Lavigne, Dominique, François

Biographie


Né le 20 messidor an II à Ancy-le-Franc (Yonne). Maçon. Il fut atteint d’un coup de feu reçu dans le bas-ventre, le 29 juillet entre 16 et 17 heures rue Saint-Honoré près de la rue des Boucheries, et mourut sur le coup (mais le 28 juillet rue Langlade in Archives nationales F/1dIII/33). Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le 17 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, comparurent : Rousselet, Jacques, tailleur de pierres, demeurant 10, rue des Orties-Saint-Honoré ; Leroy, Gabriel, Didier, marchand de meubles, demeurant 10, rue des Orties-Saint-Honoré ; Courbierre, Jacques, marchand fruitier, demeurant 10, rue des Orties-Saint-Honoré. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Lavigne, Dominique, François et « savoir qu’il a été tué le jeudi 29 juillet (sic) entre 4 et 5 heures du rois, rue Saint-Honoré près celle des Boucheries dans les combats qui ont eu lieu à cette mémorable époque d’une balle qu’il a reçue dans le bas-ventre et dont il est mort sur le coup ». Le 15 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, comparurent : Gillet, Louis, Claude, demeurant 6, rue des Orties ; Bouhey, Auguste, boulanger, demeurant 7, rue des Orties ; Leroy, Gabriel, Didier, marchand de meubles, demeurant 10, rue des Orties. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Lavigne, Dominique, François et « savoir qu’il a été atteint d’une balle dans la poitrine le mercredi 28 juillet 1830 (sic), rue de l’Anglade dans les combats qui ont eu lieu à cette mémorable époque et qu’il est décédé par suite des blessures qu’il a reçues ledit jour à 4 heures de relevée ». Il laissait des parents âgés, Lavigne, Jean (bien Lavigne, Jean dans son acte de naissance mais Lavigne, Jean-Baptiste dans l’acte de naissance de Lavigne, Dominique, François), né le 4 avril 1753 à Rully (Saône-et-Loire) (lui-même fils de Lavigne, Jean, tisseur de toiles, et de Guyot, Jeanne, son épouse), Jobert, Marie, Colombe, Etiennette, née le 13 mai 1759 à Ancy-le-Franc, qui furent pensionnés de trois cents francs (leurs noms ne sont pas sur le Bulletin des lois ni sur le Moniteur) et auxquels fut accordée, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes, qu’ils ne touchèrent sans doute pas puisque la somme resta à réclamer. Les parents s’étaient mariés le 6 février 1792 à Ancy-le-Franc ; sur l’acte de mariage, Lavigne, Jean-Baptiste (sic) est indiqué comme veuf de Croiset, Anne ; Jobert, Marie, Colombe, Etiennette est indiquée comme la fille de Jobert, Jean, vigneron (mais laboureur dans l’acte de naissance de Jobert, Marie, Colombe, Etiennette), et de Fortin, Catherine. Lavigne, Dominique, François laissait une concubine, Renoust, Marie (bien Renoust, Marie dans son acte de naissance ; par erreur Magdeleine sur les listes de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830), née le 26 avril 1793 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), fille de Renoust, Pierre, Romain et de Bilaude, Marie, Madeleine, son épouse. Lavigne avait vécu dix années elle. Elle reçut un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. La préfecture de police recueillit sur son compte les renseignements suivants : « Les renseignements recueillis sur le compte de la femme Renoust lui sont en général tous favorables ; on n’a qu’à se louer de son voisinage, sous tous les rapports. Elle occupe depuis nombre d’années un petit logement de cent vingt francs, rue des Orties n° 10, où elle exerce l’état de savonneuse pour diverses blanchisseuses du voisinage. Il y avait onze ans qu’elle vivait avec le sieur Lavigne et elle est restée chargée d’un fils qui, aujourd’hui a neuf ans et demi. On ne fournit que des notes favorables sur sa moralité et sa conduite privée et on assure que sous ce rapport elle mérite quelque intérêt. » Elle fut pensionnée et il lui fut accordée, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait un enfant, Lavigne, François, né le 26 novembre 1821 à Paris, qui fut pensionné et à qui fut accordée, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille de l’orphelin était composé de la mère (Renoux, Marie-Madeleine) et de Geney, Etienne, marchand épicier, subrogé-tuteur, demeurant 19, rue Sainte-Anne en 1831. François fut placé en pension dans l’établissement de M. Maniette 60-62, grande-rue à Vaugirard, dont une visite faite dans l’établissement par le sous-surveillant de la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Lavigne, François et de Vanesse, Alphonse, Joseph, autre pensionnaire et orphelin de Juillet : « Je les crois parfaitement bien ; ils se louent beaucoup des soins qu’on leur donne. J’ai vu les classes et les dortoirs : c’est parfaitement tenu. L’éducation de ces enfants s’y fera tout entière si la Commission les laisse dans cette pension. […] Cette pension me semble réunir toutes les conditions exigées. Le maître va faire une demande à M. le sous-préfet de Sceaux pour obtenir dans son établissement le placement des orphelins des communes de cet arrondissement. » François reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1831. En 1832, le bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait sur François Lavigne, qu’il ne savait lire qu’avec peine, qu’il fallait avant tout lui apprendre à lire, écrire et compter mais qu’il était « un excellent sujet », d’une « conduite irréprochable » et montrant « des dispositions et de la facilité ». En 1835, il apprenait l’état d’imprimeur à l’imprimerie Portmann ; en 1836, il était élève dans la pension de Maniette à Vaugirard. Le nom de Lavigne (D.-F. Lavigne) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Lavigne demeurait 10, rue des Orties-Saint-Honoré ; sa veuve, même adresse en 1831 ; ses parents, à Ancy-le-Franc en 1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 31 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 34 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 83 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 83 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 94-95, liste nominative du IIe arrondissement des ascendants au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 115, liste nominative du IIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120 lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 30 ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) IIe arrondissement, veuves des citoyens tués dans les journées de Juillet (seize veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (29 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (état des orphelins du IIe arrondissement, qui, aux termes de l’article 9 de l’ordonnance royale du 25 août 1831, ont droit à l’indemnité de trois cents francs pour acquisition de trousseau de 300 francs ; année 1833, IIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IIe arrondissement ; année 1839 IIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/61 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIe arrondissement, ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIe arrondissement, ascendants (sous le nom de Lavigne, Jean) ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ve arrondissement et (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2556 in Sous-surveillant pièces relatives ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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