Lartaud, Jean-François

Biographie


Né vers 1790. Il fut écroué, le 14 octobre 1816, sur ordre du juge d’instruction près le tribunal civil de Gannat (Allier) et libéré le 1er mai 1817. Il est indiqué pour avoir reçu, comme ancien condamné politique, un secours de vingt-cinq francs en décembre 1833, un secours de vingt-cinq francs en janvier 1834, ce qui représentait sans doute le montant d’un secours mensuel qui lui était alloué, pendant tout le règne de Louis-Philippe comme ancien prisonnier politique. Il reçut, à titre de blessé de Juillet, un secours de quarante francs en 1841. En mars 1848, il adressa la demande suivante à Ledru-Rollin : « Ancien militaire sous l’Empire, condamné politique sous la Restauration, ayant combattu dans les journées de Juillet, où il a reçu une grave blessure, ne pouvant se livrer au combat dans les mémorables journées de février dernier mais ayant fait des barricades, vient vous prier citoyen ministre de lui donner une place de garçon de bureau ou de concierge dans un hôpital. Citoyen dévoué pour les libertés publiques, il en a donné des preuves en toutes occasions. » Dans une autre demande, adressée à Garnier-Pagès, il se disait « dans le plus affreux dénuement » et apportait les précisions suivantes : « Le 28 juillet 1830, j’étais sur la barricade de la rue du Mouton près l’Hôtel de ville. Je fus atteint d’une balle à la jambe droite. Je fus renversé de la barricade et j’ai été mutilé. J’étais épicier et j’ai perdu mon établissement. J’ai réclamé pendant longtemps mais je n’ai jamais pu rien obtenir. Enfin, étant estropié et incapable de gagner ma vie et celle de ma femme et trois enfants, j’ai reçu en 1841, une somme de quarante francs comme blessé de Juillet, et toutes mes réclamations ont été sans succès sous le gouvernement déchu. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février ; la seule pièce au dossier étant son certificat d’écrou, datant de 1816. Il ne se présenta pas aux convocations de la Commission. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1851, à titre de veuve d’un combattant de Juillet. En 1851, sa veuve reçut un secours de quatre-vingt-dix francs, de la part de la préfecture de police, à titre d’ancien prisonnier politique, sans doute sous la Restauration. Au premier trimestre de 1852, sa veuve reçut un secours de quatre-vingt-dix francs, de la part de la préfecture de police, à titre de condamné politique sous la Restauration. Il demeurait 124, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1841 ; 4, rue du Plâtre-Saint-Jacques (mais 5, rue du Plâtre-Saint-Jacques in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 194-199) en 1848-1853. Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de décembre 1833 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de janvier 1834 ; Archives de la préfecture de police AA 368, Etat de répartition des secours, budget de 1851 et Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, 1er trimestre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 ; Archives de la préfecture de police AA 397. Il s’agit sans doute de lui dans deux livres de Louis Audiat sur la Terreur en Bourbonnais paru en 1893, il était alors instituteur ? In Archives de la préfecture de police AA 366, séance du 3 avril 1846, il y a un Lartaud, Jean-François qui voit ajourner sa demande d’augmentation du secours de deux cent quarante francs qu’il recevait sans doute comme ancien condamné politique, puis augmenté de trente francs par mois dans la séance du 28 décembre 1846 ; in Archives de la préfecture de police AA 366, Commission des condamnés politiques de la Restauration, séance du 28 décembre 1846, il fut décidé pour lui un secours mensuels de trente francs, au lieu des vingt francs qu’il recevait jusque-là. In Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées pour le mois de janvier 1848 aux condamnés politiques de la Restauration qui résident à Paris (pour une somme de trente francs) ; in Archives de la préfecture de police AA 368, Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852 (secours à divers titres), minute 209, la veuve Lartaud, au deuxième trimestre de 1852, reçut un secours de quatre-vingt-dix francs, de la part de la préfecture de police, à titre de veuve d’un condamné politique sous la Restauration.

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