Lebon, Napoléon, Aimé
Biographie
Né le 4 février 1807 à Dieppe (Seine-Maritime), frère de Lebon, Louis, Charles, André et de Lebon, Olympiade. Négociant en 1831, étudiant en médecine en 1832. Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant les frères Lebon : « Quatre attaques avaient été dirigées sur le Louvre : la première par le Palais-Royal ; la seconde par la rue des Poulies, par la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois et par le quai de l’Ecole ; la troisième par le pont des Arts, et la quatrième par le pont Royal. La première était conduite par Lothon (voir Lothon, André, Charles), que nous avons, on s’en souvient, quitté à la hauteur de la rue Guénégaud. Frappé d’une balle à la tête, il était tombé évanoui sur la place du Palais-Royal. La seconde était conduite par Godefroy Cavaignac (voir ce nom), Joubert (voir ce nom), Thomas (voir ce nom), Bastide (voir ce nom), Degousée (voir Degousée, François, Joseph), Grouvelle (voir Grouvelle, Philippe), les frères Lebon (voir ces noms), etc. Ce fut elle qui prit le Louvre, comme on le verra tout à l’heure. La troisième était celle qui avait eu lieu par le pont des Arts : on connaît son résultat. La quatrième, celle de la rue du Bac, ne traversa le pont, en réalité, que lorsque les Tuileries furent prises. » Il fut blessé, le 29 juillet sur le pont Royal, d’un coup de feu qui lui traversa les deux jambes. Il fut soigné à l’hôpital de la Charité. Dumas cite aussi le nom de Lebon parmi ceux des combattants qui ont le plus contribué à la victoire de Juillet : « Ceux qui ont fait la révolution de 1830, ce sont ceux que j’ai vus à l’œuvre, et qui m’y ont vu ; ceux qui entraient au Louvre et aux Tuileries par les grilles rompues et les fenêtres brisées ; c’est, hélas ! – qu’on nous pardonne cette funèbre exclamation, la plupart d’entre eux sont morts, prisonniers, exilés aujourd’hui ! – c’est Godefroy Cavaignac, c’est Baude, c’est Degousée, c’est Higonnet, c’est Grouvelle, c’est Coste, Guinard, Charras, Etienne Arago, Lothon, Millotte, d’Hostel, Chalas, Gauja, Baduel, Bixio, Goudchaux, Bastide, les trois frères Lebon – Olympiade, Charles et Napoléon, le premier tué, les deux autres blessés à l’attaque du Louvre –, Joubert, Charles Teste, Taschereau, Béranger... Je demande pardon à ceux que je ne nomme pas et que j’oublie ; je demande pardon aussi à quelques-uns de ceux que je nomme, et qui aimeraient peut-être autant ne pas être nommés. Ceux qui ont fait la révolution de 1830 c’est cette jeunesse ardente du prolétariat héroïque qui allume l’incendie, il est vrai, mais qui l’éteint avec son sang ; ce sont ces hommes du peuple qu’on écarte quand l’œuvre est achevée, et qui, mourant de faim, après avoir monté la garde à la porte du Trésor, se haussent sur leurs pieds nus pour voir, de la rue, les convives parasites du pouvoir, admis, à leur détriment, à la curée des charges, au festin des places, au partage des honneurs. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il apostilla ainsi la lettre envoyée par Valsemey, Pierre, Guillaume à la Commission des récompenses nationales : « Séparé, le mercredi, par l’impossibilité de traverser certaines rues, de Valsemey et des amis, avec qui nous agissions depuis l’apparition des ordonnances, j’affirme néanmoins que toutes les choses dites ici par lui sont vraies. Valsemey, que j’ai vu longtemps tenir des livres de commerce, est capable de travailler dans une administration quelconque. » De la même manière, il apostilla ainsi la lettre envoyée par Valsemey à la Commission des Réclamants afin de faire valoir ses droits à la Croix de Juillet en remplacement de la simple médaille qu’il avait reçue : « J’atteste la vérité des faits énoncés dans cette lettre. Je désire que la décoration, qu’il a méritée autant qu’aucun de nous lui soit accordée. » Dans les Mémoires de Gisquet, préfet de police, le nom de Valsemey apparaît, comme membre, en 1831, de la Société des Amis du peuple. Le passage concernant Valsemey est ainsi rédigé : « Le 3 juin [1831], plusieurs d’entre eux écrivirent une lettre insérée dans les journaux, pour réclamer contre la fermeture de leur local et l’arrestation de leurs amis. Ces actes étaient à leurs yeux une violation des droits consacrés par plusieurs décisions du jury, qui, en pareilles circonstances, les avait déjà acquittés ; il y avait donc chose jugée ; la mesure qui les frappait était arbitraire, etc. Cette lettre était signe de MM. Rittier, Flatters, Petel, Mouteix, Adam, Plagniol, Cuvillier, Bernard, Lebœuf, Thirion, Duchatellet, Danton, Charles Madet, Félix Avril, A. Roche, Bravard, Cahaigne, Boulanger, Bergeron, Imbert, Fortoult, Ch. Teste, Lecomte, Dellecluse, Anglement, Aug. Caunes, Pascal, Sugier, Dumont, Aimé Lebon, Valsemey, Cangloff, Sabbatier. Comme on le pense bien, cette protestation n’arrêta point les magistrats dans l’instruction judiciaire ; deux procès furent dirigés à la fois : l’un contre les auteurs du bris de scellés, l’autre contre la société pour violation de l’article 291. Dès ce moment le club des Amis du peuple fut dispersé et dissous de fait, en attendant qu’il le fût de droit, ce qui n’eut lieu que huit mois plus tard, par arrêt de la cour royale. Les affiliés se joignirent aux sections créées sous différentes dénominations, et là, je le répète, ils étaient infiniment moins importants, moins dangereux, que dans la position qu’ils avaient prise : nous les retrouverons presque tous dans la société des Droits de l’homme. » Gisquet apportait cette précision sur Lebon, dans une note en bas de page (précision fautive, le conventionnel Lebon ayant été guillotiné le 16 octobre 1795) : « Parent de Lebon, conventionnel fameux par sa cruauté. » Lebon fut signalé, vers 1831, comme ayant été arrêté avec Recurt, Adrien, Barnabé, Athanase (voir ce nom). Il fut arrêté après le coup de pistolet tiré contre le roi, le 19 novembre 1832, sur le pont Royal, et la perquisition opérée à son domicile ne permit de saisir que « quelques écrits manuscrits où il est traité de matières politiques » selon une note de la justice. Il était inscrit au sommier judiciaire pour les faits suivants : « Conduit à La Force 1°) le 6 mars 1831 pour provocation à crimes, acquitté par arrêt de la cour d’assises le 13 juillet suivant. 2°) A Sainte-Pélagie le 4 février 1832 pour attentat, libéré le 15 du même mois. 3°) A Sainte-Pélagie le 3 juin 1832, pour bris de scellés et association, libéré le 13 juillet suivant. 4°) A Sainte-Pélagie le 26 novembre 1832 pour (motif absent sur le manuscrit), libéré le 4 décembre 1832. Il fut l’un des prévenus du procès d’avril 1835 qui s’évada de la prison de Sainte-Pélagie, en juillet 1835, avec la complicité du mouvement républicain. Son signalement fut ainsi communiqué par les autorités pour faciliter sa recherche et son arrestation : « […] Taille 1,76 m, nez long, bouche moyenne, cheveux et sourcils blonds, menton rond, visage ovale, teint haut, yeux bleus, teint ordinaire. » Il signa, le 9 novembre 1848, le certificat suivant en faveur de Raveau, Firmin, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, certifions qu’après notre évasion de Sainte-Pélagie en 1835 le citoyen Raveau, ingénieur, alors fonctionnaire à Dieppe, n’a pas hésité à se compromettre pour nous faciliter les moyens de passer à l’étranger et qu’il a été destitué par suite des démarches faites par lui à cet effet. » Le juillet 1849, il fut saisi chez lui : un passeport de Barcelone du 6 mars 1848 ; un carnet contenant des notes, noms et adresses ; une lettre politique ; un manuscrit ; un projet de symbole ; deux feuillets de la communauté des biens ; un cahier de notes politiques. Nous empruntons au Dictionnaire du mouvement ouvrier de Maitron, la notice biographique le concernant et ainsi rédigée : « Fils de Charles, Adrien Lebon, juge suppléant au tribunal civil, Napoléon fut d’abord étudiant en médecine à Paris et, dès 1826, semble avoir été en contact avec Buchez et les anciens des Amis de la Vérité, la Charbonnerie, puis avec Godefroy Cavaignac et la fraction républicaine de la Société Aide-toi le ciel t’aidera. Lors des journées de Juillet, il se battit en compagnie de ses deux frères Charles et Olympiade, qui fut tué. Lui-même fut blessé le 29 juillet, probablement lors de la prise du Louvre [pas de source citée...., N.D.A.], où Guinard fut le premier à hisser le drapeau tricolore. A l’issue des journées de Juillet, il participa aux activités des milieux étudiants. Il fut l’un des onze étudiants en médecine décorés de Juillet et s’associa plus tard aux protestations contre les conditions de l’attribution de cette distinction imposées par la monarchie nouvelle. Il est parfois cité comme étudiant en droit, mais en 1834, il était toujours étudiant en médecine à moins que, comme cela se pratiquait parfois à l’époque, il ne se soit inscrit aux deux écoles. Parallèlement il adhéra très vite à la Société des Amis du Peuple et lors d’un changement de bureau, en octobre ou novembre 1831, il en devint trésorier, représentant avec Auguste Blanqui et Alexandre Plocque, la minorité dure, une tendance plutôt jacobine et robespierriste, face à la majorité modérée composée de Raspail, Trélat, J.-L. Hubert et G. Cavaignac. Il soutint les propositions d‘Auguste Caunes à former des sections ouvrières, qui furent à l’origine de la Société des Droits de l’Homme et il participa à la création de la Société. Il appartint aussi au bureau de l’Association républicaine pour la liberté de la presse et la liberté individuelle. Il fut écroué à diverses reprises sans suite, tout étant bon pour le pouvoir dans le but de mettre fin aux activités de la Société des Amis du Peuple : le 16 mars 1831 pour provocation au crime (il demeurait 5, rue Corneille) ; en février 1832, à la suite du complot légitimiste de la rue des Prouvaires ; en mai, à la suite des émeutes bonapartistes ; enfin le 26 novembre à la suite de l’affaire du coup de pistolet. Lebon fut membre de la Société des Droits de l’Homme depuis sa fondation ; en avril 1833, il participa avec trente-six autres chefs de section à une rébellion à caractère démocratique et populaire contre le Comité directeur auquel les membres reprochaient de leur être inconnu et de se réserver une autorité absolue, ce qui provoqua une scission partielle de la Société, connue sous la forme de l’opposition entre le comité Lebon et le Comité Raspail. En août de la même année, Lebon entrait au Comité directeur encore tenu secret vis-à-vis du public mais non plus des membres, et il fut élu en novembre au nouveau Comité directeur, dont la composition fut rendue publique. L’opposition entre Lebon et Raspail (qui sortit de prison en avril 1833 et y rentra de nouveau en août) semble d’ailleurs avoir été moins une question de principe que de tactique. Le Comité de novembre représentait une direction de compromis et indépendamment de l’inclassable activiste de Kersausie, l’aile gauche néo-babouviste (Berrier-Fontaine secrétaire, Voyer d’Argenson, N. Lebon, J.-J. Vignerte, Delente, Audry de Puyravault), semblait l’emporter sur les Jacobins (G. Cavaignac président, A., J. Beaumont) et l’aile droite républicaine bourgeoise (Guinard, Recurt). Lebon était en outre membre d’un Comité d’action ou de propagande fondé au sein de la Société en septembre-octobre 1833 en compagnie de Buonarroti, Zael Efrahem, du tailleur Grignon, de Berrier-Fontaine, Félix Mathé, Jean-Jacques Vignerte et Voyer d’Argenson. A ce titre Berrier-Fontaine, Lebon, Vignerte et Mathé furent arrêtés le 8 décembre 1833 avec une dizaine d’ouvriers, dont le serrurier François Allard et le bonnetier Zéphir Seigneurgens, et inculpés avec Efrahem et Grignon déjà incarcérés “comme instigateurs des coalitions d’ouvriers” (Cabet), ce pour quoi ils furent condamnés en avril et octobre 1834 à des peines de trois et cinq ans de prison (Le Réformateur, 11 octobre 1834 et la Gazette des tribunaux, 15 octobre 1834). Il demeurait alors 27, rue Jean-de-Beauvais, avec J.-J. Vignerte et c’est chez eux que se tenait la réunion au cours de laquelle ils furent arrêtés. Leurs dossiers furent intégrés dans le vaste procès des accusés d’avril de la Cour des pairs où il fit partie du Comité de défense qui désigna les défenseurs républicains et où il réclama en vain la défense d’Hauterive, de Lille. Il fut en outre condamné par la Cour des pairs au procès des journées d’avril 1834, bien que déjà emprisonné lors du déroulement de ces événements. C’est à cette époque, entre la mi-décembre 1833 et la mi-avril 1834, qu’il rédigea à Sainte-Pélagie une série de tracts anonymes, connus sous le nom d’Aphorismes de Lebon, lithographiés à l’extérieur de la prison grâce à une filière de sortie de documents. Les lithographies originales des deux Aphorismes conservés, A ceux qui nous accusent et De la communauté des produits, se trouvent parmi les documents saisis le 26 mai 1835 chez le compositeur d’imprimerie Henri Stevenot ; ces pièces, après avoir été immédiatement utilisées dans l’instruction ouverte contre Stévenot, Quignot, etc., le furent de nouveau pour la préparation des actes d’accusation contre les participants au soulèvement de mai 1839 et de l’attentat du 15 octobre 1840 (affaire Darmès), ce qui en explique la présence dans les cartons d’un procès politique venu devant la Cour des pairs des années plus tard. Un autre de ces Aphorismes, non conservé et intitulé De la Communauté des biens, fut saisi lors d’une perquisition effectuée après les journées de juin 1849, au domicile de Lebon, 56, rue de la Cité. Incarcéré avec les accusés du procès d’Avril, il s’évada avec vingt-quatre autres le 12 juillet 1835 et fut condamné, par contumace, à la déportation, le 23 janvier 1836. Indésirable en Belgique comme nombre de ses compagnons, il poursuivit avec eux son périple jusqu’à Londres. Il y participa, peu après leur arrivée sans doute, à la création de la Société démocratique française. Dès 1837 en effet un journaliste allemand du nom de Jäger, qui participa à certaines réunions de l’organisation, précisait qu’on y débattait de politique, qu’on y refaisait le monde, qu’on introduisait la communauté des biens, etc. On sait peu de choses sur l’activité de Lebon de 1835 à 1848. Il est remarquable qu’à partir de son évasion en juillet 1835, Lebon ait plongé sinon dans la clandestinité, du moins dans l’anonymat ; on ignore par exemple jusqu’à son métier : la fiche de police établie le 10 décembre 1833 après son arrestation le déclare étudiant en médecine ; le Tableau synoptique des accusés d’Avril le dit étudiant, sans autre précision ; d’après les proclamations de 1848, il aurait été ingénieur. Il est vraisemblable qu’après des études de médecine, il dut chercher une autre formation pour vivre, d’abord à Londres où sa présence est attestée en 1836 et sans doute encore au-delà (il était encore vraisemblablement à Londres lors de la rédaction du Rapport sur les mesures à prendre à l’automne 1839). Après avoir cherché à s’établir en Belgique, il quitta Londres pour Jersey où il était en 1842 “depuis plusieurs années” selon un rapport de police. En février 1847, Theodor Schuster, ancien dirigeant de la Ligue des Bannis (Bund der Geächteten), lié d’amitié avec Charles Teste et devenu informateur des polices allemandes, parlait de Lebon comme d’un radical ou communiste parisien. Lors de la Révolution de Février, il était depuis une date inconnue en Espagne, comme l’atteste son passeport, établi le 6 mars 1848 à Barcelone et saisi avec ses autres papiers en juillet 1849. On peut de demander s’il n’était pas, vers le milieu des années quarante, parmi les informateurs révolutionnaires de la Société démocratique française et de l’Association communiste de formation ouvrière (Communistischer Arbeiter-Bildungs-Verein) à Londres sur les affaires d’Espagne (voir par