Ledru, Charles
Biographie
Avocat et un des fondateurs, en 1826 de la Gazette des tribunaux. « Le commandement du Louvre et des Tuileries a été remis ce matin à huit heures à M. le colonel baron de Lavenant, porteur d’un ordre du général Lafayette. Jusque-là le Louvre avait été tenu par un très petit nombre de citoyens. Le poste de la grande cour carrée était sous les ordres de M. Ch. Ledru, avocat, réuni à M. Fabrée, élève de l’Ecole polytechnique, qui avaient fait fermer les grilles aussitôt après le passage des citoyens armés qui se dirigeaient en tiraillant sur les Tuileries. Ils y ont maintenu le bon ordre. » Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Ledru pendant l’expédition de Rambouillet : « Notre fiacre était un des premiers après l’état-major du général. Cet état-major se composait de Jacqueminot, de Charras, de Charles Ledru, d’Higonnet, et de M. de Lagrange, de Vernon et de Bernadou (voir ce nom). Vernon et Bernadou étaient en élèves de l’Ecole. Charles Ledru, en garde national à cheval, ancien uniforme, avec le casque ; Higonnet portait l’uniforme d’élève de l’Ecole d’équitation de Saumur ; enfin M. de Lagrange portait celui des chasseurs. » Le même Alexandre Dumas rapporte qu’après l’expédition de Rambouillet et avoir remis les diamants de la couronne au Palais-Royal, Charras avait ainsi apostrophé Charles Ledru : « – Mordieu ! dit Charras à Charles Ledru, il aurait bien dû songer à nous inviter à dîner, M. le lieutenant général... J’enrage la faim, moi !
– Eh bien, dit Charles Ledru, allons dîner chez Véfour.
– Vous êtes charmant ! Je n’ai pas le sou, moi... Avez-vous de l’argent, vous ?
– J’ai quinze francs.
– Oh ! alors, vive la Charte !
Et, bras dessus, bras dessous, ils s’en allèrent joyeusement dîner chez Véfour. » Ledru fut, en novembre 1831, avec Odilon-Barrot (voir ce nom), un des deux avocats chargés de la défense de Paulin (voir Paulin, Nicolas, Jean-Baptiste, Alexandre), gérant du National, et traduit devant la cour d’assises de Paris, le 29 novembre 1831, pour diffamation envers Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François), préfet de police, pour un article qui révélait que la police avait réalisé des embrigadements d’ouvriers pour réprimer les manifestations du 14 juillet 1831. A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, les deux accusés furent acquittés. Il demeurait 9, rue du Coq-Saint-Honoré en 1830. Le Constitutionnel, 27-30 juillet 1830 ; La Gazette des tribunaux, 26, 27, 28, 29, 30, 31 juillet et 1er août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, nom des personnes qui se sont particulièrement distinguées p. 274. Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris ; Cour d’assises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831 ; Tableau dramatique de la justice au XIXe siècle, tome Ier, chez Surcy et Camus, Paris, 1847.