Lecomte de Joigny, Louis, André

Biographie


Né le 1er octobre 1787 à Mondésir (Seine-et-Oise). Administrateur (dont des Messageries générales de France en 1823 et du Théâtre du Vaudeville en juillet 1830). Il fournit, le 11 septembre 1830, à la Commission des récompenses nationales le passage suivant, extrait de la Biographie nouvelle des contemporains et le concernant, au moment de faire valoir ses droits à la décoration de Juillet : « […] Dès sa jeunesse, il se destina au barreau, et obtint à Joigny, pendant près de dix années, beaucoup de succès et une réputation de désintéressement justement méritée. Il se signala, lors de la première invasion, par un trait de courage digne d’être remarqué : le général Alix soutenait, dans la ville de Sens, avec une poignée d’hommes et une valeur héroïque, le siège de plus de dix mille cosaques et Wurtembourgeois. Toute communication était interceptée entre cette ville et Joigny ; les bruits les plus alarmants circulaient ; l’on regardait toute défense comme inutile. Pour sortir de cet état d’incertitude, M. Lecomte part seul de Joigny, traverse le camp ennemi, et, après mille dangers, parvient à entrer dans Sens, où il a une longue entrevue avec le général Alix, qui lui donne des instructions très détaillées et le charge d’un plan de défense pour un général français qui commandait a Auxerre. M. Lecomte quitte Sens à 10 heures du soir ; mais à peine a-t-il fait une demi-lieue, qu’il est cerné de toutes parts, et bientôt au pouvoir d’un détachement de cosaques, qui tiennent constamment la lance en arrêt sur lui. Conduit devant l’hetmann Platow, il est interrogé, fouillé, déshabillé ; il va payer de sa vie la découverte des papiers dont il est porteur, lorsque le sang-froid qu’il montre ôte tout soupçon, met fin aux recherches et lui donne le moyen d’arriver au terme de sa mission. Nommé, pendant les Cent-Jours, en 1815, maire de Joigny, M. Lecomte montra dans ses nouvelles fonctions un zèle, un dévouement et une impartialité qui lui acquirent l’estime des personnes mêmes qui ne partageaient pas ses opinions politiques. A la seconde Restauration, il fut compris dans les mille cinq cents épurations qui eurent lieu dans le département de l’Yonne. En 1822, M. Lecomte fut prévenu d’avoir pris part à une conspiration et arrêté dans son domicile, à Joigny, par quatorze personnes. Examen fait de tous ses papiers, il fut traduit dans les prisons de Joigny, où il resta soixante-trois jours sous le poids d’une accusation capitale ; mais les charges élevées contre lui ayant paru insuffisantes à la chambre d’accusation de Paris, il fut mis en liberté. Quelques jours après, et par un acte dont les annales judiciaires conserveront le souvenir, M. Lecomte fut destitué de ses fonctions d’avoué. A cette occasion, le barreau de Paris montra beaucoup de courage et d’indépendance ; il s’éleva contre cette mesure, et rédigea un mémoire où les représentations les plus énergiques furent adressées à l’autorité, qui n’y eut aucun égard. M. Lecomte a trouvé, dans l’opinion publique et dans les spéculations commerciales auxquelles il s’est livré depuis, un dédommagement à ses malheurs. » Il ajoutait l’exposé suivant de sa conduite pendant les trois journées de Juillet : « […] Avant la révolution de 1830, et pendant quinze années consécutives, j’ai constamment travaillé à renverser l’affreuse tyrannie sous laquelle nous avons vécue et j’ai manqué payer de ma tête mon ardeur patriotique. […] Le 28 juillet, dans la matinée, j’ai distribué des armes de toute espèce et des uniformes à plus de trente citoyens. J’ai pris le tout au Théâtre du Vaudeville, dont je suis administrateur et j’ai passé la caisse, qui contenait ces armes et ces uniformes, au milieu des plus grands dangers et à travers la garde royale qui m’entourait de toute part. Le 28, j’ai parcouru toutes les rues de Paris à cheval, donnant et transmettant des ordres utiles et encourageant de mon exemple tous les citoyens armés. J’ai essuyé, dans la rue d’Antin, le feu de plus de deux cents hommes de troupe de ligne et je n’ai échappé que par miracle à ce danger. Ce même jour, j’ai soutenu et repoussé la fusillade de la rue Saint-Denis et du boulevard Bonne-Nouvelle. Le 29, j’ai combattu au Louvre et aux Tuileries, où j’ai pénétré l’un des premiers. J’étais à l’Hôtel de ville avant même le général Dubourg. J’en ai fait enfoncer les portes et c’est moi qui, le premier, ai reçu le général Lafayette. Bientôt, je fus nommé secrétaire de la Commission municipale, qui a rendu de si éminents services, et j’en ai rempli les fonctions jusqu’à sa dissolution. J’ai écrit et rédigé les mesures énergiques prises par cette autorité. S’il en est besoin, j’invoque le témoignage de MM. le général Lafayette, Audry de Puyraveau, Baude, le général Joly, Tissot, Hailig notaire, Trélat médecin, Arago, Teste et dix autres citoyens recommandables. Si de tels faits méritent une récompense, je réclame la croix d’honneur ; c’est le seul et le plus beau titre qu’un Français puisse ambitionner. Déjà Napoléon me l’avait promise en 1815 à son passage à Joigny quand j’étais maire de cette ville. Les événements seuls ont empêché cette solennelle promesse de s’accomplir. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) iIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il apostilla ainsi une demande d’emploi présentée par Delisle, André, Pinguet : « Je recommande avec le plus vif intérêt à la bienveillance de M. le préfet de police le pétitionnaire, comme un bon patriote et un homme probe et intelligent. » Sa veuve est indiquée pour avoir reçu, comme veuve d’un ancien condamné politique, un secours de soixante francs en décembre 1833, un secours de soixante francs en janvier 1834. Il demeurait 32, rue Hauteville en 1830 (dans par exemple la lettre qu’il signe in Archives de Paris VD3 1-2) 7, rue Hauteville en 1831. Biographie nouvelle des contemporains ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leur actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France soit dans les pays étrangers, tome onzième, par Arnault, Jay, Jouy, Norvins et autres, Paris, Librairie historique et des arts et métiers d’Emile Babeuf, 1823, pp. 214-215 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement, liste des décorés de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de janvier 1834 ; Archives de la préfecture de police AA 384 in dossier Delisle, André, Pinguet ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de décembre 1833 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées pour le mois de janvier 1848 aux condamnés politiques de la Restauration qui résident à Paris (pour une somme de soixante francs) ; Mémorial de l’Hôtel de ville de Paris, Hippolyte Bonnellier, ancien secrétaire de la Commission municipale gouvernement provisoire, Paris, Houdaille, 1835, p. 156 (où il est dit décédé en 1835).

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.