Laval, Michel, Charles
Biographie
Né le 20 août 1787 à Paris. Typographe ou ouvrier imprimeur en caractères. Il fut blessé au pied gauche (mais blessé à la jambe gauche par un éclat de pierre in Archives de Paris VK3 35), le 28 juillet, près du pont Notre-Dame vers 20 heures. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 3 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, en amateur à la porte Saint-Martin, à celle Saint-Denis jusqu’au Palais-Royal. Le 28, armé d’un sabre, à la rue de l’Observance, eut un fusil du désarmement de la place Saint-Michel et fut blessé à la jambe à la rue de la Juiverie, sans savoir par qui ! » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 3 février 1831, à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, trois voix pour une mention et trois voix pour rien. Il reçut un total de quarante-trois francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 677) dans la liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il reçut la médaille de Juillet (info sans les sources, sans doute une erreur). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, ajourna sa demande d’être reconnu comme blessé et donna, le 17 mars 1831, la conclusion suivante : « Dit avoir été atteint d’une contusion par suite de coups de crosse de fusil à la partie inférieure et interne de la jambe gauche, contusion qui n’a laissé après elle aucune trace et qui ne saurait donner lieu à aucune récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1848, sans ouvrage, il sollicita des secours et obtint quarante francs, à titre de combattant de Juillet. En 1849, la police donna comme renseignement sur son compte qu’il était « fort bien représenté sous tous les rapports », ajoutant qu’il était « dans une position très précaire et sa femme gagne à peine sa vie ». Il travailla de 1848 à 1852 chez Soupe, typographe et lithographe 16-20, passage du Ponceau, mais dut quitter son emploi « pour cause d’infirmité », selon son employeur. De 1850 à 1857, il fut concierge avec sa femme au 4, rue du Foin, aux gages de cent trente francs par an. En 1853, les mêmes sources policières précisaient : « Ancien typographe auquel sa vue ne permet plus de travailler. […] Sa femme peut à peine travailler, ayant la vue également faible. Ils avaient une fille unique, âgée de trente-six ans, qu’ils viennent de perdre. Leur misère paraît extrême. De bons renseignements sont donnés sur le sieur Laval et sa femme. » Et en 1856 : « La position de Laval est loin d’être malheureuse. Il est depuis six ans concierge de la maison 4, rue du Foin au Marais. Cette place lui rapporte au moins quatre cents francs. Il est, de plus, conducteur au Jardin des plantes ; cette place lui vaut quatre francs par jour ; ce qui porte son gain annuel à dix-huit ou dix-neuf cents francs par an. Laval ne nie pas positivement qu’il ait des moyens suffisants pour vivre mais il a la ferme conviction, comme beaucoup de ses cosolliciteurs de Juillet et Février que ce qu’il demande n’est pas un secours mais une pension, qui lui revient de droit. Dans son quartier, il jouit d’une bonne réputation sous tous les rapports. Sa femme est âgée de soixante-cinq ans, c’est elle qui tient la place de concierge. » En 1858, toujours selon les mêmes sources, il n’avait d’autres ressources que sa place de concierge, on avait obtenu « d’excellents renseignements sur sa conduite morale et politique » et il paraissait « digne d’intérêt ». Il reçut quarante francs de secours en 1849, la même somme en 1850, deux fois cinquante francs en 1851, cinquante francs en 1853 et en 1854, quarante en 1855, 1856, 1858. Il fut décoré de la médaille de Sainte-Hélène. Il mourut en novembre 1858. Il était garde national à la XIIe légion. Il demeurait 53, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1831 (50, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1831 in Archives de Paris VD6 559 n° 1 et in Archives de Paris VK3 35 ; 43, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1831 in Archives de Paris VK3 33 et in Archives de Paris VK3 34) ; 14, rue de la Grange-aux-Belles, un loyer de deux cents francs par an, en 1848 et 1849 ; 32, rue Transnonain en 1849 ; 4, rue du Foin-Saint-Louis à Belleville de 1850 à 1855 ; mais 4, rue du Foin au Marais en 1853. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la première sous le nom de Laval, Michel, Jean, la deuxième sous le numéro 677 et le nom de Laval, Michel, Charles) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 17 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 3 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Laval, Michel, Jean) , idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 3 février 1831 (sous le nom de Laval, Michel, Jean) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archive nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138 (sous le nom de Laval, Charles, Michel), idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 (sous le nom de Laval, Michel, Charles), idem Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853 (sous le nom de Laval, Michel, Charles).