Leclercq, Adrien, Constantin, Florent

Biographie


Né le 9 ventôse an VIII (28 février 1800) à Bapaume (Pas-de-Calais), fils de Leclercq, Guislain, Joseph, concierge de l’administration, et de Dupir, Constance, Josèphe. Tailleur d’habit et portier sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 288 n° 7. Il sortit de son domicile le 29 juillet, réussit à s’emparer du fusil d’un combattant blessé mais eut bientôt lui-même l’épaule gauche traversée par un coup de feu, rue de Rohan. Marié, père d’un enfant et sa femme prête d’accoucher, il reçut un secours de cent trente francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, comme blessé, cinq cent quarante-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il adressa, le 19 septembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « […] A l’honneur de vous exposer qu’il est sorti de chez lui en armes, le 28 juillet et s’est rendu à l’Hôtel de ville, à la prise duquel il a contribué, ainsi que peuvent l’attester le sieur Letrange, habitant la même maison que lui, qui l’a vu sortir armé, et le sieur Dazy, demeurant rue de la Ferronnerie, n° 29, à côté duquel il a combattu. Le lendemain, 29, il est allé prendre part aux combats qui se sont livrés au Louvre et aux Tuileries et dans les environs et a reçu dans la rue de Rohan une balle qui lui a traversé l’épaule gauche. Les nommés Cretigny, aujourd’hui garde municipal, et Lefebvre dit Ladouceur (voir ce nom), tous deux demeurant dans sa maison, peuvent attester le fait ; tout deux ont combattu avec lui et le dernier l’a ramené blessé jusqu’à sa demeure. La blessure qu’a reçue Leclercq n’a été guérie qu’au bout d’un mois et quoique les deux plaies qui en résultèrent soient aujourd’hui cicatrisées, les mouvements d’élévation du bras sont toujours difficiles et douloureux et il ne peut se livrer à aucun travail qui exige de la part de ce membre un effort un peu grand ou même un exercice modéré pour peu qu’il soit soutenu. Leclercq est marié à une femme d’une assez mauvaise santé et un enfant, et sur le point d’accoucher. Son travail suffisait à peine à ses besoins avant sa blessure puisqu’il avait été obligé de réclamer les secours du bureau de charité et qu’il était inscrit au rôle des indigents du (ancien) IVe arrondissement. » Signé : Lefebvre dit Ladouceur (voir ce nom), demeurant 10, rue des Fourreurs ; Letrange, demeurant 10, rue des Fourreurs ; Dazy, Pierre, Victor, Nicolas (voir ce nom), cordonnier, demeurant 29, rue de la Ferronnerie ; Cretigny. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 11 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Dazy, Pierre, Victor, Nicolas (voir ce nom), cordonnier (sic) demeurant 29, rue de la Ferronnerie ; Laurent, Charles, Louis, Joseph, marchand épicier, demeurant 17, rue des Fourreurs ; Roussel, Alexis, François, marchand de toile, demeurant 10, rue des Fourreurs. Ils attestèrent parfaitement connaître Leclercq, Adrien, Constantin, Florent « et savoir que ledit sieur Leclercq est sorti de son domicile le 29 juillet dernier pour combattre pour la liberté, qu’il s’est emparé d’un fusil d’une personne blessée et que ledit jour à la rue de Rohan lui-même a été blessé d’une balle qui lui a traversé l’épaule gauche ». Le 11 avril 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Guillot, François, Edouard, fabricant de voitures, demeurant 13, rue des Fourreurs ; Mavré, Pierre, André, rentier, demeurant 10, rue des Fourreurs ; Manbour, Joseph, tailleur, demeurant 10, rue des Fourreurs. Ils attestèrent bien connaître Leclercq, Adrien, Constantin, Florent et que ce dernier, marié et père de deux enfants n’avait « d’autres moyens pécuniaires que son travail qui est loin de suffire à son existence et au soutien de ses enfants et de sa femme, qui est infirme ». Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Leclerc, Adrien, Constant in Archives de Paris VD6 3 et sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel, sous celui de Leclerc, Adrien, Constantin, Florentin in Archives nationales F/1dIII/39). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 27 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à l’épaule du côté gauche, de sa partie antérieure et supérieure immédiatement au-dessus de la partie moyenne de la clavicule vers le bord supérieur du scapulum, blessure cicatrisée mais avec paralysie incomplète et atrophie légère du membre supérieur du même côté. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné (sous le nom de Leclerc, Adrien, Constantin, Florentin sur les listes du Moniteur universel) de cinq cents francs. Il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cent francs. Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 10 août 1831. Il comparut, le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement pour attester connaître parfaitement Crespin, François, Joseph, et « savoir que le 29 juillet dernier ledit sieur Crépin est sorti de son domicile armé d’un fusil, un sabre et un pistolet pour combattre pour la liberté et que ledit jour à la porte du Louvre il a été blessé d’une balle à l’épaule gauche ». Il fut un des décorés de Juillet qui signèrent, en septembre 1831, la pétition envoyée par Arrachart, Louis, Jules, Benoît, pour recouvrer les droits à la décoration, dont il avait été privée par une malveillance de Delanoy, commissaire à la Commission des récompenses nationales, et qui l’accusait d’intempérance. Cette pétition était ainsi rédigée : « […] S’est particulièrement distingué aux mémorables journées, où il fut blessé. […] Le jury a reconnu que par son patriotisme et son courage à combattre il a mérité la médaille ; mais, lui imputant calomnieusement l’habitude de se livrer à un usage immodéré de la boisson, a déclaré n’y avoir lieu à la lui accorder. Pour justifier que cette dernière circonstance est contraire à la vérité, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement et autres attestent ici que l’exposant a droit au signe des braves, l’ayant vu combattre et ayant été blessé, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui reproche. Daignez, M. le ministre interposer votre autorité et faire opérer au dossier la radiation d’un fait injurieux et préjudiciable, qui n’y a été porté qu’à la suite d’une altercation entre le réclamant et M. Delanoy, alors commissaire à la Commission des récompenses nationales. Cet acte de justice de votre part n’échappera pas plus à la connaissance du roi qu’à l’opinion publique. » En 1834, père de quatre enfants, dont l’aîné n’avait que cinq ans, sa femme infirme « sans ouvrage depuis plus de deux mois et ne sachant comment payer [sa] location ni savoir comment donner du pain à [ses] pauvres enfants », il sollicita des secours. Il avait épousé Balta le 17 décembre 1827 à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement de Paris, et deux de ses enfants, nés à Paris, se nommaient Louis, Constantin, né le 29 juillet 1829, et Guillain, Florimond, né le 27 janvier 1831. Il demeurait 10, rue des Fourreurs en 1830-1831 ; 7, rue de la Grande-Triperie en 1834. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 32 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 35 (sous le nom de Leclerc, Adrien, Constant) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 84 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Arrachart, Louis, Jules, Benoit ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Crespin, François, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, blessés de la 4e classe.

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