Launoy, Nicolas, Laurent
Biographie
Né le 28 décembre 1789 à Paris (ancien) VIIIe arrondissement, de Launoy, Nicolas, Nicaise et de Badin, Anne, Colombe. Couverturier, entré au service au 14e chasseurs à cheval le 27 brumaire an X, il fit les campagnes de l’an XIV, 1806 à Naples et en Calabre, de 1807, 1808 et 1809 en Allemagne, au Danemark et dans la Grande Armée, de 1811 et 1812 à l’armée du Nord au Portugal et en Espagne ; arrivé au 38e régiment d’infanterie comme remplaçant d’un jeune soldat de la classe de 1816, le 12 janvier 1819, devenu cornet le 29 janvier 1819, fusilier le 16 avril 1820, congédié du service actif le 31 décembre 1822 ; engagé comme trompette d’harmonie, au 38e régiment de ligne, le 1er janvier 1823, congédié le 1er septembre 1825. Conducteur aux Eaux filtrées en juillet 1830. Il fut contusionné par une balle morte reçue à la cuisse gauche (mais bien droite dans le certificat médical plus bas, vérifier d’où vient ce gauche...) et tirée depuis une fenêtre par un Suisse, le 29 juillet à 11 heures du matin, alors qu’il combattait au coin de la rue de Rohan (peut-être aussi près place du Louvre). Il fut soigné à l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré. Il était porteur des deux certificats médicaux. Le premier certificat médical ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur chirurgien-major de la légion de la IVe garde nationale, chevalier de la Légion d’honneur, certifie que j’ai donné des soins au sieur Launoy, Nicolas, Laurent, porteur d’eau, demeurant rue aux Fers n° 28, atteint d’une balle morte à la cuisse droite et que cette blessure l’a empêché de travailler jusqu’à ce jour. » Signé, le 16 août 1830 : Thierry, demeurant 9, rue du Petit-Musc. Le second certificat médical ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Launoy, Nicolas, Laurent a été atteint , le 29 juillet, d’une contusion à la cuisse par le choc d’une balle morte et qu’il a été pansé, le même jour à notre ambulance. Il a une femme et deux enfants en bas âge. » Signé, le 11 août 1830 : Setier (Voir Setier, Louis, Paschal), secrétaire de l’ambulance, demeurant 39, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Jacob (voir Bouchenet, François, Paul, Théodore, Jacob), médecin. Il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en août et un autre de trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, comme blessé, un total de cent quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné (sous le nom de Lannoy, Nicolas, Laurent), donna, le 3 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu et par balle morte à la peau de la partie inférieure et externe de la cuisse droite, guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 23 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Lepesteur, Pierre : « Nous, soussignés, employés à l’établissement des eaux clarifiées, quai des Célestins, 24, certifions que le nommé Lepesteur, Pierre, demeurant rue des Barres-Saint-Paul n° 20, ci-devant employé au même établissement, a été blessé le 28 juillet 1830, en combattant, par une balle reçue à la jambe gauche et que nous avons vu la blessure, un instant après. » Il sollicita, en vain, d’être admis sur la liste des décorés de la Croix de Juillet. Il réclama, et obtint, le renvoi des pièces qu’il avait confiées à la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, pour obtenir la Croix de Juillet et un emploi de trompette dans la garde nationale à cheval. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie et atteste, moi Millet, Victor, employé aux pompes funèbres, que j’ai vu le nommé Launoy, Nicolas, Laurent, employé aux eaux filtrées, rue Saint-Paul n° 2, sur les 2 heures et demie à peu près, le 29 juillet, armé et faisant feu comme nous au coin de la rue de Rohan sur des Suisses retranchés alors dans les maisons. Je l’ai revu, un moment après, traversant la place du Palais-Royal, appuyé sur son fusil et blessé d’une balle à la cuisse droite et cherchant à se débarrasser de la foule ; je l’ai même aidé et lui ai offert une petite goutte que j’avais de reste dans une petite bouteille ; il a rejoint l’ambulance rue de Grenelle-Saint-Honoré comme il m’a dit depuis. » Signé, le 1er septembre 1831 : Millet. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous certifions et attestons, nous Béal, Jean-Marie, Damien et Andrieux, Jean-Baptiste, tous deux conducteurs à l’établissement des eaux filtrées rue Saint-Paul n° 2, avoir rencontré dans la journée du 29 juillet 1830, sur les 2 heures et demie à peu près, le sieur Launoy, Nicolas, Laurent, atteint d’une balle la cuisse droite, dont il a réclamé notre assistance pour le conduire chez lui, nous trouvant dans le moment rue Saint-Honoré au coin de la rue des Petits-Champs, il nous a été facile de le conduire à son domicile qui était alors rue aux Fers n° 28. Etant arrivé, il s’est mis sur son lit ; il n’a pu y rester. Nous nous sommes informés où il y avait une ambulance. L’on nous a enseigné la rue de Grenelle-Saint-Honoré. Nous l’avons conduit de même et avons été témoins de son pansement. Sur quoi, il a manifesté le désir de retourner chez lui vu que sa femme et ses enfants seraient en peine. Le directeur de l’ambulance ayant pris son nom et sa demeure nous l’a confié pour le ramener chez lui, dont son pansement a été continué par M. Thierry, médecin de l’établissement des eaux filtrées dont ledit Launoy fait partie. » Signé, le 1er septembre 1831 : Béal, Jean-Marie, Damien, conducteur à l’établissement des eaux filtrées rue Saint-Paul n° 2 ; Andrieux, Jean-Baptiste, conducteur à l’établissement des eaux filtrées rue Saint-Paul n° 2. Suivaient la signature de Happey, directeur de l’établissement, qui certifiaient que les deux hommes travaillaient depuis plusieurs années dans son établissement. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait à Navarreins (Pyrénées-Atlantiques) en 1823 ; 28, rue aux Fers (ou 28, marché des Innocents, apparemment c’est la même rue, dans sa lettre autobiographique en 1830, il dit bien habiter 28, rue aux Fers) en 1830-1831 (mais rue des Jardins-Saint-Paul sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 A ; 6, rue des Jardins-Saint-Paul de très nombreuses fois in Archives de la préfecture de police AA 397). Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 32 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 35 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/63 in dossier Lepesteur, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 397 (sous le nom de Launoy, Laurent, Nicolas).