Lecocq, Louis, Octave, Amédée

Biographie


Né le 17 janvier 1788 à Paris. Ancien auditeur au Conseil d’Etat, redevenu avocat sous la Restauration. Il donnait, lui-même, les indications biographiques suivantes : « Depuis 1808, j’ai consacré les plus belles années de ma vie au service de l’Etat. J’ai débuté comme secrétaire particulier du cabinet lorsque Salicetti réunissait les ministères de la Police et de la Guerre du royaume de Naples. A sa mort, j’ai été nommé auditeur au Conseil d’Etat de l’Empereur et j’ai été chargé de diverses fonctions administratives tant en Italie qu’en Allemagne. J’ai ensuite été attaché comme auditeur à la préfecture de police sous M. Pasquier. De là, je passai à Lubeck, en qualité de commissaire spécial de police. Je fus plus tard nommé président de la Commission de liquidation des villes hanséatiques ; puis intendant des principautés d’Oldenbourg et Lingen. En 1813, je fus de nouveau chargé de la police générale à Hambourg et Lubeck et grièvement blessé à Lubeck lorsque le 25 février, après avoir sauvé au péril de ma vie toutes les caisses publiques, je voulus calmer l’effervescence séditieuse et ramener à l’ordre une population égarée, que l’approche des Russes avait enhardie. Rentré au Conseil d’Etat pendant les Cent Jours, on me confia diverses missions importantes et je fus chargé par l’archichancelier de faire un travail préparatoire pour la révision des lois organiques de l’Empire. M. Carnot m’avait présenté pour une préfecture lorsque la bataille de Waterloo vint interrompre ma carrière. Mes opinions politiques parurent trop libérales au gouvernement royal, je fus éloigné de toutes fonctions publiques. » Il adressa, le 30 août 1830, à la Commission des récompenses nationales un Rapport sur la conduite de M. Lecocq pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ainsi rédigé : « Après avoir été le triste témoin de ce qui s’était passé le 27 juillet sur divers points de la capitale, ayant reconnu l’urgence d’une réorganisation de la garde nationale, M. Lecocq s’occupa, toute la journée du 28, à faire confectionner des barricades sur les boulevards, la rue du Mont-Blanc et tout le quartier de la Chaussée d’Antin et à les placer sous la garde des citoyens du (ancien) IIe arrondissement qui s’étaient armés pour le maintien de la tranquillité, de concert avec lui. Le 29 juillet, à 9 heures et demie environ, vingt-cinq à trente individus ayant enfoncé la boutique d’un marchand d’armes de la rue du Mont-Blanc parcoururent ce quartier en cherchant à exciter au pillage des banquiers et des diverses caisses ; le besoin de prévenir des désordres me détermina à inviter quelques citoyens à se vêtir de leurs uniformes de garde national et à venir avec moi à la mairie, pour solliciter du maire, en raison de la gravité des circonstances, une autorisation pour que la garde nationale de notre arrondissement puisse se montrer en uniforme et en armes. Le maire, M. Petit, me répondit qu’il ne pouvait pas accéder à notre demande, qu’il avait pris à ce sujet les ordres de M. de Chabrol et que ce dernier lui avait répondu que le résultat des mesures prises par le gouvernement devait amener le rétablissement de la tranquillité et que l’on avait des ordres pour que vers les deux … illisible, on déployât des forces suffisantes qui rendraient la présence de la garde nationale, inutile. Oui ! on veut nous assassiner pour le bon plaisir de M. de Polignac ! nous sommes nous tous écriés, C’est ce que nous ne voulons pas et vous devez, comme autorité municipale vous entendre avec l’autorité militaire pour nous faire respecter. Je ne puis pas sortir de mes attributions, nous répondit le maire. J’approuve votre dévouement comme simple particulier mais, comme maire, je ne puis vous donner aucune autorisation et je crains bien que vous ne soyez pas respecté par l’autorité militaire. Je redescendis rendre compte de cela à mes concitoyens qui, au nombre d’environ cent cinquante, étaient restés en bas à nous attendre. Notre parti fut bientôt