Lecoq, Joseph, Henri

Biographie


Né vers 1798. Pâtissier-traiteur. Il fut l’un de ceux qui signèrent la pétition pour empêcher que Dutraigneau (voir Dutraigneau, François) , Tisserand (voir Tisserand, Charles, Julien) et Mercier (voir Mercier, Célestin, Joseph, Valentin) fussent décorés par la Commission des récompenses nationales. Cette pétition était ainsi rédigée : « Parler contre des voisins est une action hardie mais quand il s’agit d’honneurs et de récompenses que l’on doit distribuer au nom de la nation, il importe à de vrais citoyens de venir déclarer la vérité à celui qui a mérité la confiance des distributions de ces récompenses. Un mot vous suffira, monsieur le président, pour vous démontrer que ceux qui ont l’audace de les réclamer en sont indignes et, pour vous en parler avec franchise, les soussignés ne peuvent croire que les sieurs Tisserand, Dutraigeau et Mercier aient eu la hardiesse de se présenter devant la Commission. Daignez, nous vous en supplions Monsieur le président, écouter les faits et ensuite vous jugerez ces messieurs et les soussignés. Le 28 juillet, le sieur Tisserand s’empara du poste de la barrière d’Enfer. Les gendarmes ayant rendu les armes au sieur Baptiste, marchand de vin rue de la Harpe et un autre individu dont on ignore le nom arrivant audit poste avec un grenadier de la garde royale qu’ils disaient vouloir sauver de la fureur de la populace. Le sieur Tisserand garde le poste jusqu’à 11 heures du matin le 29 juillet. Dans cet intervalle, il arrive un détachement de grenadiers à cheval de la garde, qui demanda à passer au sieur Allère, présentement tambour de la compagnie de la garde nationale du petit Montrouge, alors en faction, qui leur dit qu’ils ne passeraient pas avant d’avoir crié Vive la charte ! sur cette demande, un des grenadiers tire sur Allère un coup de pistolet. Le sieur Tisserand se sauve à toute hâte dans l’allée de sa maison, en face du corps de garde. Le sieur Allère va l’appeler et il ne peut le ramener au poste, qu’en le menaçant de tirer son fusil sur lui parce qu’il exposait le poste au plus grand danger. Nous vous le demandons, Monsieur le président, une telle conduite mérite-t-elle une récompense nationale ? Les sieurs Dutraigneau et Mercier se flattent d’avoir sauvé la vie à un prêtre. Cela fait pitié. Voici la vérité. Un prêtre a été en effet arrêté par la populace, qui demanda à grands cris qu’il fût fouillé. Le sieur Lecoq, propriétaire à ladite barrière, voulant faire cesser ces cris, fouille le prêtre et lui retire un poignard. A l’aspect de cette arme, la populace conduit le prêtre au corps de garde et le sieur Tisserand le fait accompagner par un homme dans Paris. Est-ce là un fait qui mérite la croix ? Peut-on se flatter d’avoir sauvé la vie à son semblable ? Quel Français n’aurait pas agi comme le sieur Tisserand ? Comment se fait-il que le sieur Dutraigneau, inspecteur des octrois de Paris, ose réclamer une récompense nationale. Il se vante d’avoir sauvé la vie du prêtre ci-dessus parlé et d’avoir sauvé la barrière de l’incendie. Ces faits sont faux et le sieur Dutraigneau n’a fait d’autre exploit que de déménager ses meubles qu’il avait à la barrière. Est-ce une pareille conduite qui peut lui valoir sa croix ? Le sieur Mercier, son commis, n’a pas fait d’autres exploits que lui. Avouez avec nous, monsieur le président, qu’il faut avoir de la hardiesse pour oser réclamer des récompenses nationales. Les soussignés, sans autre intérêt que d’éclairer la Commission, protestent de tout leur pouvoir contre tout ce qu’avance les sieurs Tisserand, Dutraigneau et Mercier. Ils ont l’honneur d’assurer messieurs les membres de la Commission qu’ils peuvent prouver que les susnommés n’ont rien fait pour mériter les récompenses qu’ils ne rougissent pas de réclamer. Ils osent donc venir supplier la Commission de faire une enquête et elle s’assurera que les trois dénommés veulent tromper sa bonne foi. Ils ont l’honneur de se dire avec respect etc. » Dans le procès-verbal de sa déposition, Lecoq dit avoir combattu à la prise de la caserne de Babylone. Il demeurait au petit Montrouge n° 6 en 1831. Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 23 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.