exemple le compte rendu de Brunon Hildebrand sur la séance du CABV du 14 avril 1846). D’après Pascal Rhaye il était parti en Espagne après avoir refusé l’amnistie royale de 1840 des contumaces non amnistiés en 1837. Pendant la révolution, refusant une position offerte par le gouvernement provisoire, il fut ultérieurement élu délégué au Comité démocratique socialiste pour l’organisation des élections de 1849. Il collabora en avril-mai 1849 à l’Egalité, journal des campagnes. Il fut candidat aux élections législatives de mai 1849, ce qui devait être incompatible avec sa présence à la commission des vingt-cinq. Il collabora au journal de Raginel, l’Egalité. Dans un texte intitulé Rouge ou Blanc, (également paru sous forme de placard), il déclarait en conclusion : “Plus de juste milieu. Les partis sont tranchés, et leurs couleurs aussi : Républicain ou Monarchiste, Rouge ou Blanc. Que notre couleur soit le rouge ! et notre cri de ralliement Vive la République démocratique et sociale ! Compromis – à quel titre, on l’ignore – dans la journée du 13 juin 1849, il fut de nouveau condamné par la Haute Cour de Versailles à la déportation, le 13 novembre 1840. Et, après Doullens, il était encore à la forteresse de Belle-Ile en 1855, en compagnie de Blanqui, Commissaire, Langlois, Pilhes, etc., lorsque Delescluze y fut transféré à son tour. Il fut libéré en 1856, ayant obtenu sa grâce. On ne sait ce qu’il devint après cette date. Avec les Aphorismes, pour la première fois sans doute dans la pensée révolutionnaire, le domaine économique est abordé en termes d’analyse économique et non pas seulement et avant tout en termes moraux et politiques. L’exigence de “solution rigoureuse” dans l’analyse du “mécanisme de l’action sociale sur les matériaux élaborés par elle”, les diverses amorces d’analyse concernant la propriété “instrument de notre exploitation”, les conditions préalables à l’égalité sociale, la constitution de “valeurs surajoutées par la communauté des efforts”, l’éducation considérée comme un “capital social”, le débat sur “l’égalité de salaire”, présupposaient comme condition de l’action politique révolutionnaire à laquelle souscrivait Lebon une approche scientifique des problèmes économiques et sociaux. “Solution rigoureuse”, autrement dit analyse rationnelle et synthèse, ou approche scientifique des problèmes économiques et sociaux : voilà qui situe ce texte du socialiste néobabouviste Lebon dans la lignée de la “science sociale” formulée au début du siècle par Fourier, puis par Owen et les saint-simoniens – de la “science révolutionnaire” dira Marx – commune une nécessité pour qui veut entreprendre de changer la société. » Il demeurait 147, rue Saint-Martin en 1831 ; 27, rue Saint-Jean-de-Beauvais en 1833 ; peut-être 56, rue de la Cité en 1849 (in Archives de la préfecture de police AA 421, 1831-1833). Voir aussi Galois. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Révélations sur le coup de pistolet du 19 novembre 1832, par un des accusés du complot, Flocon, chez Levavasseur, Paris, 1832 ; Archives de Paris VD3 8 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Valsemey, Pierre, Guillaume ; Archives de Paris VD6 356 n° 5 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/9/683 dossier 2 (1831-1833) in dossier Recurt, Adrien, Barnabé, Athanase ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier veau, Firmin, François ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Valsemey, Pierre, Guillaume ; Archives de la préfecture de police AA 421, 1831-1833 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869 ; Mémoires de M. Gisquet, ancien préfet de police, écrits par lui-même, Paris, chez Marchant, 1840, tome 1, p. 172-173. In Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Billoret, Hyacinthe, devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février, Billoret, Hyacinthe, pour faire valoir ses droits, disait être connu d’un Lebon, Napoléon… c’est le même ?