Laurent, Victor

Biographie


Né en 1800 à Nancy (Meurthe). Maçon. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la main gauche (mais blessé d’un coup de baïonnette à la poitrine et la main écrasée par un coup de crosse sur sa fiche à la Commission des réclamants). Marié et père de famille, il reçut un secours de soixante-quinze francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le 12 novembre 1830, il adressait une lettre à la Commission des récompenses nationales, sollicitant de participer aux récompenses pécuniaires attribuées par l’administration, expliquant qu’il avait été « blessé d’un coup de feu à la main (sic) dans les journées de juillet dernier et depuis lors incapable d’aucun travail journalier, sans autre moyen d’existence que celui d’un labeur journalier et chargé de famille ». Sa demande était apostillée par Carel, major commandant le Louvre, qui le recommandait comme un « malheureux père de famille, digne en tout de l’estime de ses concitoyens ». Le 23 août 1831, il sollicita dans ces termes la décoration de Juillet : « Porté par la Commission à être honoré de la décoration, deux jurés délégués par la Commission se sont présentés chez moi à l’effet de s’assurer de mon identité ; mais, par une malveillance bien coupable de mon portier, il a été répondu que j’étais inconnu, quoique malade et dans mon lit au moment que ces messieurs me demandaient. Cette conduite inconcevable de malveillance m’a privé de la faveur que m’offrait la reconnaissance nationale et, aujourd’hui que j’en connais le motif, je viens vous supplier, monsieur le ministre, de daigner me tendre une main bienveillante afin que justice me soit rendue et que je sois honoré d’une décoration que j’ai gagnée en arrosant de mon sang le champ de bataille et au milieu du plomb meurtrier du despotisme. » Il lui fut répondu que sa demande était présentée trop tardivement et que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 14 mai 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint de contusions à la tête, qui n’ont laissé aucune trace et de blessures légères aux doigts de la main droite, lesquelles n’ont laissé après elles aucune infirmité, aucune difformité et ne sauraient donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En août 1831, ne pouvant s’adonner à aucun travail manuel, par suite de la blessure qu’il avait reçue, chargé de famille, dans une position affligeante, il sollicita un secours. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et une indemnité. Il était alors toujours sans emploi. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, médecin, certifie que le nommé Laurent, Victor, demeurant rue de Ménilmontant n° 32, a été blessé le 28 juillet à la main gauche. En foi de quoi, je lui ai délivré le présent pour servir et valoir ce que de droit. » Signé le 15 août 1830 : Lombard, L., médecin. Ce docteur ajouta plus tard les précisions suivantes : « Le nommé Laurent m’a constamment déclaré les faits ci-après, qui me semblent vrais et qui d’après ce qu’il m’a dit peuvent être facilement constatés. Savoir que le 27 juillet il fut lui sixième fait prisonnier par la garde royale et les Suisses réunis, conduit chez le commissaire de police de la place du Carrousel, où l’on dressa procès-verbal et où il fut désarmé, conduit ensuite dans les caves des Tuileries, où l’on les laissa sans boire ni donner d’aliments mais en revanche ils eurent à supporter force coups et furent menacés d’être fusillés. Le lendemain, cette menace ne put s’effectuer parce qu’ils furent délivrés. C’est alors que fut blessé Laurent. » Un deuxième certificat, signé du même, était ainsi rédigé : « Je, soussigné, médecin, demeurant à Paris, boulevard du Temple n° 23, certifie que le nommé Laurent, Victor, demeurant rue de Ménilmontant n° 32, a été blessé à la main. » Signé, le 5 avril 1831 : Lombard, L., médecin. Il retira, le 10 février 1832, trois pièces qu’il avait remises à cette dernière Commission. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait 32, rue de Ménilmontant en juillet 1830 (mais et sans doute par erreur 3, rue de Ménilmontant en août 1830 sur les listes du Constitutionnel) ; aussi 27, rue de la Calandre dans son dossier et le 36, rue Saint-Sébastien qui est rayé sur sa lettre en novembre 1830 ; 14, rue des Barres-Saint-Paul en novembre 1830-1831 (mais 37, rue Saint-Paul en 1831 in Archives nationales F/1dIII/38 A et F/1dIII/41). Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 31 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 34 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 79 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 397.

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