Lebailly, Auguste
Biographie
Né vers 1814 à Vanves (Hauts-de-Seine). En 1906, la Société d’encouragement au bien lui décerna une médaille d’honneur. Elle rapportait sur son compte les faits suivants : « Le père Auguste, c’est ainsi qu’on le nomme familièrement sur le port de l’Arsenal, est très aimé et très considéré. Il est employé au service d’une compagnie de batellerie de la Seine comme cantonnier balayeur. Malgré son grand âge, ce vieillard roule des brouettes comme un jeune homme, sans jamais perdre un instant. Il se lève à 4 heures du matin et vit très sobrement. En juillet 1830, il vint à Paris et prit part à l’attaque de l’Hôtel de ville et de la caserne de Babylone. Il combattit auprès de Raspail et de Jules Grévy, alors étudiant en droit. Chaque année, au jour anniversaire, le père Auguste se rend aux caveaux de la Bastille et dépose un bouquet d’immortelles sur la tombe des victimes de juillet 1830. La Société d’encouragement au bien est heureuse de décerner une médaille d’honneur à ce laborieux et infatigable vieillard, le seul des rares survivants des combattants d’une époque déjà lointaine, encore assez valide pour aller bientôt, à l’occasion du 76e anniversaire, saluer au pied de la colonne de Juillet le souvenir des Trois Glorieuses et le retour de notre bien-aimé drapeau tricolore. » Une délibération du conseil municipal de Paris, en date du 29 novembre 1909, révèle quelques autres indications sur Lebailly : il avait été, franc-tireur en 1870, employé pendant vingt-cinq ans au service de nettoiement de la Ville de Paris, et maintenant pensionné de quatre cent soixante-quinze francs par an. Le conseiller Morel, Pierre, intercéda en sa faveur soit d’une petite pension supplémentaire soit d’un secours et expliquait : « La pension de ce vieillard est insuffisante ; cependant, comme il désire rester à Paris et conserver ses habitudes, il travaille encore malgré son grand âge et il est employé dans mon quartier par un entrepreneur chargé du nettoiement des quais de la Seine. […] Cet homme, malgré son grand âge, s’astreint à un travail journalier payé deux francs et vingt-cinq centimes ; ce salaire lui est indispensable pour subvenir à ses besoins les plus urgents. Je vous demande, messieurs, de le mettre à même de ne plus s’exposer, chaque jour, aux intempéries et d’échapper à l’obligation impérieuse du travail. Je vous propose donc d’allouer à cet ancien ouvrier auxiliaire une allocation de six cents francs par an. » Le conseil municipal de Paris, dans sa même séance, renvoya à son bureau une proposition tendant à allouer à Lebailly un secours exceptionnel comme ancien combattant de 1830. Il demeurait à Paris en 1909. Archives de la préfecture de police AA 420. Dans le Petit Parisien du 24 novembre 1909 il y aurait un article sur lui ; cet article invitait le conseil municipal à lui accorder une allocation.