Lebleu, Jean-François

Biographie


Né le 17 août 1792 à Paris. Ancien sous-officier, comptant quatorze années de services, onze campagnes et six blessures. Menuisier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il sollicita de reprendre du service dans la cavalerie légère. En 1835, ayant deux enfants malades, venant lui-même de se fouler le bras, ayant été victime d’un vol, il sollicita des secours auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le commissaire de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Les motifs exposés par le sieur Lebleu […] sont réels. Cet individu est en effet dans l’impossibilité de travailler depuis plusieurs semaines. A ce malheur sont survenues les maladies de ses enfants, qui ont nécessité des dépenses extraordinaires. Lebleu a été arrêté sous l’inculpation d’avoir participé aux troubles du mois de juin 1832 ; mais, ayant été acquitté, il a reconnu depuis une partie de ses erreurs. Sa conduite postérieure a été exempte de blâme. Je suis d’avis, monsieur le maire, que Lebleu mérite, en ce moment, les effets de votre bienveillance. Sous le rapport de l’opinion publique, les secours que vous pourrez lui accorder seront considérés comme une marque d’oubli et de générosité politique. » Le préfet de la Seine confirma les informations recueillies par le préfet de police, témoigna, lui aussi, du « plus affreux dénuement » dans lequel Lebleu se trouvait et ajoutait : « Le commissaire de police du quartier du Temple rend même de cet homme un excellent témoignage et pense que la libéralité de l’administration à son égard ne peut avoir qu’un heureux résultat. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. Il devait toucher un secours de soixante francs en 1849, somme qu’il ne put toucher étant décédé avant le mois d’avril 1849 ; ce fut sa veuve qui le toucha ; elle reçut un secours de quarante francs et un autre de cinquante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de veuve d’un médaillé. Lebleu demeurait 10, rue de Crussol en 1830-1831 ; 7, rue de Ménilmontant en 1835 ; sa veuve, 24, rue de la Folie-Méricourt en 1849-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, lettre du 12 août 1831 du ministère de l’Intérieur, état n° 5 de vingt-six candidats proposés pour le grade de sous-officier dans l’armée ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Rapport au ministre, en date du 19 mai 1849, sur la proposition d’accorder à quatorze décorés, combattants, veuves de Juillet et sœur d’une victime de Juillet, domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de huit cent dix francs, minute 38 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852. Il y a dans Archives nationales F/1dIV/L/9 Récompenses honorifiques un Lebleu, Jean-François, demeurant 40, rue Neuve-Saint-Nicolas dans le faubourg Saint-Martin, qui sollicitait dans ces termes, le 30 septembre 1824 et auprès du roi, la décoration de la Légion d’honneur : « Fondant ses espérances sur l’extrême bonté de Votre Majesté, sortant du train d’artillerie de la garde royale avec un congé portant treize ans de service et sept blessures, faisant maintenant partie de la garde nationale, Ve légion, caporal de la 2e compagnie de grenadier su 2e bataillon, prend la respectueuse liberté d’exposer à Votre Majesté qu’étant en 1814 brigadier au 4e régiment de dragon de Monsieur, en garnison à Epinal (Vosges), vous avez daigné, Sire, l’admettre pour être inscrit pour obtenir la décoration de la Légion d'honneur, mais c’est le nommé Hyacinthe Malgras, trompette brigadier [qui] fut présenté à sa place. Cette circonstance n’eut lieu que parce que dans la manœuvre même le cheval du suppliant s’est abattu et qu’il eut le pied droit fracassé. Il ose espérer, Sire, que Votre Majesté daignant prendre en considération ses anciens services, ses blessures, elle aura la bonté de lui accorder la décoration pour laquelle elle avait bien voulu l’admettre. »

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