Laperche, Alexandre
Biographie
Né le 15 décembre 1801 à Paris. Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Higonet : « La mairie des Petits-Pères avait été emportée par trois patriotes dont on connaissait déjà les noms : c’était MM. Degousée (voir Degousée, François, Joseph), Higonnet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph) et Laperche. Louis Blanc, dans son Histoire de dix ans, 1830-1840, donne le récit suivant de la participation de Laperche aux journées de Juillet : « L’invasion de la mairie des Petits-Pères fut un des premiers épisodes de la journée du 28. Là s’étaient rendus de grand matin, armés de fusils et prêts pour le combat, MM. Degousée, Higonnet, Laperche. M. Degousée portait l’uniforme de la garde nationale, et beaucoup d’hommes du peuple s’étaient joints, le long des boulevards, à ce groupe de citoyens courageux. Bientôt le poste fut forcé, la mairie occupée, les fusils qu’elle contenait furent distribués au peuple, on battit le rappel. A ce bruit solennel du tambour annonçant l’émeute, plusieurs bourgeois s’émeuvent, revêtent leurs uniformes de gardes nationaux, et accourent en armes sur la place. Quelques-uns se détachent et vont garder le poste de la Banque, mêlés aux soldats de la ligne ; d’autres s’installent à la mairie pour y veiller à l’ordre public. C’étaient là pour des insurgés d’étranges auxiliaires. Cependant, l’agitation se répandait partout, et des coups de fusil retentissaient dans les rues voisines. Quelques-uns de ceux qui s’étaient emparé du poste veulent en sortir pour aller combattre. Les gardes nationaux les arrêtent, un d’eux s’écrie : “Que faites-vous ? l’on va nous croire hostiles ! – C’est bien ainsi que je l’entends”, répond M. Higonnet avec mépris, et il menace son interlocuteur de le coucher en joue. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1831, il était officier en Belgique. On trouve in Archives de Paris VK3 47 la dénonciation suivante, et qui peut être calomnieuse, le concernant : « Alexandre Laperche, rue de Chabrol, n° 13, (ancien) IIIe arrondissement a été porté d’office au (ancien) Ve arrondissement. Son père a tout fait au (ancien) IIIe arrondissement pour le faire porter, il n’a jamais pu réussir. Il s’est reporté au (ancien) Ve arrondissement, où il a des amis. Son fils est ici, il faut le faire passer au jury, il mérite tout juste la médaille. Il a été en Belgique, mais pas pour se battre ; c’était pour ses affaires. Il parvint, avec une lettre du général Pajol, à être nommé capitaine mais sitôt que le moment du combat arriva, il revint à Paris. Faites bien attention qu’il n’a pas tiré un coup de fusil, qu’il lui a même été pris aux Petits-Pères. » Il demeurait 28, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1831. Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Histoire de dix ans, 1830-1840, Louis Blanc, Paris, Pagnerre, 1841, tome I, p. 201 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Laperche, Alexandre, Marie, Pierre, né le 14 décembre 1801 à Paris, demeurant rue de Chabrol en 1831), qui n’est qu’une liste préparatoire ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement.