Lapotaire, Etienne
Biographie
Né le 19 octobre 1800 (mais le 9 octobre 1800 in Archives nationales F/1dIII/39) à Paris. Fondeur-mécanicien. Il fut blessé d’un coup de feu à la cuisse droite, le 29 juillet à la prise du Louvre. Il récapitulait ainsi sa conduite pendant les événements de Juillet : « Le 28, il a combattu depuis 1 heure et demie de relevé jusqu’à 5 heures et demie avec ses compagnons d’armes, sous les ordres de M. Duplessis, pharmacien, sur le marché des Innocents contre les gardes royaux et les Suisses, où il les a fait débusquer et poursuivre jusqu’à la grève et il est resté jusqu’à la fin du combat. Le 29, il a commencé à 5 heures et demie avec ses frères d’armes, où il a reçu un coup de feu à la cuisse droite. » Marié, père de deux enfants et sa mère à charge, il reçut (sous le nom de Lapotère, Etienne) un secours de soixante-dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Devant deux termes de son loyer, ne pouvant plus travailler avant quelque temps, il sollicita quelques secours. Il reçut, comme blessé, deux cent soixante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Père de deux enfants en bas âge, il sollicita une place de gardien, qui était vacante, au marché des Innocents, où sa femme était de mère en fille depuis vingt-cinq ans au numéro 144, marchande de légumes. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Lapotair, Etienne sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le 10 mai 1831, il adressa au roi la réclamation suivante : « Je vous prie de bien vouloir avoir égard à ma réclamation et de bien vouloir me rendre justice. M. Delannoy a été mis en erreur par une demande de M. Danger (voir Dangers, Jean, François ), qui avait marqué sur sa demande qu’il avait arboré un drapeau tricolore sur la place des Innocents. Le fait est faux. Je fis paraître M. Danger devant M. Delannoy, où il a déclaré qu’il ne l’avait pas fait et que si on l’avait mis sur sa demande, qu’il n’en savait rien. Il n’en n’est pas moins vrai que le sieur Danger est marqué pour la croix. Je peux certifier que c’est moi qui l’a planté le 28 juillet à midi et demi et remplacé le 10 août et le 3 janvier 1831. Le 28 juillet, après avoir combattu pendant quatre heures sur la place des Innocents, je suis allé avec mes camarades rue Saint-Honoré au coin de la rue du Roule, où nous avons combattu contre le 13e de ligne. Le 29, depuis 5 heures du matin jusqu’à 9 heures, où je fus blessé à la prise du Louvre et de là transporté chez moi. Le commis de M. Delannoy m’a dit que c’est trop tard et que le travail était fini. Mes concitoyens m’ont conseillé de m’adresser à vous, en me disant qu’il n’était jamais trop tard pour rendre justice. » Sa demande était apostillée des signatures de : Guerlin, lieutenant à la 3e compagnie du 1er bataillon de la IVe légion de la garde nationale ; Maillard, marchand de vin, demeurant 2... sans doute dans le (ancien) IVe arrondissement, quartier des Marchés selon l’attestation de signature du commissaire de police. Il comparut, le 6 février 1830, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Savy, Edme, Philibert « et savoir que le 28 juillet dernier (sic) il a été atteint d’une balle dans la joue droite ; qu’ils l’ont vu dans son domicile dans l’intervalle de l’événement à son décès ; qu’ils ont été témoins de sa maladie et qu’il est décédé des suites de sa blessure, au bout de vingt-deux jours ; qu’il laisse une veuve et un enfant âgé de vingt-trois ans ». De la même manière, il signa un certificat de vie en faveur de la veuve de Savy, Pimolinier, Françoise. Il fut un des décorés de Juillet qui signèrent, en tant que « caporal de la IVe légion de la garde nationale, médaillé au (ancien) IVe arrondissement » en septembre 1831, la pétition envoyée par Arrachart, Louis, Jules, Benoît, pour recouvrer les droits à la décoration, dont il avait été privée par une malveillance de Delanoy, commissaire à la Commission des récompenses nationales, et qui l’accusait d’intempérance. Cette pétition était ainsi rédigée : « […] S’est particulièrement distingué aux mémorables journées, où il fut blessé. […] Le jury a reconnu que par son patriotisme et son courage à combattre il a mérité la médaille ; mais, lui imputant calomnieusement l’habitude de se livrer à un usage immodéré de la boisson, a déclaré n’y avoir lieu à la lui accorder. Pour justifier que cette dernière circonstance est contraire à la vérité, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement et autres attestent ici que l’exposant a droit au signe des braves, l’ayant vu combattre et ayant été blessé, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui reproche. Daignez, M. le ministre interposer votre autorité et faire opérer au dossier la radiation d’un fait injurieux et préjudiciable, qui n’y a été porté qu’à la suite d’une altercation entre le réclamant et M. Delanoy, alors commissaire à la Commission des récompenses nationales. Cet acte de justice de votre part n’échappera pas plus à la connaissance du roi qu’à l’opinion publique. » Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin, et son brevet le 16 août 1831. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet. En 1831, il était caporal dans la IVe légion de la garde nationale. Il reçut une allocation de quarante francs entre 1849 et 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 18, place du Marché-des-Innocents en 1830 ; 18, rue aux Fers en août 1830-1831 ; 20, chemin de ronde des Amandiers en 1851. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 33 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 36 (sous le nom de Lapotère, Etienne) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement, Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Arrachart, Louis, Jules, Benoît ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Savy, Edme, Philibert ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 21 février 1851, minutes 164-166.