Lason, Claude
Biographie
Né le 1er juillet 1796 à Saint-Ismier (Isère). Porteur d’eau en 1830, serrurier-mécanicien en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, le 20 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : Le nommé Lason, Claude, ancien soldat et à l’époque porteur d’eau, ainsi que vous le démontreront les certificats ci-joints a coopéré par toute sa force et son énergie aux glorieuses journées de juillet 1830. Partout son courage et son sang-froid lui ont valu les témoignages les plus flatteurs. Obligé de quitter la France à cette époque, il ne put solliciter la récompense que son cœur lui disait qu’il avait méritée. Lorsqu’il revint il était trop tard, le roi avait déjà oublié les services que le peuple lui avait rendus, il ne put donc obtenir l’objet de son ambition, la croix ! Aux dernières affaires de février, on l’a vu un des premiers vouloir défendre la liberté, en passant au milieu de la troupe de ligne pour rejoindre une barricade qui s’était formée. Il fut arrêté et conduit au poste, où il resta jusqu’à la fin des événements. Vous le voyez, messieurs, la mauvaise étoile lui est toujours fatale car il était bien décidé d’obtenir cette fois ce que des malheurs lui avaient fait manquer. Il laisse donc à votre juste appréciation de juger sa conduite et de voir si sur sa veste d’ouvrier le ruban qu’il sollicite de votre sympathie pour tous les vrais défenseurs de la patrie ne serait pas noblement porté. Il a foi en vous messieurs et il espère que vous le rendrez l’homme le plus heureux de la terre, en lui accordant le but de toutes ses ambitions. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le matin du 29 juillet dernier, le sieur Claude Lason, ancien militaire de l’ex-garde du 6e régiment d’infanterie, 3e bataillon de voltigeurs, ayant eu son congé en 1822, porteur d’eau rue Neuve-de-Berry n° 7, a quitté son tonneau rue du Colisée pour se battre. Le tonneau a été brisé ; deux hommes ont été tués à côté de lui et sans se déconcerter, il s’est dirigé avec quelques autres braves vers la caserne de la rue Verte pour avoir des armes et des munitions. Il est entré le premier et, tout en sommant les officiers de mettre bas les armes, il a arraché l’épée du chef de bataillon qui commandait la caserne et puissamment secondé par ses compagnons il est parvenu à désarmer deux cents hommes qui étaient rangés en bataille dans la cour de la caserne et ses camarades se sont portés sur divers points. Pour lui, il s’est présenté seul aux écuries de l’ex-roi, faubourg du Roule, somma le poste de soixante-douze hommes de se rendre. Sur leur refus, il a commencé l’attaque ; le premier qui est venu le seconder est tombé presque à l’instant, frappé d’un coup de feu dans les reins et lui, Lason, a eu son gilet percé d’une balle et la poitrine un peu froissée. Cet accident n’a pas troublé son sang-froid et sn énergie pour la défense de la patrie. Il a continué de crier de faire feu aux autres défenseurs comme lui et avec une vingtaine d’hommes il n’a cessé de tirer qu’à 4 heures du soir, que les portes se sont ouvertes et que les officiers illisible ont accepté la capitulation en mettant bas les armes. » Signé le 9 septembre 1830 : Bessaire ; Beaussire ; Hochu jeune ; Loberat ; Doton ; Tacon. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Lason, Claude a voulu forcer la consigne des militaires qui formaient la haie au bout du quai de la Mégisserie, le 24 février 1848, pour défendre le passage. Le susnommé ayant voulu forcer la consigne a été emmené de force au poste. » Signé : Chevalier, demeurant 2, quai de la Mégisserie (le numéro n’est pas sûr). Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 11, barrière Sainte-Marie en 1848. Archives de la préfecture de police AA 397.