Lavadoux, Camille, Louis, Sulpice
Biographie
Né vers 1803 à Beauvais (Oise). Ouvrier en billard. Blessé et décoré de Juillet (sous quel nom ?). Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1839, marié, père de deux enfants, n’ayant pas participé aux secours accordés aux décorés de Juillet, « privé de travaux depuis longtemps » et ayant « épuisé ses faibles ressources », il sollicita des secours. En 1840, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Ouvrier en billard, qui pourrait gagner cinq à six francs par jour mais qui est ivrogne, sans conduite et passe une partie de son temps à la barrière. Il travaille chez Poulain, rue Amelot, numéro 6, mais on ignore son domicile, qu’il cache avec soin. Il est, dit-on, marié et a trois enfants. » En 1842, venant de passer deux mois d’hospice, il sollicita de nouveau des secours. La police donna comme renseignements sur son compte qu’il n’avait travaillé que quelques mois chez Legris, dont il donnait la demeure comme adresse et qu’on ignorait ce qu’il était devenu par la suite. Un secours de vingt-cinq francs lui fut accordé, mais il ne se présenta pas pour les toucher. En 1843, les mêmes sources précisaient : « Ne demeure pas chaussée Clignancourt, n° 5. Cette adresse est celle d’un marchand de vins où Lavadoux passe presque tout son temps. En résumé cet individu n’a pas de domicile connu ; il travaille rarement et on ne le rencontre que chez les marchands de vin. C’est un paresseux et un ivrogne. » En 1846, il était père de trois enfants. Il signa, le 1er novembre 1848, le certificat suivant en faveur de Mercier, Maximilien, quand ce dernier fit valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Mercier, Maximilien, ouvrier cordonnier, demeurant à Paris 342, rue Saint-Denis, que lors des événements des 5 et 6 juin 1832 il ne cessa de donner les preuves les plus certaines de courage et de patriotisme en restant à la barricade Saint-Merri à la construction de laquelle il avait contribué la veille, depuis 6 heures du matin jusqu’au moment qu’elle fut prise par la troupe. Nous attestons enfin qu’il y reçut deux blessures, dont il porte encore les marques. » Il signait comme « blessé de 30 et de juin 1832, demeurant 20, barrière Poissonnière » et ajoutait : « Je certifie que le nommé Mercier s’est trouvé en 1832 aux événements de la barricade Saint-Merri et que depuis je ne me suis trouvé dans aucune circonstance de le rencontrer. » En 1848, il combattit à la porte Montmartre et fut blessé à la jambe. Il combattit en juin 1848 « en maintenant l’ordre » et fut blessé à l’autre jambe. Ses deux enfants étaient dans la garde mobile, un y ayant été blessé à la jambe. Il a son dossier à la Commission des récompenses nationales de février 1848. Il reçut trois cent dix francs de secours de cette commission jusqu’en octobre 1848. En 1850, toujours selon les mêmes sources policières, il n’avait jamais demeuré 5, chaussée de Clignancourt mais y était bien connu comme « un vagabond, n’ayant aucun domicile et professant les principes les plus subversifs » (on trouve effectivement dans une des ses lettres une autre adresse que le 5, chaussée de Clignancourt, qu’il donne pourtant : en garni 20, barrière Poissonnière). Une autre note de la police donnait, pour cette même année 1850, les renseignements suivants sur son compte : « […] A choisi son domicile à la buvette du petit Ramponneau. Cet homme est dans un état déplorable ; sans profession, il passe ses journées dans les plus mauvais cabarets des barrières. Paresseux, au service de toutes les émeutes. » On trouve aux sommiers judiciaires, Lavadoux, Camille, Louis, Sulpice, menuisier, né à Beauvais (Oise), demeurant à Montmartre. Conduit aux Madelonnettes le 22 juillet 1842 pour vol, renvoyé par jugement du 18 août suivant. Conduit à La Force le 9 décembre 1842 pour vagabondage, renvoyé par jugement du 27 du même mois. Conduit de nouveau aux Madelonnettes le 21 décembre 1844 pour vagabondage, renvoyé le 22 janvier 1845 ; à La Force le 8 octobre 1847 de nouveau pour vagabondage, renvoyé le 4 novembre suivant. Il donnait comme adresse chez Poulain, billardier, 6 ou 60, rue Amelot en 1839 ; 1, rue de la Cure, chez Legris à Montmartre en 1842 et 1843 ; 5, chaussée de Clignancourt barrière Rochechouart en 1846 ; allée des Veuves, 7-9, passage Boutrain ou 5, chaussée de Clignancourt barrière Rochechouart en 1848 ; rue de Chartres à la Chapelle-Saint-Denis en 1850 ; 5, chaussée de Clignancourt barrière Rochechouart en 1850. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 68, 100 ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/1dIII/92 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109 (à titre de seulement combattant de Juillet) ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mercier, Maximilien.