Laurent, Adolphe, Désiré

Biographie


Né le 29 ventôse an V (19 mars 1797 mais le 13 février 1797 in Archives nationales F/1dIII/36 ; le 17 février 1797 in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé) à Paris ancien) XIIe arrondissement. Ancien voltigeur, « couvert de blessures dont la première remonte à Austerlitz et la dernière date de Waterloo » selon le colonel de sa légion de la garde nationale en 1831, établi en juillet 1830 chapelier ou fabricant de chapeaux. Il combattit dès le 27 juillet, et, le 28, rue Saint-Denis, alors qu’il tiraillait contre un peloton de la garde royale stationné près de la cour Batave, il fut blessé de quatre coups de feu, qui lui occasionnèrent en tout trente-cinq blessures : le premier coup de feu, au pied droit, un autre coup de feu à la jambe droite, un troisième à l’épaule droite, le quatrième à l’œil droit (mais d’un coup de feu au pied droit, coup de feu à la face de la cuisse et de la jambe droite et à l’épaule droite in Archives nationales F/1dIII/82 dans l’état imprimé). La chronique de l’époque relatait à son sujet : « Le sieur Laurent, chapelier, rue Beaubourg, a reçu trente-neuf blessures, dont plusieurs mettent sa vie dans le plus grand danger. » Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, médecin accoucheur, reçu à la faculté de médecine de Paris, ex-chirurgien aux armées et des hôpitaux militaires de Provins en 1814, ancien élève des hôpitaux et hospices civils de Paris, membre de plusieurs sociétés savantes, littéraires et industrielles, certifie que le sieur Alphonse, Désiré Laurent (sic), cornet de voltigeurs blessé à Waterloo, actuellement chapelier, domicilié rue Beaubourg n° 21, ayant pris les armes les mardi 27 et mercredi 28 juillet 1830, reçut, le deuxième jour, dans la rue Saint-Denis, en sortant de la cour Batave pour marcher à l’ennemi, les blessures suivantes, savoir : 1°) plusieurs grains de plomb dans l’œil droit, deux à la joue droite, un à la partie moyenne de la lèvre supérieure ; 2°) une balle à la partie postérieure de l’épaule droite, une chevrotine à la partie antérieure de la même épaule ; une chevrotine ; 3°) une chevrotine et trois grains de plomb à la partie latérale droite de la poitrine ; 4°) la cuisse droite criblée de menu plomb et de deux chevrotines ; 5°) quelques menus plombs à la cuisse gauche et au mollet du même côté ; 6°) sept petits plombs à la partie externe de la jambe droite ; 7°) enfin une balle qui a enlevé une portion du quatrième orteil, brisé le troisième et le deuxième et détaché une portion du pouce. Il résulte de toutes les blessures décrites ci-dessus que le malade, dont les jours ne sont plus en danger mais qui ne sera guéri que dans quelques mois, demeurera infirme du pied droit par la perte de deux à trois orteils et sera peut-être privé de l’œil du même côté. En foi de quoi, j’ai délivré le présent certificat pour qu’il soit accordé à ce citoyen courageux tous les secours que la patrie doit à son généreux dévouement. L’étoile de la Légion d’honneur ne serait pas déplacée sur sa poitrine. » Signé, le 4 août 1830 : Pichard (voir Pichard, François, Louis), demeurant 29, rue Beaubourg. Le docteur Pichard renouvela, en date du 14 décembre 1830, ce même certificat. Plusieurs certificats établissaient les circonstances dans lesquelles il avait été blessé. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Alphonse, Désiré Laurent (sic), chapelier, demeurant rue Beaubourg n° 21, victime de son zèle patriotique, a été frappé sous nos yeux de plusieurs coups de feu à 2 heures, rue Saint-Denis en face la cour Batave dans la journée mémorable du 28 juillet 1830 par la garde royale, qui tirait sur le peuple. » Signé : Menant, Claude, marchand de vin, demeurant 5, rue de la Cossonnerie ; Mellier, marchand cordier, demeurant 8, rue de la Cossonnerie ; Vavasseur, demeurant 114, rue Saint-Denis ; Jay, demeurant 9, rue de la Cossonnerie ; Priston, marchand épicier, demeurant rue de la Cossonnerie. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, commissaire de police de la Ville de Paris et plus spécialement du quartier Sainte-Avoye, certifions, pour rendre hommage à la vérité, qu’il est notoire dans ce quartier que M. Laurent, fabricant de chapeaux, rue Beaubourg n° 21, a fait preuve d’une bravoure peu commune pendant la glorieuse journée du 28 juillet, en combattant dans la rue Saint-Denis contre l’ex-garde royale ; qu’il n’a échappé que par miracle à la mort, qu’il bravait pour encourager ses concitoyens à la résistance ; qu’il a reçu plus de trente blessures, dont une lui a fait perdre un œil et qu’il sera boiteux, s’il parvient à recouvrer la santé. Nous certifions aussi que cet honorable citoyen ne pourra pas vaquer à ses affaires avant plusieurs mois, qu’il jouit de l’estime et de l’affection de tous les habitants du quartier et que tous ceux qui le connaissent désirent qu’il soit possible de lui accorder la croix de la Légion d’honneur, récompense qu’il ambitionne et qu’il avait, dit-on, méritée sur le champ de bataille de Waterloo. » Signé, le 1er septembre 1830 : Dervieux illisible. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants du quartier Saint-Avoye, certifions que le mercredi 28 juillet 1830, M. Laurent, chapelier, demeurant rue Beaubourg n° 21, a été rapporté à son domicile à 5 heures du soir, atteint de six blessures, qu’il venait de recevoir en combattant dans la rue Saint-Denis contre un peloton de troupe qui était posté vis-à-vis la cour Batave. Nous devons certifier en outre, d’après les témoignages des personnes qui ont rapporté M. Laurent, qu’il s’est distingué dans cette lutte glorieuse par une intrépidité rare et un dévouement digne des plus grands éloges. Les six blessures qu’il a reçues sont le résultat de deux décharges de mousqueterie ; à la première, il fut atteint de deux balles mais, ne se trouvant pas encore hors de combat, il s’avança à demi-portée de pistolet et d’un coup de feu renversa mort un des soldats du peloton ; c’est alors qu’il fut renversé lui-même par quatre blessures dont aucune heureusement n’est mortelle. Par une modestie et un désintéressement qu’on ne put trop louer, M. Laurent, quoique n’ayant que son travail pour vivre, ne voulait rien faire connaître de ces faits et c’est à nos instances réitérées et comme malgré lui que nous les publions. Nous le recommandons à la bienveillance des personnes chargées de la répartition des dons patriotiques offerts par la reconnaissance publique aux braves défenseurs de nos libertés. » Signé, le 4 août 1830 (pour les noms lisibles) : Gobert fils aîné, demeurant rue de Braque ; Guillot, demeurant 16, rue Bertin-Poirée ; Chambry ; Pouillet, principal locataire, demeurant 5, rue Transnonain ; Mery, marchand de vin, demeurant 13, rue Beaubourg ; ...ainot, demeurant 9, rue des Ménestriers ; Huault jeune, demeurant 6, rue des Ménestriers ; Legrep aîné, demeurant 10, rue des Vieilles-Etuves-Saint-Martin ; Bouillet, demeurant 46, rue des Blancs-Manteaux ; André, demeurant 12, rue des Ménestriers ; Valette, demeurant 13, rue des Ménestriers ; Helye, demeurant 4, rue du Grenier-Saint-Lazare ; Dunan, demeurant 11, rue du Grenier-Saint-Lazare ; ...dou..., demeurant 1..., rue de la Rotonde-du-Temple ; Vavasseur, marchand de fournitures de chapellerie, demeurant 114, rue Saint-Denis ; Burlot, demeurant 3, rue des Petits-Champs-Saint-Martin ; Goulliart, demeurant 17, rue Geoffroy-Langevin ; ..., A., demeurant 14, rue Beaubourg ; Chauvel, demeurant 17, rue Simon-le-Franc ; Guilleminot, demeurant 11, rue du Plâtre-Saint-Avoye ; Jagnaux, demeurant 3, rue de l’Homme-Armé ; Vallot aîné, demeurant 7, rue des Petits-Champs-Saint-Martin ; Archermann Perrin, demeurant 6, passage Saint-Avoye ; Dorange, demeurant 15, rue des Petits-Champs-Saint-Martin ; Hérouard, demeurant 9, rue des Petits-Champs-Saint-Martin ; Be..., Joseph, demeurant 2, rue des Petits-Champs-Saint-Martin ; ...alloin... frères, demeurant 112, rue Saint-Martin ; Dépla..., demeurant 3, rue de l’Homme-Armé ; Ray ou Nay, demeurant 12, rue du Plâtre-Saint-Avoye ; Gauthonnier veuve, demeurant 29, rue Simon-le-Franc ; Girou, demeurant 7, rue des Ménestriers ; Courtier, demeurant 5, rue Beaubourg ; Jolly, demeurant 7, rue Saint-Avoye ; Linal, demeurant 4, rue des Ménestriers ; Courtois, Bernard, demeurant 8, rue des Ménestriers ; Manéra, demeurant 14, rue du Cimetière-Saint-Nicolas. Marié, il reçut un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fit partie avec Bicheroux Pierre Denis Nicolas, Lepage Jean-Baptiste, Coulombier Thomas, Garnier dit Pagès Etienne Joseph Louis, Pagès Louis Antoine, Cordier François Simon, Mansais Jean-François, Dufour Martin Gervais, Bastide Jules, Mazure Jacques, Moineau Edme Charles, Beaudoin (voir Baudoin, Louis, Noël ?) et Wervort des quatorze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (bien sous le nom de Laurent, Adolphe, Désiré sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 avec la bonne date de naissance, l’adresse et le métier). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 17 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu 1°) au pied droit, de la pointe du quatrième orteil vers le sommet du premier os du métatarse, guérie mais avec difformité, union contre nature et ankylose des orteils. 2°) A la face externe de la jambe et de la cuisse du côté droit, par grains de plomb ou par fragment de balle, cicatrisée sans difformité, sans infirmité. 3°) A la partie postérieure du moignon de l’épaule droite, par une balle qui a effleuré les parties, cicatrisée, sans gêne, sans difformité. 4°) Enfin à la paupière supérieure et à l’œil du côté droit, guérie mais avec altération profonde de la vue. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de six cents francs. Il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il signa, le 8 novembre 1830, le certificat suivant, en faveur de Martin, Pierre, Louis, que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, attestons et certifions que le sieur Martin, Pierre, armé de son fusil, s’est porté dans les journées des 27, 28 et 29 juillet partout où le danger appelait sa présence et qu’il s’y est comporté en homme d’honneur et de probité. » Il apostilla, comme « membre de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe » la lettre adressée, le 25 janvier 1831, par Remy, Jean-Pierre, à la Commission des récompenses nationales, pour obtenir un grade de maréchal des logis dans la garde municipale en récompense de sa conduite en juillet. Parallèlement à la Commission des récompenses nationales, Laurent fut l’objet d’une distinction de chevalier de la Légion d’honneur. En effet, le 30 octobre 1830, lors d’une revue de la garde nationale, Laurent, qui s’était rendu à cette revue à l’aide de béquilles et qui avait presque perdu un œil, fut présenté au roi par le colonel de la VIIe légion et tous les officiers du 2e bataillon de la VIIe légion, légion où il était grenadier, comme digne de recevoir la Légion d’honneur, « pour récompense des nombreuses blessures qu’il a reçues en combattant pour la cause de la liberté ». Le roi adressa ces paroles à Laurent : « Je me trouverais heureux de vous la donner moi-même, vous pouvez y compter. » Rumigny, aide-de-camp du roi, prit en note l’identité du futur légionnaire et promesse lui fut faite qu’il recevrait son brevet sous peu de jours. Le 30 décembre 1830, le préfet de la Seine donnait les renseignements suivants concernant Laurent : « […] Je me fais un devoir, d’après toutes les informations recueillies sur le sieur Laurent de joindre ma recommandation à celle des camarades d’armes de ce brave citoyen. Tous les faits rapportés dans la pétition qu’ils ont adressée à Sa Majesté sont de la plus grande exactitude. Parmi les noms de ceux qui ont acquis une glorieuse célébrité en combattant pour la liberté, celui du sieur Laurent mérite d’obtenir une honorable distinction. Sous tous les rapports, il jouit de la meilleure réputation, et l’un des membres de la Commission des récompenses nationales qui le connaît depuis longtemps n’a pas hésité à l’appeler à faire partie du jury consultatif auquel ont été soumises toutes les prétentions de ceux qui ont pris part aux événements de Juillet. Sa conduite et sa