Latour de Trie, Jean, Pierre, Auguste
Biographie
Né le 1er juin 1806 à Trie-sur-Baïse (Hautes-Pyrénées). Bachelier en sciences, étudiant en pharmacie en 1831. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 23 juin 1831 et son brevet le 24 août de la même année. Ce fut lui qui, avec Leconte (voir Leconte, Henri, Yves), autre élève de l’Ecole de pharmacie, prononça le discours d’inauguration du monument élevé en mémoire des trois élèves de l’Ecole, morts dans les combats de Juillet : Simonneau, Louis (voir ce nom) ; Monsarrat, Frédéric, André (voir ce nom) ; Ader, Pierre, Gentil (voir ce nom). Ce monument fut élevé, par souscription, dans l’ancien jardin des apothicaires, rue de l’Arbalète, puis transporté par la suite à l’Ecole de pharmacie. Le Journal des Débats, en date du 26 juillet 1831, rapportait ainsi : « Le mardi 26 juillet a eu lieu l’inauguration du monument élevé par les élèves de l’Ecole de pharmacie à ceux de leurs camarades morts dans les journées de Juillet. Le rendez-vous était au Panthéon, à onze heures. Bientôt, le cortège s’est mis en marche dans l’ordre suivant : Musique du 8e de ligne, puis une compagnie de grenadiers de la VIIIe légion de la garde nationale, commandée par M. Barbet, chef d’institution (chef d’institution, impasse des Feuillantines dans le faubourg Saint-Jacques). Venaient ensuite les professeurs de l’Ecole, parmi lesquels on a remarqué le doyen de la Faculté de Médecine [Orfila], et M. Boissel (voir Boissel, Jean-Marie, Hercule), pharmacien [rue Saint-Victor, n° 71], adjoint au maire du (ancien) XIIe arrondissement. Une commission d’élèves en pharmacie, revêtue d’une marque distinctive, accompagnait un drapeau porté par un de leurs camarades, sur lequel on lisait d’un côté : “27, 28, 29 juillet, Aux élèves de l’Ecole de Pharmacie morts pour la liberté”, de l’autre : “26 juillet, Souvenir, Reconnaissance.” La marche était ensuite fermée par la députation de différentes écoles, mêlée avec les élèves en pharmacie, et enfin terminée par une compagnie de grenadiers. On voyait le crêpe sur tous les bras, et la cocarde tricolore sur tous les drapeaux. Tous les gardes nationaux assistant à, la cérémonie étaient sans armes. Le cortège a pris la rue Mouffetard ; il est arrivé à l’Ecole de pharmacie dans le calme le plus religieux. On s’est rendu près du monument sur la cime duquel a été planté le drapeau tricolore ; une couronne de lauriers sculptée en haut de la colonne et au-dessous : “Simonneau, de Cerny (voir Simonneau, Louis) ; Montsarrat, de Loubens (voir Monsarrat, Frédéric, André) ; Ader, de Bayonne (voir Ader, Pierre, Gentil), élèves en pharmacie, morts pour la liberté. A leur mémoire, par leurs camarades, les pharmaciens et les élèves de l’Ecole de pharmacie. M. Boissel (voir Boissel, Jean-Marie, Hercule), pharmacien, adjoint au maire, M. Laugier, directeur de l’Ecole de pharmacie, MM. Latour (voir Latour de Trie, Jean, Pierre, Auguste) et Lecomte (voir sans doute Leconte, Henri, Yves ?), tous deux élèves de pharmacie et décorés de Juillet, ont prononcé chacun un discours accueilli par des applaudissements prolongés. Après chaque discours, la musique exécutait des airs funèbres. La cérémonie se termina par une collecte faite en faveur des Polonais et qui produisit 140 francs 60 centimes. Puis le cortège revint au Panthéon, où, après quelques airs patriotiques, on se dispersa. Un banquet fut offert à la délégation de l’Ecole vétérinaire d’Alfort. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 44 bis, rue Dauphine en 1830-1831 (mais 44, rue Dauphine in Archives nationales F/1dIII/36). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Journal des Débats, 26 juillet 1831 ; Revue d’histoire de la pharmacie n° 6, février 1931, Il y a cent ans, les pharmaciens dans la bataille des rues en juillet 1830 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement.