Lécluse, Antoine, François

Biographie


Né le 24 décembre 1797 au Mesnil-Raoult (près de Saint-Lô) (Manche). Ancien militaire, devenu couvreur. Il sollicita, au retour d’un voyage qu’il avait effectué en Normandie en août 1833, la décoration de Juillet : « […] Le mardi 27 juillet, étant à travailler, je fus instruit, l’après-midi, de rassemblements qui se faisaient dans Paris. Etant passé par la rue des Bourdonnais et ne faisant aucun acte offensif, cela n’empêcha pas un gendarme de me maltraiter, ce qui fut cause que je me mêlai dans les groupes de mécontents. Nous [parcourûmes] le milieu des Halles et la rue Saint-Martin jusqu’au Temple pour avoir des armes et, rue du Temple, chez un M. Duclos, gros marchand de nouveautés, j’obtins un morceau de mousseline pour faire un drapeau tricolore, que je mis au bout d’un bâton pour nous rallier tous ensemble ; c’était dès le mardi au soir. A 10 heures, je rentrai chez moi. Le mercredi après-midi sur les 1 heure, des soldats de la garde passèrent rue de la Monnaie près le Pont-Neuf. Comme je suis couvreur j’étais monté avec d’autres personnes sur les toits et là nous fîmes tomber plus de deux toises de tuiles sur les gardes royaux. A environ 4 heures du soir, je me rendis place du Châtelet où il tomba six soldats suisses sous les balles des citoyens. Là, je m’emparais d’un fusil et de seize cartouches que je ne tardais pas à envoyer à la place de Grève du coin de la rue de la Vannerie où j’étais. Je revins à la place du Châtelet, où j’aidais à désarmer un cuirassier et je reçus une légère blessure au bras gauche près de la main, et qui est toujours visible et, de plus, M. Labaraque, chevalier de la Légion d’honneur, pharmacien rue Saint-Martin chez lequel j’aidai, malgré mon petit accident, à porter un autre beaucoup plus blessé que moi. Il nous mit un linge et de l’onguent dessus. Je voulus payer, il refusa en disant qu’il était français comme nous ; il n’a sans doute pas oublié cela. Le jeudi, malgré les cris et les pleurs de mon épouse, je retournai encore où était le danger. Sur le quai proche l’Institut et ensuite à la caserne de Babylone. Là, sous les balles des Suisses, j’aidai à porter de la paille au pied des portes de la caserne, à laquelle on mit le feu. Après la prise de la caserne, je travaillai avec les pompiers à faire marcher la pompe pour éteindre le feu […]. » Sa demande ayant été présentée trop tardivement, il lui fut répondu qu’il ne pouvait y être donné suite. Il demeurait 44, rue des Vieilles-Tuileries dans le faubourg Saint-Germain en 1833. Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Callet ; Archives nationales F/1dIII/62.

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