un élève de l’Ecole polytechnique jusqu’à l’Hôtel de ville rendre compte au colonel Zimmer et au général Lafayette de tout ce que j’avais vu dans la journée et je restais à l’Hôtel de ville jusqu’à 1 heure du matin, occupé à couper du pain et distribuer du vin aux combattants et quelques secours en argent de ma poche. Sorti de là, je rentrai chez moi et repartis le lendemain pour Rambouillet. Je fis mon devoir et mon service de citoyen. Je montais la garde le 9 août lorsque l’on vint proclamer Louis-Philippe, roi. Je couchai en vue celui qui le proclamait mais je fus désarmé et interdit de la garde nationale. Je regrettais tout le mal que je m’étais donné et ne désespérais pas qu’un jour on chasserait les Bourbons cadets comme on avait fait des aînés. Le 5 juin 1832, je désarmais les postes. Je passais la nuit sous les armes et, le 6 au matin, je me trouvais sur les barricades de Saint-Merri, dont j’ai échappé comme par miracle. Le 8 juin, ma demeure fut envahie par le maire, le commissaire de police, la brigade de gendarmerie et le garde champêtre de Belleville, accompagnés d’un officier de paix et six agents de police, qui ont fait une perquisition dans mon domicile mais ils ne trouvèrent rien. Ils firent un procès-verbal, que je me refusais de signer, attendu qu’il était dit que je ne possédais aucune arme. Je leur fis dire qu’après perquisition faite n’ayant rien trouvé, je leur avais remis un fusil, un sabre, une giberne et des cartouches et j’ai signé. Là, ils m’ont fait perdre mes droits civils. On a refusé ma signature sur des certificats par moi donnés à un de mes ouvriers et l’on m’a signifié qu’il m’était défendu de porter des armes de guerre sous peine de détention. Je me suis consolé en faisant partie de l’Association libre pour l’éducation du peuple. J’ai suivi les cours du citoyen Doley pour transmettre sa méthode dans nos réunions chez le citoyen Tanrot à Ménilmontant. Je me suis trouvé plusieurs fois dans l’assemblée, rue de l’Abbaye-Saint-Germain. J’ai en 1833 lors des souscriptions Laffitte dans la feuille du 7 avril le Bon Sens et le Populaire pour la souscription Cabet fait savoir que j’étais enfant de la république et que je n’abandonnerai pas ma mère. J’a été arrêté au banquet donné au citoyen Cabet chez Morel aux Amandiers. Après toutes les vexations de la police, je me suis décidé à quitter la commune en 1835 pour me retirer dans La Chapelle, où j’ai bien observé de ne jamais porter d’armes de guerre et n’ai monté aucune garde par cette raison. C’est dans cet état que m’a trouvé la Révolution de Février 1848. En 1848, les 22 et 23 février, j’ai parcouru la ville et j’étudiais la révolution. J’encourageais les citoyens mais le 24 au matin j’organisais l’attaque de la caserne de la rue du Faubourg-Poissonnière. Pour cela comme on n’avait pas d’armes, je me suis fait remettre par un serrurier dix-huit barreaux d’une grille en fer, lesquels j’ai remis à des citoyens de bonne volonté. Lesdites barres nous ont servi de pince pour arracher les pavés pour faire des barricades. Je me suis fait ouvrir les portes voisines pour pouvoir introduire des pavés afin d’avoir des retraites et pouvoir lancer des projectiles par les croisées pour empêcher de franchir nos barricades. Je courus chercher des gardes nationaux et l’on finit par entrer dans la caserne sans coup férir malgré ce qui avait été annoncé par un officier qui assurait que le commandant était décidé à faire une sortie. Aussitôt l’entrée de la caserne, où nous prîmes une grande quantité d’armes et les munitions, je partis pour les Tuileries. C’était là notre but. Arrivé boulevard Montmartre, je rencontrai un détachement de citoyens armés, commandant en tête le citoyen Lagrange, avec lequel nous nous rendîmes à la place des Petits-Pères. L’état-major de la garde nationale était à la mairie en délibéré pour savoir quel parti prendre, lorsque plusieurs gardes nationaux arrivèrent, entre autres un adjudant-major, et vinrent dire que l’on venait de tirer sur eux. Là, toute délibération fut terminée. On ne trouvait plus les tambours. Ceux des grenadiers des voltigeurs et chasseurs se mirent où il purent n’importe à quelle compagnie et l’on partit. Nous marchons en bon ordre jusqu’à la place du Palais-National [lire Palais-Royal, N.D.A.]