Lecoq, Augustin
Biographie
Né vers 1897. Charpentier, il aurait travaillé chez Peron, maître charpentier, 6, rue du Petit-Vaugirard, hors la barrière. Il fut peut-être tué dans les combats ; son corps ne fut jamais retrouvé ni son décès constaté. Sa concubine – sans que d’ailleurs la liaison pût être parfaitement établie –, Legrand, Marie, Constance, Mélanie, née le 24 décembre 1798 à Abbeville (Somme), mère de quatre enfants (dont peut-être tous n’était pas de Lecoq), reçut un secours de deux cent quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, huit cent cinq francs et soixante-dix centimes (mais six cent quatre-vingts et soixante-dix centimes in Archives nationales F/1dIII/38 A) de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, puis sollicita auprès de la Commission des récompenses nationales. Elle avait obtenu un passeport d’indigent pour se rendre à Paris, avec un enfant qui tétait encore sa mère, pourvue d’un secours de trois sols par lieue. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Les renseignements de police recueillis sur Marie Legrand furent particulièrement défavorables : « Les renseignements recueillis et les informations prises avec le plus grand soin ne dissipent point les doutes qu’a fait naître la disparition mystérieuse du nommé Lecoq, ouvrier charpentier, qui d’après les dires de la nommée Legrand, aurait vécu maritalement avec elle depuis dix ans, aucun des anciens et nouveaux voisins, rue de la Lingerie n° 3 et 5 ne se rappelle avoir connu ni vu ledit Lecoq ; tout ce qu’on peut dire c’est que la nommée Legrand a demeuré en effet pendant six mois dite rue de la Lingerie n° 3, mais jamais Lecoq n’a été même aperçu se rendant chez elle ; il est tout à fait faux qu’il ait logé n° 5, où son nom même est inconnu. Dans la maison, se trouve encore une dame Elie, chez laquelle allait fréquemment la nommée Legrand ; cette dernière lui faisait ses confidences et cette dame, consultée, déclare n’avoir jamais connu personnellement cet ouvrier mais seulement sur ce que lui disait sa compagne. Elle ajoute savoir que la nommée Legrand est un enfant trouvé, qu’elle sort de l’hospice de la Bourbe, qu’elle l’a toujours connue fort intrigante et qu’elle ne serait point étonnée que pour recevoir de l’argent elle eût usé de stratagèmes ; qu’elle venait quelquefois la voir lorsqu’elle arrivait de Pontoise, sa résidence actuelle et que déjà plusieurs fois elle lui avait fait observer que ses voyages réitérés lui occasionnaient des frais, qu’elle éviteraient si elle se fixait à Paris. Certainement non, lui avait répondu la nommée Legrand, je ne suivrai pas vos avis en cette circonstance parce que j’ai des raisons majeures pour résider à Pontoise, j’y suis près de et avec ce que j’aime. D’où la dame Elie conclut, et peut-être avec fondement, que Lecoq est avec elle à Pontoise. D’autre part il paraît que ce dernier avait contracté engagement pour remplacer son frère, dit-on, et c’est à Saint-Denis qu’aurait été passé l’acte ad hoc. En analyse, personne n’a connu Lecoq rue de la Lingerie, où jamais il n’a demeuré. Le sieur Perron, maître charpentier, demeurant rue du Petit-Vaugirard n° 19, hors boulevard, répond n’avoir occupé Lecoq que deux jours, qu’il sortait de faire cette année au service militaire mais qu’il ne le croit pas mort que s’il avait des intimités avec la nommée Legrand ce ne pouvait être que depuis peu de mois, qu’enfin cette femme avait trois enfants, qui ne pouvaient être de lui et que le langage et les manières de la femme Legrand lui avaient toujours paru au moins suspects. Les recherches faites aux maisons garnies, au bureau des livrets, comme aux passeports ne font connaître aucune trace de la présence même antérieure de Lecoq à Paris. Enfin la mère des ouvriers charpentiers, demeurant à La Villette n° 167, et grand nombre d’ouvriers répondent ni jamais avoir connu ni eu pour camarade ledit Lecoq. » On trouve dans son dossier les deux certificats suivants. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, maire de la ville de Pontoise, soussigné, certifions que la nommée Mélanie Legrand, se disant veuve Lecoq, l’une des victimes de juillet, laquelle, originaire du département du Nord, est restée à Pontoise depuis le 27 avril 1830 jusqu’à ce jour, avec ses enfants en bas âge ; que sur la demande expresse qu’elle nous en a faite nous aimons à penser qu’elle a vécu dans un état de solitude pendant tout ce temps, aucun rapport ne nous ayant été fait contre sa moralité. » Signé, le 22 octobre 1831. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, maire de la ville de Pontoise, soussigné, certifions que la nommée Mélanie Legrand est restée à Pontoise depuis le 27 avril 1830 jusqu’à ce jour, et que pendant ce temps aucun rapport ne nous a été fait contre sa moralité. Cette femme, se déclarant veuve de l’une des victimes de juillet et disant se rendre dans le département du Nord, où elle espère pouvoir se procurer les titres nécessaires pour établir ses droits à une pension, nous ne pouvons qu’inviter les personnes qui pourraient l’aider dans ce voyage ; elles feraient véritablement un acte de charité. » Signé, le 27 septembre 1831. Son dossier était ainsi apostillé : « La femme Legrand vient d’être relaxée sous la condition de ne plus reparaître dans les bureaux du ministère pour l’affaire en question, tant que l’affaire sera dans la même position ; si jamais elle y remet les pieds, contrairement à cette injonction, la faire garder à vue par un garçon de bureau et nous en donner immédiatement avis (au commissariat de police du quartier, rue Vaneau, n° 8. » La Commission des récompenses nationales rejeta la demande de pension, parce que Lecoq n’était pas mort et qu’elle avait reçu de mauvais renseignements de la part de la police. Elle apparaît cependant comme ayant reçu, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de trois cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Elle fut en effet et curieusement admise dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Elle reçut, à titre de blessée de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Les demandes de secours de la veuve étaient apostillées par Gille, marchand boucher, demeurant 3, rue de la Lingerie. Lecoq demeurait 5, rue de la Lingerie (3, rue de la Lingerie in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 6, rue du Petit-Vaugirard, sur les listes du Constitutionnel et aussi dans une lettre de Legrand, Marie, Constance, Mélanie) ; sa concubine à Pontoise (Seine-et-Oise) et aussi à Squelin (Nord) en 1831 ; 69, rue du Faubourg-Poissonnière en 1832. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 65 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 (lettre du préfet de la Seine, en date du 1er février 1832, dossier Lataye, Anne, Louise mademoiselle) ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens du (ancien) IVe arrondissement dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont la cause de la mort est douteuse quant à sa nature pour mériter l’inscription au Panthéon ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Liste des morts, pensions, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VD6 559 n° 1 une feuille volante, idem dossiers individuels ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondée ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Badès ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe.