Larreguy, François

Biographie


Né le 14 juillet 1786 à Marseille (Bouches-du-Rhône). Banquier et collaborateur du Journal du commerce. Il fut un des quarante-quatre signataires (voir la liste complète à Dumas, Alexandre) de la protestation des journalistes, ainsi rédigée : « On a souvent annoncé depuis six mois, que les lois seraient violées, qu’un coup d’Etat serait frappé. Le bon sens public se refusait à le croire. Le ministère repoussait cette supposition comme une calomnie. Cependant le Moniteur a publié enfin ces mémorables ordonnances, qui sont la plus éclatante violation des lois. Le régime légal est donc interrompu ; celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir. Les citoyens appelés les premiers à obéir sont les écrivains des journaux, ils doivent donner les premiers l’exemple de la résistance à l’autorité, qui s’est dépouillée du caractère de la loi. Les raisons sur lesquelles ils s’appuient sont telles qu’il suffit de les énoncer. La charte, article 8, dit que les Français, en matière de presse, sont tenus de se conformer aux lois ; elle ne dit pas aux ordonnances. La charte, article 35, dit que l’organisation des collèges électoraux sera réglée par les lois ; elle ne dit pas par les ordonnances. La couronne elle-même avait reconnu jusqu’ici ces articles. Toutes les fois, en effet, que des circonstances prétendues graves lui ont paru exiger une modification, soit au régime de la presse, soit au régime électoral, elle a eu recours aux deux Chambres ; elle ne s’est arrogé, à l’égard des articles 8 et 35, ni une autorité constituante, ni une autorité dictatoriale qui n’existent nulle part. Les tribunaux, qui ont droit d’interprétation, ont solennellement reconnu ces mêmes principes. Leurs décisions établissent qu’en matière de presse et d’organisation électorale, les lois, c’est-à-dire le roi et les Chambres, peuvent seuls statuer. Aujourd’hui donc le gouvernement a violé la légalité. Nous sommes dispensés d’obéir. Nous essayons de publier nos feuilles, sans demander l’autorisation qui nous est imposée. Nous ferons nos efforts pour qu’aujourd’hui au moins elles puissent arriver à toute la France. Voilà ce que notre devoir de citoyens nous impose, et nous le remplissons. Nous n’avons pas à tracer ses devoirs à la Chambre illégalement dissoute ; mais nous pouvons la supplier, au nom de la France, de s’appuyer sur son droit évident, et de résister autant qu’il sera en elle à la violation des lois. Ce droit est aussi certain que celui sur lequel nous nous appuyons. La Charte dit, article 50, que le roi peut dissoudre la Chambre des députés ; mais il faut pour cela qu’elle ait été réunie, constituée en Chambre ; avant la réunion et la constitution de la Chambre, il n’y a que des élections faites. Or, nulle part la Charte ne dit que le roi peut casser les élections. Les ordonnances publiées aujourd’hui ne font que casser des élections, elles sont donc illégales, car elles font une chose que la Charte n’autorise pas. Les députés élus, convoqués pour le 3 août, sont donc bien et dûment élus et convoqués. Leur droit est le même aujourd’hui qu’hier. La France les supplie de ne pas l’oublier. Tout ce qu’ils pourront pour faire prévaloir ce droit, ils le doivent. Le gouvernement a perdu aujourd’hui le caractère de légalité qui commande l’obéissance. Nous lui résistons pour ce qui nous concerne ; c’est à la France à juger jusqu’où doit s’étendre sa propre résistance. » Sa participation à la révolution de Juillet était ainsi rapportée par Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets : « Sur la rive droite de la Seine, M. de Laborde a été un des premiers à accepter, le 29, un commandement de la garde nationale. Il s’est mis à la tête de la légion du deuxième arrondissement et lui a assigné le manège, rue Cadet, pour rendez-vous. A l’instant, trois compagnies s’y sont formées et ont nommé leurs officiers. L’une d’elles, commandée par le capitaine Servatius, avait en tête, pour soldats, MM. Ferrère-Laffitte, Eug. Laffitte, Ad. Laffitte, Morlot, Bainière, agent de change, et Larreguy, banquier, l’un des collaborateurs du Journal du commerce ; de braves artisans et de simples ouvriers les suivaient. Elle s’est aussitôt rendue à l’entrée du faubourg Montmartre, qu’on lui avait désignée comme position, en attendant de nouveaux ordres. Là, deux ordres différents n’ont pas tardé à arriver à son capitaine, qui en a donné aussitôt lecture à sa compagnie. “Vous le voyez, mes camarades, a dit en finissant M. Servatius, d’un côté on nous ordonne de rester dans notre arrondissement, et de rentrer chez nous en attendant un nouveau rappel ; de l’autre on nous demande du secours sur un point où on se bat ; que voulez-vous faire ?” Le cri unanime au feu a répondu aux paroles du capitaine ; la compagnie a suivi un élève de 1’Ecole polytechnique, qui était chargé de diriger les renforts vers le Théâtre-Français. Elle y est arrivée, au moment où quelques braves venaient de s’emparer vaillamment d’une pièce de canon. Ceux qui l’avaient prise étaient à cheval dessus et traînés en triomphe. Les femmes l’avaient couverte de fleurs. » Dans son Histoire de France pendant la dernière année de la Restauration, Boulée rapporte que Larreguy était un partisan dévoué du duc d’Orléans et que le 29 juillet au soir, après que les députés eurent reçu les envoyés de Charles X chargés de parlementer avec eux, il fit partie de ceux qui intriguèrent en faveur du duc d’Orléans : « Après le départ des députés, M. Laffitte tint conseil avec trois partisans dévoués de la maison d’Orléans, MM. Thiers, Mignet et Larreguy. On s’occupa des moyens les plus propres à préparer l’avènement du prince au pouvoir. Il fut convenu qu’on agirait sans délai. Le succès de la mission de M. de Mortemart paraissait impossible, d’après ce qu’on connaissait des dispositions populaires. On s’assura du silence de quelques journaux, de la coopération de quelques autres, et l’on fit afficher dans la nuit un écrit rédigé par M. Thiers, où le duc d’Orléans était présenté “comme un prince dévoué à la Révolution, qui acceptait la Charte comme le peuple l’avait toujours entendue, et qui ne voudrait devoir sa couronne qu’à la nation française”. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Lareguy, préfet, sur les listes du Bulletin des lois, sous le seul nom de Lareguy sur les listes du Moniteur universel). Il fut nommé préfet des Bouches-du-Rhône dès le 7 août 1830. En 1831, il était préfet du Vaucluse. Il mourut, vers 1843, dans l’exercice de ses fonctions de préfet de la Nièvre, au traitement annuel de seize mille francs ; son épouse, Guérin de Foncin, Louise, Cécile, née le 12 février 1798 à Lyon (Rhône), fut pensionnée comme veuve d’une pension viagère de six cent soixante-sept francs. Il demeurait en Avignon en 1831. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 145-146 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Histoire de France pendant la dernière année de la Restauration, par un ancien magistrat (Boulée, Auguste, Aimé), Paris, Desenne, 1839, tome premier, p. 347 ; Histoire des préfets, Pierre-Henry, Nouvelles éditions latines, Paris, 1950, p. 125 ; Le Moniteur universel, 7 août 1830 ; Bulletin des lois IXe série, tome premier, 2e partie, n° 1, ordonnance n° 4, mars 1831, p. 4 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Bulletin des lois, partie supplémentaire, 1843, n° 655, p. 549.

Larrey.

Voir Marjolin. Refaire le carton de Marjolin, il n’y a rien d’autre. Archives nationales F/1dIII/61.

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