Leblanc, Joseph, Antoine
Biographie
Né le 7 mars 1790 à Besançon (Doubs), fils de Leblanc, Jean-Claude, imprimeur, et de Morel, Jeanne, Antoine, son épouse. Engagé volontaire le 2 mai 1807 au 4e régiment de hussard, brigadier le 1er septembre 1810, maréchal des logis le 25 février 1812, maréchal des logis chef le 24 septembre 1813, adjudant le 28 novembre 1813, sous-lieutenant le 27 mars 1814, décoré de la Légion d’honneur le 17 janvier 1815 ; il fit les campagnes de Prusse en 1807, d’Espagne en 1808, 1809, 1810, 1811, 1812 et 1813, de France à Lyon en 1814 ; il fut blessé d’un coup de feu à la jambe droite, d’un coup de sabre dans le dos, d’un coup de sabre au bras gauche, de deux coups de sabre sur la tête, deux coups de lance dont l’un à la zone droite et l’autre dans les testicules, un autre au-dessus de l’œil gauche, soit le 16 septembre 1808 à Vitrayas, le 26 décembre 1808 à Ancagnac, le 28 mars 1809 à Médelin, le 27 août 1810 à Torreblanca. Il fut réformé le 6 juillet 1814, du fait de ses blessures à la tête. Capitaine de cavalerie dans son dossier de la Commission des récompenses nationales. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il prêta, le 4 juillet 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 4 juillet 1831, et son brevet le 31 juillet de la même année. Pourtant, dans sa séance du 11 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, dressait le procès-verbal suivant à son sujet : « La parole est donnée à M. Brissot (voir Brissot-Thivars, Louis, Saturnin), qui rend compte des démarches qu’il a faites pour prendre des renseignements sur le sieur Leblanc. D’après les renseignements recueillis et sur l’offre faite par M. Dumoulin d’être confronté avec M. Leblanc, qui a appartenu à la police et sur la moralité duquel les rapports les plus défavorables sont répandus, le comité émet le vœu que le sieur Leblanc soit rayé de la liste des légionnaires de l’ordre spécial. » Puis, dans sa séance du 14 avril 1831, le même comité des renseignements ajoutait : « Le comité appelle l’attention de la Commission sur le sieur Leblanc. Cet individu est présenté pour appartenir à la police. On assure d’un autre côté que sa probité est très équivoque, que l’on pourrait obtenir sur son compte des renseignements positifs à l’administration du Phénix, où il était employé. » Puis, dans sa séance du 21 avril 1831, le même comité affirmait au sujet de Leblanc : « Radiation à demander (à l’unanimité), agent de police, 1820, voir le Phénix, Massio et Dumoulin. » Et aussi, cette simple mention Police, inscrite en face de son nom, sur une liste de décorés dont l’attribution d’une décoration faisait polémique. De la même manière, en 1837, électeur au IIe arrondissement de la Seine, il écrivit au maire du Ier arrondissement comme « Atteignant mes trente années de service, je tiens essentiellement à ce que mes états de service portent ma nomination de décoré de Juillet et la blessure que j’ai reçue à la figure le 29 juillet en combattant rue Saint-Nicaise. Comme je n’ai reçu de la mairie qu’un avis et ensuite ma croix, il convient de me faire expédier le brevet pour que j’ai la date. Quant à la blessure le fait est assez de notoriété et tous mes voisins de la rue de Rivoli le savent. » Sa demande fut l’occasion de la note suivante, dont on ne connaît ni l’auteur ni le destinataire : « Leblanc, ex-capitaine. M. Dumoulin (de la Bourse) affirme qu’il est à sa connaissance ainsi qu’à celle du colonel Mazeau (hôtel de l’Europe) que Leblanc à l’époque de la conspiration d’août 1820 appartenait à la police, qu’il était en rapports intimes avec le sieur Brivazac de Beaumont, inspecteur général de police, qu’il en recevait des gratifications, qu’il en a sollicité un traitement fixe, que ces faits ont été allégués à Leblanc, comme ayant été racontés par Dumoulin et qu’il n’a aucunement cherché à s’en justifier. Des renseignements pris au Phénix démontrent que Leblanc, qui a été agent de cette compagnie d’assurance, s’est conduit d’une manière très fâcheuse dans les missions qui lui ont été confiées. Enfin Leblanc est fort connu à Paris et il n’y a qu’une voix pour attaquer sa conduite et sa moralité. » Il mourut le 2 février 1865. Il demeurait 18, rue des Mathurins-Saint-Jacques en 1820 ; 42, rue de Rivoli en 1831 ; 9, rue du Marché-Saint-Honoré en 1837. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, état nominatif des citoyens qui n’ont pas retiré de la mairie les croix et les brevets de la décoration de Juillet ; Archives de Paris VK3 29 (cité trois fois), dont séance du 8 avril 1831, séance du 11 avril 1831, séance du 14 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Bulletin des lois, 7e série, tome XI, année 1820, p. 286 (un acte de société anonyme de la Caisse hypothécaire, dans lequel il apparaît comme Agent inspecteur de la compagnie française du Phénix, et demeurant 18, rue des Mathurins-Saint-Jacques) ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1515/11.