pris, nous plaçâmes un poste à la mairie, un autre au bout de la rue d’Antin, en face le marché, où se trouvait une compagnie de la ligne. L’officier qui commandait ayant fait contre nous un mouvement hostile, je me hâtais d’aller seul à sa rencontre pour l’inviter à se rendre avec moi à la place Vendôme près de l’autorité militaire pour faire respecter la garde nationale. Le colonel Aloüs, qui commandait là, donna effectivement l’ordre de la respecter si elle ne tirait pas sur la ligne. Je rendis compte de cela à nos concitoyens, dont le nombre pendant mon absence avait été plus que doublé et qui avaient déjà arboré le drapeau tricolore à la mairie et sur toutes les barricades de notre arrondissement. Le poste de la rue d’Antin et celui de la mairie a été respecté par la troupe de ligne, il n’en a pas été de même des postes de la rue du Mont-Blanc, qui ont été attaqués par la garde royale mais sans succès. Ces faits se trouvent confirmés par la lettre que M. Petit m’a écrite le 27 août. » Cette lettre confirmait en effet qu’il s’était présenté le mercredi 28 juillet à la mairie du (ancien) IIe arrondissement, afin d’obtenir le rétablissement de la garde nationale. Il sollicita d’être réintégré au Conseil d’Etat, comme maître des requêtes. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (par erreur sous le nom de Lecocq, Octave, Alexandre sur les listes du Moniteur universel, sous le nom de Lecoq, Octave, Amédé sur celles du Bulletin des lois et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Lecocq, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François , Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Il fut aussi l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il prêta son serment de décoré de Juillet en mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 21 juin 1831, et son brevet le 29 février 1832. Des renseignements de police recueillis sur son compte, le 30 janvier 1831, rapportaient à son sujet les informations biographiques complémentaires suivantes ; « […] Il vient de joindre à sa fortune particulière un héritage provenant du décès de sa mère. Il est marié depuis environ une dizaine d’années et père de deux enfants mâles. Il jouit d’une considération distinguée, il est le beau-frère de deux pairs de France [les généraux Compans et Ruty, N.D.A.]. Je crois qu’il est question de lui dans les derniers volumes des Mémoires de M. de Bourrienne, ministre de l’Empire près des villes hanséatiques. » Il demeurait 57, rue du Mont-Blanc (autre nom du 57, rue de la Chaussée-d’Antin) en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Lecocq, Octave, Amédée) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment (il signe bien du nom de Lecocq, en face de ses prénoms Louis, Octave, Amédée), idem état nominatif des citoyens qui n’ont pas retiré de la mairie les croix et les brevets de la décoration de Juillet (liste sur laquelle son nom est rayé) ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 47 (sous le nom de Lecocq, Amédée, Octave) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement. Il est dans Archives nationales F/7/3573 demandes de passeport (1793-1818). In Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Dubourg, Frédéric, il était sans doute un des signataires, comme fondateur et secrétaire, avec Dubourg, Frédéric (voir ce nom), Delaberge (voir ce nom ?), Cogniard, Hippolyte (voir ce nom), Mendez (voir Mendez, Théodore, Auguste), Roger (c’est lequel ?), Pierquin (voir sans doute Pierquin, Claude, Charles ?), Patonnelle ou Patounelle (c’est qui ?), Berteloite (voir Berteloitte, Henri, Louis) de la proposition faite, après la Révolution de Février, de la création d’une Association agricole de la légion nationale, chargée d’employer les décorés de Juillet, ou les blessés, ou leurs enfants à des travaux agricoles dans des établissements créés pour eux et qui devaient leur procurer des moyens d’existence (voir les statuts à Dubourg, Frédéric) ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.