tenue dans les délibérations de cette commission n’ont fait que confirmer la bonne opinion que l’on avait de lui. Tous les habitants du quartier qu’habite le sieur Laurent s’accordent à faire l’éloge de son caractère, de ses mœurs et de sa probité et le considèrent comme digne à tous égards d’obtenir la croix d’honneur. En lui accordant cette marque éclatante de sa justice et de ses bontés, le roi des Français récompensera tout à la fois l’homme probe et l’un des défenseurs les plus courageux de nos institutions. Cette nomination ne peut produire que le meilleur effet sur notre brave garde nationale, qui vient encore de donner des preuves si convaincantes de son amour de l’ordre et de son respect pour les lois ». Comme la distinction promise tardait à être remise à Laurent, ses supérieurs et ses camarades firent de nouvelles démarches pour accélérer la procédure. Le 23 février 1831, dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, Lobau, général en chef de la garde nationale, rappelait la promesse du roi, précisant sur Laurent qu’il « avait déjà mérité et obtenu, par son intrépidité à l’affaire du Mont-Saint-Jean, en 1815, cette distinction, dont les circonstances d’alors l’ont empêché de recevoir le brevet » et ajoutant : « Les officiers de la légion viennent aujourd’hui réclamer de nouveau et avec la plus vive instance pour le sieur Laurent la récompense dont il s’est montré si éminemment digne ; ils craignent que le moindre retard ne fasse un mauvais effet sur l’esprit de la légion et donne ainsi de nouveaux prétextes à la malveillance. » Dans un rapport au roi, Montalivet, secrétaire d’Etat de l’Intérieur, rappelait au roi la conduite de Laurent, précisant : « […] Le 28 juillet, cet intrépide citoyen a combattu, seul, à découvert et à la vue de tous les habitants de son quartier contre un peloton de la garde royale stationné rue Saint-Denis. Dans ce fait d’armes mémorable, il a reçu trente-cinq blessures, par suite desquelles il reste estropié pour le reste de ses jours ». Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » En 1836, père de famille, handicapé par des douleurs à la main droite, provenant de ses blessures de guerre, et qui lui interdisait presque tout travail manuel, il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié en secondes noces et a quatre enfants. Il exerce la profession d’ouvrier cordonnier et sa femme est ouvrière passementière. […] Jouit d’une bonne réputation sous le rapport de la conduite. » Il demeurait 21, rue Beaubourg en 1830-1831 (21, rue Beaubourg par exemple dans son dossier de Légion d’honneur in Archives nationales F/1dIV/L/7) ; 12, rue de Bièvres (mais 71, rue Beaubourg in Archives nationales F/1dIII/36 ; 21, rue Beaubourg in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) en 1831 ; 5, rue Neuve-Sainte-Catherine puis 21, rue des Juifs, un logement au loyer annuel de cent dix francs en 1836. Le Constitutionnel, 12 août 1830 (sous le seul nom de Laurent) ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 32 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 35 (sous le nom de Laurent, Alphonse, Désiré) ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 83 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension (sous le nom de Laurent, Alphonse, Désiré) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement (chaque fois sous le nom de Laurent, Alphonse, Désiré) ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 9-10 état des pensionnaires (sous le nom de Laurent, Alphonse, Désiré) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 4e classe (sous le nom de Laurent, Alphonse, Désiré) ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives nationales F/1dIV/L/7 Récompenses honorifiques ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Martin, Pierre, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Remy, Jean-Pierre ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations. Il n’est pas dans la base Leonore de la Légion d’honneur, il n’aurait pas été décoré...

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