Le Rasle, Gabriel
Biographie
Né le 21 octobre 1806 à Châteaudun (Eure-et-Loir). Commis marchand chez Mamoury. Les certificats suivants lui furent délivrés. Le premier, signé de Gibon, Isidore, Benjamin (voir ce nom), le 21 novembre 1830 : « Le 29 juillet, j’ai été appelé par quelques amis de mes camarades au commandement d’un détachement qui devait marcher contre la caserne de Babylone. M. Lerasle en faisait partie. Je certifie qu’il a constamment montré dans cette journée, l’enthousiasme et l’intrépidité qui ont distingué dans ces jours mémorables nos braves défenseurs de la liberté. » Le deuxième, signé d’Heurtebise, Auguste, Prosper (voir ce nom) : « Je, soussigné, Auguste, Prosper Heurtebise, atteste avoir vu le sieur Lerasle (sic) mettre le plus grand empressement à chercher des armes. Le 28 au matin, a travaillé aux barricades dans la rue des Bourdonnais ; que le même jour, il se rendit en armes, qu’il avait achetées, au rendez-vous que le faubourg Saint-Germain s’était donné rue de Verneuil à la mairie ; que, de là, il fit partie du corps qui désarma le poste de l’abbaye ; qu’ensuite il fit tous ses efforts pour se rendre à la place de Grève. Le soir, il revint dans son quartier travailler aux barricades et finir cette journée comme il l’avait commencée, en brave et bon patriote. Le 29, je le vis encore à mes côtés dans le nombre de braves qui marchèrent à la prise de la caserne de Babylone. Là, son courage lui fournit des occasions de prouver ce qu’il pouvait faire pour la patrie. Il fut un des premiers de notre compagnie qui marcha sur les pas du brave M. Gibon, pour enfoncer la porte de la caserne, qui se trouvait rue Plumet. L’affaire occupant tous mes esprits, je le perdis de vue dans ce combat mais ce qui me prouve qu’il contribua de tout son pouvoir à la prise de ce lieu, c’est que je le trouvai encore à la porte lorsque je descendis de l’intérieur de la caserne. Il était occupé à protéger les prisonniers et à empêcher l’enlèvement des effets que la populace sans armes se pressait de soustraire. Ainsi, je puis donc attester que Lerasle, que je n’ai pas quitté dans ces deux jours, a montré dans sa conduite tout le dévouement d’un bon citoyen et le courage d’un bon Français. Je puis attester aussi sa conduite au château des Tuileries, le 30, lorsqu’il y était de garde. J’étais sergent dans le corps qui y était et je peux dire qu’aucun des braves que j’avais l’honneur de commander s’est mieux conduit que lui. Je le vis encore dans la campagne de Rambouillet, où tous les braves étaient certes bien décidés. » Le troisième, signé le 16 novembre 1830 par Danré, George, Aimé (voir ce nom) : « Je certifie que le vendredi matin 30 juillet M. Gabriel Lerasle s’est réuni avec Heurtebise, Victor et moi sur la place de l’Odéon, où nous nous étions donné rendez-vous la veille ; que, de là, nous nous sommes rendus tout quatre à l’Hôtel de ville pour y prendre des ordres puis à la Bourse, où après nous avoir organisés en bataillon, on nous assigna les Tuileries pour poste. Que là, M. Lerasle a montré le plus grand zèle pour monter la garde et faire tout le service dont il fut chargé pendant trois jours que nous y sommes restés ensemble sous le commandement de M. Henriot de l’Ecole polytechnique, en attendant que la garde nationale pût nous relever. Je certifie en outre qu’il faisait partie avec nous de l’expédition de Rambouillet. » Le quatrième, signé de Mangenot, demeurant 1, rue Feydeau, et ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Lerasle s’est signalé par sa bravoure dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet. D’abord il fut un des premiers qui donna l’élan pour faire des barricades dans le quartier des Bourdonnais. Ensuite, fut en tête du nombre de ceux qui forcèrent le poste de l’Abbaye et plusieurs autres. Après il se dirigea sur la Grève, où il lui fut impossible d’arriver, en étant empêché par la ligne qui se trouvait à l’embouchure de chaque rue adjacente. Le 29, il se plaça en tête du corps qui alla forcer la caserne de Babylone. C’est alors qu’il déploya encore plus de courage que la veille. Il se plaça en tirailleur près d’un mur et se trouva ainsi exposé au feu des Suisses pendant une partie de la journée, entra ensuite un des premiers dans la caserne, où il fit mettre bas les armes à plusieurs ennemis et ne se retira que lorsque tout fut en sûreté. J’ajouterais aussi qu’il a mis le plus grand empressement à partir pour Rambouillet, bien décidé de se battre, si l’occasion ne lui eût échappé. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Lerasle sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa le certificat suivant en faveur de Menard, Hippolyte, François : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Hippolyte, François Menard, né à Saint-Loup et demeurant à Saint-Quentin (Manche), le 21 juin 1807, a glorieusement combattu pour la cause sacrée de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 ; que, dès le 27, il a commencé, avec peu de personnes encore, à briser les lanternes et à élever des barricades ; que le 28, dès le matin, secondé par quelques hommes seulement, il s’est porté sur le poste de l’hôtel Dieu ; qu’il a désarmé le poste et s’est immédiatement rendu à l’Hôtel de ville, où le combat s’était déjà engagé ; qu’après y avoir vaillamment combattu pendant quelques heures, il a reçu au bras une blessure ; qu’il n’a quitté le champ de bataille que lorsque, affaibli par la perte de sang, il a été forcé de se retirer ; qu’après avoir fait panser la blessure et avoir repris des forces, il s’est rendu, le jeudi matin 29, à la place de l’Estrapade pour trouver des armes (car il avait cédé ses armes, la veille, à quelqu’un pouvant se battre), qu’il y a désarmé un poste de troupe de ligne ; que, de là, commandé par des élèves de l’Ecole, il a volé au secours des braves qui attaquaient des Tuileries et le Louvre ; qu’après un combat acharné, il est entré l’un des dix premiers dans les Tuileries malgré la grêle de balles que les Suisses faisaient pleuvoir sur eux ; qu’aussitôt l’ennemi chassé des Tuileries, il s’est dévoué de nouveau en volant au secours des citoyens qui combattaient encore dans la rue Saint-Honoré ; qu’après avoir soutenu un feu continuel avec la plus grande intrépidité le sieur Menard a été blessé de nouveau à la jambe droite ; que, mis hors de combat par cette nouvelle blessure, il a pris quelques minutes de repos et s’est immédiatement rendu à la Bourse, où il a fait le service pendant toute la nuit ; que rentré le lendemain dans ses foyers, il s’y est occupé de faire panser ses blessures ; mais que, les premiers jours d’août, ayant appris qu’on faisait un appel pour se rendre à Rambouillet, il a couru aux armes, malgré la défense de son médecin, et s’est porté sur Rambouillet avec tous les braves Parisiens, enfin qu’il s’est comporté de la manière la plus glorieuse et digne des plus grands éloges. » Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin 1831. Il demeurait 7, rue de Grenelle-Saint-Honoré, hôtel du Rhône, en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Menard, Hippolyte, François ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.