Lebas, Philippe

Biographie


Né le 29 prairial an II (17 juin 1794) à Paris, fils du conventionnel Lebas et de Duplay, Elisabeth (la fille de Duplay qui logeait Robespierre, rue Saint-Honoré), il n’avait que quelques mois quand son père se suicida au moment de la chute de Robespierre. Il fut le précepteur du fils de Louis-Napoléon Bonaparte et d’Hortense de Beauharnais, désormais duchesse de Saint-Leu, le futur Napoléon III. A ce titre, il était, en 1822, l’objet de la surveillance de la représentation du gouvernement français, alors qu’il résidait en Suisse, et particulièrement en 1825, quand il manifesta le désir de voyager en France avec sa femme. En octobre 1825, avant le retour de Lebas à Ausbourg pour rejoindre son élève, un rapport de surveillance renseignait à son sujet qu’il s’était rendu à Montreuil-sur-Mer, pour y voir son beau-père et ajoutait : « […] Le sieur Lebas a vu fréquemment pendant son séjour à Paris ses beaux-frères les sieurs Duplay, menuisiers, rue du Faubourg-Saint-Honoré n° 52, et Vautrin, fabricant de meubles, boulevard Saint-Antoine n° 57 et il a logé chez celui-ci depuis son retour de Montreuil. Il s’est présenté à plusieurs reprises chez M. le baron de Vaux, ex-intendant de la duchesse de Saint-Leu, sans avoir pu le rencontrer. On assure que M. Lebas n’a quitté sa résidence ordinaire que pour venir passer quelque temps dans sa famille et il ne paraît pas se livrer à des intrigues politiques. “Homme de lettres, dit-il, je m’occupe de ma profession, de l’éducation de mon élève, et les relations que ma position me met à même d’avoir avec des personnes d’un haut rang ne seront jamais que des relations de société.” » En décembre 1827, s’étant désormais fixé à Paris, il était professeur à l’institution Massin, 10, rue des Minimes. En juillet 1830, il était professeur. La chronique de l’époque parle de lui en ces termes : « La nation française avait consacré un monument à la sépulture de ses grands hommes ; un pouvoir, qui ne connaissait ni patrie ni grands hommes, en dénaturant la destination de ce monument, en avait en même temps effacé cette inscription aussi sublime que simple : Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Aujourd’hui que la France vient de reconquérir ses droits, et que la liberté lui a rendu des héros, le Panthéon doit revivre, protégé par la noble idée qui lui donna naissance. Si la liberté est le premier besoin de la patrie, la reconnaissance est aussi son premier devoir. Hier dimanche, 1er août, à midi, M. Lebas, fils du conventionnel de ce nom, professeur au collège Saint-Louis, M. Massot, avocat, M. Eric Bernard, artiste dramatique, et plusieurs de ses camarades ont rétabli cette inscription si chère à tous les cœurs, et inauguré un drapeau tricolore au-dessus du front de l’édifice. Le cortège, composé des 1re et 5e compagnies du corps national des étudiants, a été salué par des acclamations universelles ; une foule est venue se ranger sur la place du Panthéon, et au moment de l’inauguration de l’inscription, les drapeaux se sont inclinés, les tambours ont battu aux champs, et la foule a répondu par des cris mille fois répétés : Vive la liberté ! Vive la nation ! » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il signa, comme ex-capitaine de la 1re compagnie des étudiants, professeur au collège Saint-Louis, le certificat suivant en faveur de Seguin, Onésime, Edouard : « Nous, soussignés, certifions que M. Onésime, Edouard Seguin (de Clamecy, département de la Nièvre) élève de rhétorique au collège Saint-Louis, a combattu pour la liberté pendant les belles journées du 28 et 29 juillet 1830, notamment à la Grève et à la caserne des Suisses rue de Babylone, et qu’il a, jusqu'au parfait rétablissement de l’ordre, contribué, par un service non interrompu comme garde national, à organiser la victoire. » Il signa, le 10 août 1830, et comme « professeur au lycée Saint-Louis », le certificat suivant en faveur de Carles, Jean-Pierre : « Je, soussigné, ex-capitaine de la 1re compagnie du corps des étudiants, certifie que M. Carles, artiste lithographe, appartenant audit corps, a pris part aux journées des 27, 28 et 29 juillet, notamment à la prise du Louvre et qu’il s’est constamment fait remarquer par son amour pour la liberté et son zèle pour le maintien de l’ordre. » Il signa, le 17 août 1830 et comme « ancien aspirant de 1re classe, professeur au collège Saint-Louis », le certificat suivant en faveur de d’Eschavanes, Edouard : « Je, soussigné, ex-capitaine de la 1re compagnie du corps des étudiants, certifie que M. Jouffroy, Edouard, élève de l’Ecole normale, ex-élève de Marine, a contribué dans nos rangs aux belles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, notamment à la prise de la caserne rue de Babylone, où, seul, il a fait le service d’une pièce de canon, qu’il a fait partie du détachement envoyé sous mes ordres à l’expédition de Rambouillet et que, dans toutes ces circonstances, il a montré un zèle et un patriotisme dignes des plus grands éloges. » Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il fit une brillante carrière d’helléniste, épigraphiste, archéologue, maître de conférences à l’Ecole normale supérieure, conservateur adjoint à la bibliothèque de la Sorbonne, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, président de l’Institut de France. Il demeurait 27, rue des Sept-Voies avant son séjour de plusieurs années en Suisse, qu’il quitta vers 1825 ; 74, rue des Tournelles en 1827 ; à l’Ecole normale en 1831 ; 15, rue Féron sur les listes de la mairie in Archives de Paris, VD6 631 n° 1. La Gazette des tribunaux, 2 et 3 août 1830 ; Le Journal du commerce, 2 août 1830 ; La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 2 août 1830 ; Le National, 3 août 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Seguin, Onésime, Edouard ; Archives de Paris 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/7/6669 ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Carles, Jean-Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Jouffroy d’Eschavanes, Edouard. Il a sur Internet plusieurs biographies très complètes.

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