Laureau, Jean-Baptiste

Biographie


Né vers 1802 à Fermauton (Yonne). Menuisier. Il s’illustra place Vendôme, à la porte Saint-Denis et rue Saint-Honoré. Il sollicita une sous-lieutenance dans l’armée. Une dépêche indiquait à son sujet : « Adresse un placet au roi, à effet d’obtenir un emploi de sous-lieutenant dans l’armée, comme s’étant distingué dans les journées de Juillet. » Il comparut, le 19 septembre 1831, devant le commissaire de police du quartier de Bonne-Nouvelle, pour déclarer que « le 29 juillet 1830 il se trouvait à 10 heures et demie du matin environ sous les colonnades du Théâtre-Français, rue de Richelieu, et que le nommé Munier, Gabriel, Alexandre, menuisier, âgé d’environ trente-quatre à trente-cinq ans, avec lequel il avait travaillé, s’y trouvait aussi mais qu’il avait quitté cet endroit pour traverser la rue Saint-Honoré et aller, suivant ce qu’il disait, du côté du Louvre et qu’à l’instant où il traversait la rue Saint-Honoré, le déclarant l’avait vu tomber à plat ventre sur le pavé et y rester sans aucun mouvement ». Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Laureau, Jean-Baptiste, demeurant rue du Faubourg-Saint-Martin n° 176, s’est comporté d’une manière très distinguée pendant les trois mémorables journées de juillet 1830. Nous déclarons à cet effet l’avoir vu, notamment le 28, à la place Vendôme se battre contre les gendarmes à cheval à la porte Saint-Denis contre l’artillerie, cuirassiers et le 1er bataillon du 6e régiment de la garde, se faisant remarquer par son intrépidité ; le 29, à la rue Saint-Honoré contre des postes ; à la rue Richelieu, il s’embusqua et fit feu pendant deux heures ; quittant ce poste à défaut de munitions, il fut à la caserne de la Pépinière, où il arriva un des premiers pour enfoncer la porte, où on trouva trois caissons et une grande quantité de cartouches dont chacun s’empara précipitamment pour se rendre au faubourg du Roule contre les Suisses, qui prirent bientôt la fuite par les Champs-Elysées, où ils abandonnèrent une pièce de canon. Dans cette action, ledit sieur Laureau se fit remarquer par sa valeur. Enfin, nous estimons que la conduite du sieur Laureau dans les trois journées de notre glorieuse révolution est digne d’intérêt et lui mérite une récompense. » Signé, le 1er décembre 1830 : Bousset, demeurant 8, rue de la Pépinière ; Rousselle jeune, demeurant 1, rue du Rocher ; Leture Flan, demeurant 4, rue du Rocher ; Otz, Henri ou Ots, Henri ; Delandes, demeurant 9, rue de la Pépinière, qui ajoutait : « Je certifie que le nommé ci-dessus est ouvrier de mon chantier et s’est distingué d’une manière particulière dans nos glorieux jours de juillet. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Laureau, Jean-Baptiste, demeurant rue du Faubourg-Saint-Martin n° 176, est parti de chez lui pour la défense de notre liberté, le 28 juillet 1830, n’est renté que le samedi au soir ; reparti de suite pour rejoindre son poste au Louvre, où il resta jusqu’au dimanche au soir. Le mardi suivant il fut à Rambouillet et ne rentra que le lendemain au soir. Il en est résulté des fatigues que le sieur Laureau a éprouvées douze jours sans pouvoir travailler, ayant été atteint d’un rhume et de la fièvre, dont il n’a encore reçu aucune récompense. » Signé, le 17 décembre 1830 : Bresbout illisible, demeurant 176, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Louve-Demaret, 176, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Laud..., coiffeur, demeurant 157, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Garnier, propriétaire. Il était marié et père de trois enfants en 1830. Il demeurait 176, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1831. Archives nationales F/1dIII/61 (sous le seul nom de Laureau) ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Munier, Gabriel, Alexandre ; Archives de la préfecture de police AA 397 (parfois sous le nom de Lauraud, Jean-Baptiste ; il signe bien Laureau).

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