Lasnier, Agnan, Julien, Barnabé

Biographie


Né le 4 floréal an VIII à Onzain (Loir-et-Cher), fils de Lasnier, François, Barnabé, notaire (décédé le 20 octobre 1827 à Nantes, lui-même né à Onzain fils de Lasnier, Jean, Aignan et de Raimbault, Marguerite), et de Dumoutier, Marie, Julienne (ou parfois Julie). Négociant épicier. Il fut tué pendant les combats du 30 juillet contre le 10e léger sur la place Louis-XVI à Nantes (Loire-Atlantique). Nous empruntons à l’ouvrage Nantes en 1830 et les journées de Juillet de Giraud-Mangin, la relation des circonstances probables dans lesquelles il fut tué : « Mais, l’après-midi [du 30 juillet], le tumulte reprend de plus belle : 600 mauvais fusils de traite ont été enlevés chez l’armurier Chesnard ; des bandes en armes commencent à parcourir les rues, en vociférant. Une troupe d’environ 150 hommes se dirige vers le château, trouve le pont-levis fermé, la grille solidement assujettie, et se rendant compte de l’inutilité de la tentative, reflue en partie vers la place Louis XVI. Deux hommes dévoués, M. Bosset, propriétaire, et M. Kitchen-Vic, commis-négociant, les avait précédés, dans l’espoir d’être reçus par le général Despinois et d’obtenir de lui, en mesure d’apaisement, la libération immédiate des détenus. Il est entre 5 et 6 heures du soir. Au même moment, arrive par la rue de l’Evêché et la rue Chauvin un autre groupe de manifestants en armes, dont l’intention est aussi d’entamer des pourparlers avec le général. Ils crient, sans doute, mais ils pensent si peu à une collision avec les soldats que beaucoup ont mis leurs chapeaux au bout des baïonnettes. En tout ils sont là 150 à 160. Sur la place, 120 hommes du 10e léger sont rangés devant l’hôtel de la division, où sont réunis les autorités, le préfet, le maire, le général Despinois ; la gendarmerie montée, des carabiniers, des fantassins sont massés en réserve au fond de la place, dans la cour de la caserne de la Visitation. En quelques minutes le drame se joue. Un coup de fusil part, on ne sait d’où, vraisemblablement par mégarde. La fusillade devient générale. Dix manifestants sont tués ou mortellement atteints : Chauvet, commis-négociant ; Dolbeau, marinier ; Lasnier, épicier ; Pottin, relieur ; Racineux, tisserand ; Réseau, cordonnier ; Rigaud, commis quincaillier ; Camin, docteur-médecin, qui décède le 7 août ; Pierre, Samuel Voruz, fondeur, meurt le 19 août ; Robert, ouvrier raffineur, le 22 août. Tous jeunes gens de 17 à 36 ans. A ces victimes, il faut ajouter 39 blessés, dont 8 resteront estropiés pour la vie. Deux femmes furent atteintes par ricochets : la veuve Pavageau (lire Parageau, Perrine, femme Martin), tricoteuse, 67 ans, blessée d’un coup de feu au talon, et la femme Deberge, journalière, blessée à la joue, sur le pas de sa porte, à l’entrée de la rue Saint-Clément. » Il était célibataire en 1830. Il laissait une mère, née le 16 mars 1776 à Nantes, fille de Dumoutier, Jean et de Rossignol, Marie, qui s’était mariée le 20 floréal an VII à Nantes, valétudinaire, souffrant d’ophtalmie, d’une constitution très faible, sans ressources, et une jeune sœur, Lasnier, Héloïse, Julie, née le 26 juin 1812 à Nantes, dont il était le seul soutien. La mère fut proposée par la ville de Nantes pour une pension de trois cents francs. La sœur fut proposée par la ville de Nantes pour une pension de cent cinquante francs jusqu’à ses dix-huit ans. Son nom, avec celui de Emile Camin, Jean Reseau, Maurice Racineux, Auguste Chauvet, Jean-Marie Dolbeau, Napoléon Rigaud, Hubert Robert, Mathurin Pottin et Pierre Voruz, est inscrit sur la colonne polygonale du cimetière de Miséricorde à Nantes, érigée en mémoire des combattants de Juillet nantais morts dans les combats. La construction du monument, permise par une souscription lancée par le Dr Guépin et ses amis, avait été réalisée par l’architecte Guillemet et le sculpteur nantais Suc. Sur le quadrilatère du soubassement, on peut lire :

A nos concitoyens morts pour la défense de nos droits.

La Nation qui n’honore pas les martyrs de la Liberté, n’est pas digne d’être libre.

La défense de la Charte est confiée au patriotisme de tous les citoyens.

Le pouvoir qui viole la Constitution signe lui-même l’arrêt de sa déchéance.

Lasnier demeurait place de Bretagne à Nantes en 1830. Nantes en 1830 et les journées de Juillet, Giraud-Mangin, in Revue d’histoire moderne et contemporaine, année 1931, p. 463-466 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 51 ; Rapport de la députation des blessés nantais, du 17 octobre 1830, Grignon-Dumoulin, président, 1830, imprimerie de Mellinet, p. 12 ; Archives nationales F/1dIII/80 dossier Loire-Inférieure.

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