Laty, Louis

Biographie


Né vers 1801. Libraire. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Le 11 mai 1831, il adressa la lettre suivante à cette Commission : « S’il n’a point été assigné un délai trop rigoureux aux auteurs du triomphe des trois journées pour la présentation de leurs titres, je puis espérer qu’un bon accueil sera fait à ceux que j’ai l’honneur de vous soumettre ; je l’espérerais encore, dans le cas contraire, dans la foi où je suis que de grands citoyens appelés à juger de ces titres renieraient toute prescription injuste. Après un séjour de plusieurs années à Buenos Aires (Amérique du Sud), où mon opposition contre partie du manuscrit brûlée français créé par M. de Villèle faillit à partie du manuscrit brûlée valoir une déportation inique, opposition partie du manuscrit brûlée par intérêt même de la population française, qu’il s’agissait alors de préserver de l’égorgement et du pillage, j’arrivai à Paris au commencement du mois de juillet. J’appris la publication des ordonnances, le lundi [comme] j’étais de visite chez M. Bossange, libraire quai Voltaire, à la maison de qui j’avais appartenu pendant six ans. J’accourus au bureau du National à l’instant même pour savoir de quelle manière on songeait à organiser la résistance ; les rédacteurs de journaux venaient d’en signer le premier acte ; il fallut en attendre l’effet. Dès le mardi, j’étais mêlé au peuple pour l’encourager et l’aider à ébranler les troupes de ligne. Cette manœuvre, la seule possible pour moi qui était dépourvu d’armes, fut suivie avec ardeur dans tout le quartier qui s’étend depuis le Louvre jusqu’au boulevard des Italiens. Pendant la fusillade que la troupe stationnée sur la place des Victoires faisait sur le peuple, inoffensif alors, aucun n’avait d’armes, j’engageais un jeune ouvrier d’une quinzaine d’années à s’abriter de l’angle de la rue La Feuillade, au moment où une balle vint le percer de part en part. Le pharmacien qui demeure à cet angle le recueillit pour le voir expirer une heure après. Dès le mercredi, le rôle de chacun put s’agrandir ; je passais toute cette journée à aller au bureau du National, donner les nouvelles et prendre les ordres des comités de résistance qui y étaient établis, à m’approvisionner de proclamations et de tous ces écrits qui alimentaient et redoublaient l’ardeur populaire. Je parcourus avec M. Doublet, caissier du National, toutes les rues qui avoisinaient le bureau de ce journal jusqu’à la place des Victoires, en placardant et distribuant les premiers imprimés qu’on put confectionner. J’en fis lecture à haute voix en divers lieux. J’aidai au dépavage. Il y eut quelque mérite à cela surtout dans la rue Neuve-Saint-Marc et le haut de la rue Richelieu, où l’on négligeait ce moyen. Nous allions même briser les grilles d’un boucher pour avoir des bâtons de fer lorsque cette manifestation fit trouver aux voisins des outils mieux appropriés à ce travail. Les barricades s’établirent depuis ce moment dans tous les environs. J’étai au bureau du National, où j’avais passé la nuit quand arriva une troupe de jeunes gens qui, alarmés du dénuement d’armes et du manque de chefs, venaient exprimer le découragement du peuple ; les rédacteurs étaient absents. Je pris la parole et par une vive allocution à cette petite milice, je ranimai son courage et sa confiance, lui assurant, d’après ma simple conjecture, que le premier citoyen de France, l’illustre général Lafayette, toujours fidèle à la cause patriote, acceptait le commandement en chef ; ensuite, que même sans arme, l’aspect de toute une population réclamant à grands cris pour ses droits parjurés, continuerait à agir puissamment sur ce qui restait de troupes fidèles à la cour et sur celles qui surviendraient encore ; qu’il fallait fortifier, multiplier les barricades, monter des pavés dans les chambres, entraîner les timides à la coopération des efforts communs par les illisible que leur patriotisme éclairé leur inspirerait, que d’un moment à l’autre, sur tous les points, l’insurrection recevrait la direction tant désirée ; mais le courage, la probité du peuple suppléèrent à tout ordre ; et ce ne fut pas sans une émotion profonde, sans le sentiment de la plus noble fierté que le jeudi, en compagnie de M. Jules Taschereau (voir Taschereau, Jules, Antoine) et de M. Doublet, traversant