. Je franchis les barricades et ne quittai la place qu’après la prise du poste du château d’eau pour me rendre dans les cours du palais, d’où l’on précipitait tout par les fenêtres. Je fis tous mes efforts pour empêcher l’incendie. Je pérorais des citoyens qui brisaient à coups de crosse les vitres de la galerie vitrée, que l’on parlait d’incendier. Je fis observer que c’était des locations particulières et qu’il fallait respecter les propriétés des citoyens. Enfin, je criais de toutes mes forces et dis que cette galerie allait servir d’ambulance. En effet, je n’eus pas plus tôt prononcé ces mots qu’à l’autre extrémité je vis apporter plusieurs matelas et des blessés. J’avais comme deviné ce qui allait arriver. Je crus que ma tâche n’était pas finie. Je me dirigeais sur les Tuileries mais déjà les citoyens en étaient les maîtres. Voilà quel fut l’emploi de ma journée. Si vous croyez que par ma conduite j’ai mérité une récompense nationale, je m’en rapporte entièrement à vous pour me la décerner. » Il joignait à sa lettre plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Auguste Roze, nourrisseur, demeurant à La Chapelle-Saint-Denis, certifie avoir vu le 24 février dernier, jour de la révolution, sur les 7 heures environ du matin, le citoyen Edme, Antoine Lapanne (sic), toiseur-vérificateur en bâtiments, demeurant aussi à La Chapelle-Saint-Denis, rue Constantine n° 2, qui s’est mis avec plusieurs de ses concitoyens dans le faubourg Poissonnière près la caserne de la Nouvelle-France, à construire des barricades et notamment celle qui faisait l’encoignure du faubourg Poissonnière et de la rue Montholon. Je certifie aussi que dans ladite rue Montholon n° 4, comme le bruit courait que l’officier supérieur qui commandait à la caserne de la Nouvelle-France le 1er régiment d’infanterie légère allait faire une sortie, ce citoyen, pour protéger ses concitoyens contre tout danger, se fit d’autorité ouvrir la porte cochère de la maison afin de pouvoir en cas de force majeure se retrancher. Je certifie de même que pour faire des pinces pour arracher les pavés qui servaient à la construction des barricades, il se transporta avec plusieurs citoyens qu’il avait requis chez le citoyen Félix Huret, serrurier faubourg Poissonnière 53, où il se fit remettre des barres de fer et qu’il n’abandonna son poste et les lieux que lorsque la caserne de la Nouvelle-France fut prise. » Signé, le 12 avril 1848 : Roze, Auguste ; suivaient aussi les signatures de : Debieu ou Debien, marchand de vin à l’encoignure des rues Montholon et du Faubourg-Poissonnière ; Lebœuf, marchand épicier, vin à l’encoignure des rues Montholon et du Faubourg-Poissonnière ; Benoit, demeurant 5, rue Bleue ; Monan, François illisible, cocher bourgeois, demeurant 14, rue Montholon ; Dumanchin, demeurant 13, rue Montholon. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le 24 février dernier, j’ai rencontré le citoyen Lapanne, franchissant les barricades de la rue Saint-Honoré à la place du Palais-National ([lire Palais-Royal, N.D.A.], pour attaquer le poste du château d’eau. J’atteste et certifie encore qu’il n’a quitté la place qu’après la prise du poste. Nous nous étions rencontrés au moment de l’action. » Signé, à La Chapelle-Saint-Denis, le 11 avril 1848 : Cense, propriétaire, demeurant 12, rue d’Oran. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le citoyen Lapanne, Edme, Antoine (sic) s’est présenté dans mon atelier, rue du Faubourg-Poissonnière n° 53, le 24 février dernier, qu’il a enlevé une vingtaine de barres de fer carré pour faire des barricades. Lequel, après avoir distribué ces barres de fer, a donné son nom et son adresse à cette fin que si le peuple succombait il paierait la valeur desdites barres de fer. » Signé, le 12 avril 1848 : Hurez, F. (sic), entrepreneur de serrurerie, demeurant 42, rue du Faubourg-Montmartre. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Théophile Grenet, propriétaire, demeurant à Paris, rue Neuve-Vivienne n° 45, combattant du 24 février 1848, certifie qu’il est à ma connaissance personnelle, comme en ayant été témoin, que le sieur Lapanne, ouvrier demeurant à La Chapelle-Saint-Denis, rue Constantine, se trouvait à l’attaque du poste du château d’eau vers midi et demi environ et qu’il s’y est comporté en brave. » Signé, le 14 avril 1848 : Grenet, Théophile. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 8, rue de la Chopinette en 1823-1828 ; à Ménilmontant en 1828 ; à La Chapelle à partir de 1835 ; 2, rue Constantine à La Chapelle en 1848. Archives de la préfecture de police AA 397.

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