Latour, François
Biographie
Né le 29 avril 1802 à Saint-Romain (Côte-d’Or), fils de Latour, Jacques, et de Laubreau, Claudine illisible, son épouse. Journalier, employé chez Truelle, Alphonse (voir ce nom), laveur de laines à Suresnes. Il s’était réfugié avec sa femme, Latour Aimée, et son cousin, Battant ou Batteaux, le 29 juillet, chez un marchand de vins ayant pour enseigne Au bout du monde, en face du bois de Boulogne, sur la route de Neuilly au Roule, au moment de la sortie de la garde royale de Paris. Un détachement de la garde engagea une action avec des personnes qui se trouvaient chez ce marchand de vins. Plusieurs soldats entrèrent dans la boutique et massacrèrent les personnes qui s’y trouvaient. Batteaux fut tué, Latour reçut un coup de baïonnette dans la tête, sa femme fut renversée et précipitée dans les escaliers à coups de crosse dans les reins ; tous deux ne durent la vie qu’à l’intervention d’un officier qui les retira de la fureur des soldats. Le 1er novembre 1830, Truelle, Alphonse (voir ce nom), fit la lettre suivante au sujet de la femme Latour : « La femme Latour, son mari et Batault, leur cousin, tous trois ouvriers employés dans mon établissement, se trouvant le 29 juillet à Neuilly, furent assaillis par des soldats de la garde royale. Batault fut tué sur la place, Latour fut blessé de plusieurs coups de baïonnette et sa femme, qui elle-même lutta contre ces forcenés, reçut des coups violents, principalement dans les reins. Ces blessures et la révolution qu’elle éprouva lui occasionnèrent des attaques d’épilepsie qui, depuis ce moment, se renouvellent plusieurs fois par semaine. Cette affreuse maladie la met dans l’impossibilité de se livrer à aucun travail, son seul moyen d’existence. Sa santé, qui avant était des plus robustes, se trouve aujourd’hui dans un état déplorable. Cette malheureuse mérite le plus grand intérêt car il est probable que toute sa vie il lui soit impossible de pourvoir à ses besoins. Comme membre de la commission de secours, je lui ai déjà alloué une première indemnité. Je la recommande, maintenant, d’une manière toute particulière à la bienveillance des personnes qui sont chargées d’acquitter la dette que l’Etat a contractée envers les malheureuses victimes des événements de Juillet. » Le maire de Suresnes ajouta l’apostille suivante : « Je joins mes instances à celles de M. Truelle en faveur de Latour et de sa femme. Ils méritent l’un et l’autre, mais la femme encore plus par sa position, les secours et pensions que l’Etat accorde aux victimes des événements de Juillet. » Latour reçut un total de trois cent cinquante francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il comparut, le 20 août 1830, devant un notaire de Suresnes pour attester « pour vérité et notoriété 1°) avoir bien connu le nommé François, Joseph Batault, ayant été en son vivant tailleur de pierres et en dernier lieu ouvrier en laine chez M. Truelle, négociant demeurant à Suresnes. 2°) qu’ils étaient avec lui le 29 juillet dernier vers les midi dans la maison du marchand de vin près du marché projeté en la plaine de Sablons, commune de Neuilly, où ils s’étaient réfugiés pour se soustraire aux charges de la garde royale et qu’il a été atteint d’un coup de feu qui l’a tué. 3°) qu’ils peuvent en conséquence assurer comme de fait ils assurent que le sieur Batault est l’individu désigné dans le certificat dressé ledit jour 29 juillet dernier par M. le maire de Neuilly, constatant les faits qu’ils viennent d’attester ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il était marié à Lainé, Reine, Estelle, née le 2 février 1805 à Nantes (Loire-Atlantique). Il demeurait 8, rue Dumoutier à Suresnes (Seine) en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Batault, François ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lamé, Aimée, femme Latour ; Archives nationales F/1dIII/82 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re classe.