Lecomte, Frédéric, Basile
Biographie
Né le 3 janvier 1800 à Domfront (Orne). Maçon. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Frédéric, Bazile Lecomte, ouvrier maçon faisant partie de l’atelier chargé des constructions de ma maison, s’est distingué dans les glorieuses journées des 28, 29 et 30 juillet et qu’il n’a quitté les armes que le 3 août pour retourner à ses travaux. » Signé le 20 août 1830 : Baudré, A., demeurant 13, rue Bertin-Poirée. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, attestons que nous avons vu le nommé Lecomte, Frédéric, maçon, se battre, premièrement rue Saint-Antoine et ensuite à la Grève, où il a montré en combattant un courage au-dessus de tout éloge. Le 29, nous l’avons vu au Louvre et aux Tuileries, où il a combattu avec un courage vraiment héroïque et qu’il a encouragé les braves défenseurs de la liberté en les encourageant par son ardeur à combattre. Depuis il a été à Sèvres le 31 et le 2 il s’est rendu à Versailles et toujours pour la cause de la liberté. » Signé, le 10 novembre 1830 : Lucas (voir Lucas, Michel), demeurant 90, rue de la Mortellerie ; Gazengel (voir lequel des deux ?), blessé, demeurant 90, rue de la Mortellerie. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin, et son brevet le 10 septembre 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1843, il cosigna (sous le nom de Leconte, Frédéric et avec pour les noms lisibles : Laplace, Napoléon, Gueroult, Louis, Guillot, Victor, Langeard, Jean, Leroux fils, Leroux père, Gallet, Mayer, Beauregard, Jean-Marie, Leroi, Richer, Charles, Hauplon, Hebert, Jacques, Heuzet, Jean, Laîné, Georges, Brasseur, Hanri, Renard, André, Philppot), la lettre suivante adressée au ministre de l’Intérieur : « Monsieur le ministre,
»Les soussignés, décorés et médaillés de Juillet, demeurant dans plusieurs communes de la banlieue, ont l’honneur de soumettre à votre équité la réclamation suivante.
»Depuis 1830, la Chambre des députés a voté annuellement des fonds pour être répartis entre les membres de la décoration de Juillet domiciliés dans le département de la Seine. Depuis plusieurs années aussi, cette répartition n’a pas atteint les décorés de la banlieue et n’a uniquement été affectée que pour ceux de la Ville de Paris, ce dont on a lieu d’être étonné.
»En effet, les habitants de la banlieue, dans les trois mémorables journées de Juillet, ont accouru les premiers pour la défense des libertés publiques et après avoir arrosé de leur sang les pavés de Paris, n’ont regagné leurs foyers qu’après le triomphe complet des nouvelles institutions.
»Parmi les soussignés, la majeure partie occupe des grades dans la garde nationale et n’a cessé de donner des preuves constantes de son attachement à la dynastie actuelle au milieu des émeutes qui à de fatales époques ont surgi dans la capitale.
»Loin de la pensée des soussignés, monsieur le ministre, d’élever la voix dans un but de sordide intérêt ; mais, cependant, plusieurs des pétitionnaires, père d’une nombreuse famille, guidés par l’unique ambition d’être utiles à leur pays et ayant sacrifié alors leur future position, qu’ils n’ont pu parvenir jusqu’à ce jour à améliorer, ont dû compter sur les bienfaits du gouvernement, du moment surtout que les chambres législatives sanctionnent annuellement par le vote de fonds spéciaux l’héroïque dévouement des habitants de la Seine et impriment à leur noble conduite le sceau de la reconnaissance et de l’admiration.
»Les soussignés élèvent aussi la voix, monsieur le ministre, sur une distinction qui ne leur paraît pas en harmonie avec la légalité des récompenses dont ils ont été l’objet. Parmi eux, plusieurs n’ont obtenu que la simple médaille de Juillet au lieu de la décoration et cependant leur dévouement et leur noble courage au milieu du feu des trois journées les rendaient tous égaux à l’obtention de la même décoration. Ils osent espérer, en conséquence, monsieur le ministre, que vous daignerez autoriser les simples décorés de la médaille à faire briller sur leur poitrine la croix même de Juillet car le sang des premiers s’est mêlé à celui des derniers et a coulé pour la même cause. » Il demeurait 25, rue Royale à Sèvres (Seine-et-Oise) en 1830-1831. Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VK3 47 (deux dossiers à son nom) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/9/1155 in dossier Laplace, Napoléon, Pierre, François. Pourquoi n’est-il pas ailleurs, sur les listes du Bulletin et sur celles du Moniteur ? Il est sous quel nom ?