toutes les rues qui conduisent à l’Hôtel de ville, je pus m’écrier dans l’admiration de tant de probité au milieu d’un si grand tumulte : la plus belle révolution de monde est consommée, Paris en fait le précieux don à l’Histoire, j’y ai coopéré. Les acclamations nous accompagnaient sur toute la route parce que M. Taschereau, en passant chez M. Teste, libraire, place de la Bourse, s’y était revêtu partie du manuscrit brûlée la vieille armée ; le peuple reconnaissait en lui partie du manuscrit brûlée la gloire, il tressaillait de joie et d’espérance. Arrivés à l’Hôtel de ville, nous vîmes des gens du peuple qui arrachaient à travers un carreau rompu les papiers et les registres d’un bureau qui donne dans la cour ; nous leur fîmes comprendre,, M. Doublet et moi, que cette destruction était mal entendue, qu’on ne manquerait jamais de papier pour les cartouches et que ces registres seraient bientôt nécessaires pour consigner leurs propres exploits. De bruyants applaudissements accueillirent ce conseil et aussitôt une sentinelle fut apostée pour garde le bureau, où l’on restitua les papiers jetés çà et là dans la cour. Inscrit pour la garde nationale dans les listes provisoires que l’on fit dans les bureaux des journaux pendant que durait encore le mouvement insurrectionnel, je fis immédiatement mon service, incorporé plus tard dans la 3e légion 1er bataillon, compagnie Thil partie du manuscrit brûlée et l’on pourrait s’assurer du zèle que j’y mis jusqu’au 20 octobre, jour où je partis de Paris pour revenir au milieu des miens et me réjouir avec eux de la chute d’un gouvernement qui nous avait causé en 1815 de nombreuses persécutions. Avant mon départ, néanmoins, je ne négligeai pas de signaler au jugement public la conduite de M. de Mendeville, consul général à Buenos Aires. Le National inséra ma lettre dans son numéro du 22 septembre. Il me fut proposé par M. Perot, commandant provisoire dans le régiment de la Charte d’y entrer comme officier ; j’y avais quelque titre et on m’eût peut-être confirmé ; mais tout entier au bonheur de contempler mon pays libre, je n’acceptais pas, me réservant d’accourir avec les premiers si on le menaçait encore. Depuis lors mes intérêts financiers ont cruellement souffert. Heureux encore si à la crise qui les a ruinés succède pour notre belle France un état glorieux et prospère. En formant ce souhait, j’ai cru qu’il était juste enfin de me présenter à la distribution d’honneur, après avoir partagé les dangers qui la motivent. Les preuves, je le sens, messieurs, manquent à l’appui de mon exposé. Mais, après une longue absence de Paris, où je n’ai jamais résidé longtemps, habitant depuis peu au numéro 1 du passage des Petits-Pères, j’y devais être inconnu car je ne connaissais personne. C’est d’inspiration, c’est mû par un patriotisme aussi ancien que ma vie, fortifié par l’exe partie du manuscrit brûlée et les leçons d’un père qui avait versé son sang pour le p... partie du manuscrit brûlée dans les champs de la Belgique, peut-être aussi par l’influence d’un genre de commerce essentiellement ami de la liberté que je me suis livré, l’un des premiers, corps et biens, à toutes les chances de la révolution. Les témoignages que je puis invoquer se réduisent à celui de M. Ed. Doublet, caissier du National, et des autres employé de cette feuille ; de M. Teste, libraire place de la Bourse (voir Teste, Charles, Antoine) ; je pourrais ajouter de MM. Thiers, Mignet, Carel, Guillaume, qui m’ont vu souvent pendant les quatre journées si ces messieurs m’avaient connu de mon nom. A défaut d’autres preuves, je scellerai de ma parole d’honneur la sincérité de mon exposé et si vous daignez y avoir confiance, messieurs, la ville d’Avignon comptera au moins un de ses enfants parmi les récompensés. Mais ma demande fût-elle écartée, je n’en accourrais pas moins au premier danger des libertés ou de l’indépendance du pays, sans prendre davantage la précaution de n’agir que devant des témoins qui me connaissent. Le cri de ma conscience serait comme au 26 juillet, comme à Buenos Aires en 1829, Fais ce que dois, advienne que pourra. Dans l’attente, etc. » Il demeurait 1, passage des Petits-Pères en juillet 1830 ; en Avignon (Vaucluse) en 1831. Archives de la préfecture de police AA 397.

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