Laroche, Louis, François
Biographie
Né le 4 novembre 1784 à Paris (Seine), fils de Laroche, Pierre et de Rouenne, Julienne, Jeanne, son épouse. Ancien militaire, établi cocher de cabriolet. Il eut le bras droit luxé et l’apophyse fracturée à la suite d’une chute, le 28 juillet place de Grève près du pont d’Arcole. Il était porteur de deux certificats médicaux. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, François Sauze, chirurgien de la faculté de médecine de Paris à Batignolles-Monceau y demeurant rue de la Butte-des-Deux-Moulins […] certifie à tous ceux qu’il appartiendra que le nommé Louis, François Laroche […] s’est présenté le 1er du mois courant à mon cabinet de consultation et pansement pour se faire réduire la luxation de la tête de l’humérus du bras droit, accompagné de la fracture de la pointe de l’apophyse coracoïde du scapulum et qu’il a continué à se faire panser jusqu’à ce jour. J’atteste en outre qu’il n’est pas encore assez guéri pour reprendre son travail ordinaire. » Signé, le 28 août 1830 : Sauze, médecin. Le second certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien-major de la Xe légion de la garde nationale, atteste que Louis, François Laroche est atteint d’une luxation non réduite du bras droit, que non seulement la tête de l’os est placée hors de sa cavité mais encore que l’apophyse coracoïde a été brisée ou érodée ; qu’à la partie supérieure des deux moignons des épaules existent des cicatrices comparables par leurs étendues et leurs dispositions et indiquent de part et d’autre l’existence d’une longue ulcération ; que de quelque nature qu’on estime avoir été la cause qui a produit ces deux altérations il est à présumer cependant que la luxation non réduite est un accident indépendant de ces altérations la tête de l’humérus pouvant être sentie dans l’aisselle en état d’intégrité et que du reste cette infirmité s’oppose aux libres mouvements de l’articulation et doit empêcher le sieur Laroche de vaquer désormais avec force et vigueur aux durs travaux qui le font vivre. » Signé, le 16 novembre 1830 : Sorlin, médecin. Il reçut un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il présenta plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Louis, François Laroche, cocher, demeure chez moi depuis le terme d’octobre et s’est comporté en honnête homme auquel je n’ai rien à reprendre dans sa conduite en aucune manière. C’est pour quoi je lui ai délivré le présent pour lui valoir. Il occupe chez moi un cabinet de cinquante francs par an et que la blessure qu’il reçut au bras l’empêche de travailler. Je le recommande à votre bienveillance et à vos bontés de M. le commissaire de bienfaisance. » Signé, le 17 novembre 1830 : femme Thibault, principale locataire, demeurant 8, rue du Cherche-Midi. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « J’atteste et certifie que le susnommé est un parfait honnête homme et s’est très bien comporté pendant l’espace de six mois qu’il a demeuré chez moi, rue du Cherche-Midi n° 20. C’est pour quoi je lui ai signé le présent, pour lui servir au besoin comme étant blessé dans les dernières affaires des 27, 28 et 29 juillet dernier et ne pouvant reprendre son état de cocher. Je certifie aussi que M. Laroche est très malheureux depuis qu’il a été blessé. Je prends donc la liberté de le recommander à M. le commissaire de bienfaisance ainsi qu’à MM. les membres composant le conseil pour l’admettre à l’indigence comme étant ancien militaire sans pension. » Signé, le 15 novembre 1830 : Martelloy. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que nommé Louis, François Laroche a demeuré chez moi, rue du Cherche-Midi n° 20, pendant l’espace de six mois. […] Je certifie et proteste que lorsque M. Laroche est venu demeurer chez moi avec le bras droit et l’épaule parfaitement libre il pouvait faire son service comme du bras gauche puisqu’il n’était pas blessé à cette époque. Cela est à ma connaissance et de celle des voisins, qui l’ont vu arriver dans les journées des 27, 28 et 29 juillet blessé. Son bras et l’épaule droite étaient très affligés. Il ne sentit son mal qu’après s’avoir couché et pris un peu de repos, qu’il avait besoin attendu qu’il était pris un peu de différentes boissons par la circonstance des journées illisible. » Signé, le avril 1831 : Martelloy. Suivaient les signatures de : Lacroix veuve, épicière, demeurant 20, rue du Cherche-Midi ; Podvin, débitant de vin, demeurant 35, rue du Cherche-Midi ; Devaillry, demeurant 20, rue du Cherche-Midi. Le 7 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Vallée, Jean, Sevrin, maître couvreur, demeurant 126, rue du Bac ; Robert, Eustache, capitaine de cavalerie dans un régiment de chasseurs, demeurant 8, rue du Cherche-Midi ; Vallée, Jacques, Sevrin, couvreur, demeurant 9, rue de Sèvres. Ils attestèrent que Laroche, Louis, François avait « été blessé en combattant le 28 juillet 1830 place de Grève près le pont d’Arcole ». Le 7 mai 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Vallée, Jeanmaître couvreur, demeurant 126, rue du Bac ; Robert, ancien militaire, demeurant 8, rue du Cherche-Midi. Ils attestèrent que Laroche, Louis, François ne pouvait plus « depuis la révolution de Juillet, où il a été blessé au bras droit continuer son état de cocher et qu’il se trouve aujourd’hui dans une position nécessiteuse ». Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 24 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de luxation en bas et non réduite de la tête de l’humérus du côté droit, luxation qu’il attribue à une chute qu’il dit avoir faite dans les journées de Juillet, circonstance qui, si elle est constatée, le constitue dans un état d’infirmité durable mais incomplet. » Conditionnellement admis à la pension par le jury médical, il fut finalement admis, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité de six cents francs versés sur deux ans par une commission plus éclairée. Une note de la mairie, en date du 6 décembre 1831, faisait part qu’il demandait à être admis dans la 3e classe des blessés. Il reçut (sous le nom de Laroche, François), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il sollicita une place de piqueur dans les travaux publics. Il était inscrit sur les contrôles de la garde nationale mobile en 1830. Il demeurait 20, rue du Cherche-Midi en 1830-1831 (mais 8, rue du Cherche-Midi et 20, rue du Cherche-Midi en 1831 in Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels ; bien 20, rue du Cherche-Midi in Archives nationales F/1dIII/38 A). Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel. Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 85 (sous le nom de Laroche, François) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, idem feuille volante, idem Etat nominatif des blessés (2e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 10 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossiers individuels, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le seul nom de Laroche).