Leduc, Jacques
Biographie
Né le 15 août 1809 à Paris (et non à Reims, comme il était primitivement indiqué par erreur sur les tables du Panthéon) de Leduc, Jacques et de Bertinchamps, Marguerite, Françoise. Commis marchand. Un certificat de Weil attestait les circonstances dans lesquelles il avait été blessé : « Je, soussigné, déclare que le mercredi 28 juillet, la dame Gindret, locataire dans la maison où je suis domicilié, rue de Rohan n° 23, vit dans la rue, à 11 h 15 11 heures et demie du matin, un jeune homme qui paraissait avoir une vingtaine d’années et qui venait d’être atteint d’un coup de feu. Elle s’empressa d’appeler pour obtenir du secours, et, au même instant, deux jeunes gens de ma maison l’aidèrent à transporter dans l’allée le malheureux blessé, qui perdait beaucoup de sang et que je fis mettre chez moi sur un lit. Là, on examina sa blessure et l’on vit qu’une balle de fusil avait traversé son corps de part en part, un peu au-dessous du cœur. Malgré les dangers qu’on pouvait courir en sortant, par suite de la présence des troupes dans la rue de Rohan, on alla, mais inutilement, chez plusieurs médecins ; tous étaient absents de chez eux. Les soins les plus affectueux, les plus tendres ont été prodigués à la victime, qui n’a pas perdu un seul instant la raison, jusqu’à son dernier soupir ; qui a déclaré se nommer Leduc, exercer la profession de commis marchand et être le fils de M. Jacques Leduc, blanchisseur de linge fin, demeurant à Paris, rue de Miromesnil n° 48. Le jeune Leduc est mort après avoir perdu tout son sang, sur les 4 heures, le susdit jour, 28 juillet. Son corps n’a pu être enlevé par son père que le jeudi suivant, c’est-à-dire le lendemain ». Le certificat médical suivant fut délivré par le docteur Filhol, demeurant 6, rue Saint-Louis, et qui constatait les blessures qu’avait reçues Leduc : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie qu’ayant été appelé le 28 juillet pour donner des soins à un blessé, rue de Rohan n° 23 au 2e étage chez M. Viel, je fus conduit dans une petite chambre sur le derrière, où je trouvai le blessé étendu sur un lit et sans vie. Il avait été pansé, je défis le bandage, j’aperçus une plaie pénétrante qui traversait la poitrine de part en part, du devant en arrière. Elle avait été produite par un coup d’arme à feu. Jacques Leduc est mort par suite de sa blessure. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le 12 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Weil, Léonard, né vers 1786, marchand tailleur, demeurant 23, rue de Rohan ; Daniel, né vers 1757, rentier, demeurant 23, rue de Rohan ; Spitzel, Gilbert, né vers 1806, tailleur, demeurant 23, rue de Rohan ; Filhol, né vers 1781, médecin, demeurant 6, rue Saint-Louis-Saint-Honoré. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Leduc, Jacques « et savoir qu’il est bien celui qui a été tué rue de Rohan et qui a été transporté dans la maison de M. Weil, maître tailleur susdite rue de Rohan n° 23, qu’il est mort à la suite d’un coup de feu qu’il a reçu dans la matinée dudit jour 28 juillet, en combattant pour la défense de nos libertés, qu’il laisse ses père et mère dans un état voisin de l’indigence ». Il laissait des parents, Leduc, Jacques, né le 30 octobre 1781 (bien le 30 octobre 1781 dans son acte de naissance ; parfois mais par erreur le 31 octobre 1781) à Villenoye en Seine-et-Marne (lui-même fils de Leduc, Pierre, charron, et de Meignant, Marie, Jeanne) et de Bertinchamps, Marguerite, Françoise (bien née sous le nom de Bertinchamp, le 26 novembre 1781 dans son acte de baptême, parfois mais par erreur le 28 novembre 1781 à Reims dans la Marne) (elle-même fille de Bertinchamp, Guillaume sic, et de Chappelet, Ursule, son épouse). Ils reçurent un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de cinquante francs, le 16 août (mais un total de deux cent vingt francs in Archives de Paris VK3 28) auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. La mère présenta un certificat médical attestant qu’elle souffrait d’une hernie ombilicale volumineuse et d’un prolapsus de la matrice qui lui interdisaient toute espèce de travaux pénibles et l’empêchaient de se pourvoir aux besoins les plus pressants. Le maire du (ancien) Ier arrondissement, en date du 21 février 1831, et sur l’attestation de Auriol, Antoine, Dominique, David, propriétaire et ancien magistrat, demeurant 9, rue Jean-Goujon, et Scordel, Marie, Albert, marchand linger, demeurant 387, rue Saint-Honoré, délivra un certificat comme quoi les époux Leduc étaient « dans un état nécessiteux ». Ils furent pensionnés de deux cents francs et se virent accorder, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. En 1831, les parents demandèrent que soit rectifié le lieu de naissance de leur fils, indiqué par erreur comme étant Reims sur les listes du Panthéon. En 1833, les époux Leduc sollicitèrent auprès de la commission du (ancien) Ier arrondissement l’autorisation de vendre leur inscription de rente, précisant à la commission « que cette vente ne compromet pas les intérêts de leur famille. C’est dans un but utile et pour notre avantage que nous désirons vendre ». En 1838, les époux Leduc sollicitèrent de pouvoir vendre cinquante francs de rente qui leur venait de la Commission des récompenses nationales. Le maire de leur commune expliqua ainsi leur démarche : « […] Désirent opérer la vente et employer le produit à l’acquisition d’une petite maison dans une ville du département de la Sarthe, où ils sont retirés. Ce sont d’honnêtes gens, économes et incapables de faire un mauvais usage de ce capital. Ils n’ont d’ailleurs point d’enfant. On peut donc sans inconvénient leur permettre de vendre l’inscription dont il s’agit et je serais au besoin garant du bon emploi qu’ils sauront faire de leurs fonds. » Le nom de Leduc (J. Leduc) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Leduc demeurait 48, rue de Miromesnil (mais une fois 46, rue de Miromesnil in Archives de Paris VD6 121 ; 48, rue de Miromesnil in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 3 et liasse 8) ; ses parents 1, rue Gaucher à Saint-Germain-en-Laye en 1831 ; 14, rue des Moineaux à une date indéterminée mais avant 1838 ; provisoirement 11, rue Hélène aux Batignolles en 1833 dans l’attente de la décision de la commission mais installés en fait au Pilier vert, chez M. Taveau à Chateau-du-Loir (Sarthe) ; à Chateau-du-Loir en 1838. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 85 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 93 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture du département de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des orphelins de Juillet du (ancien) Ier arrondissement (séance du 6 juillet 1838) ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, demande d’aliénation de rentes provenant de récompenses nationales, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon, idem liste des ascendants, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux ascendants des victimes de Juillet, idem Etat général des blessés et de la fixation des secours qui leur sont dus pour le mois de juillet 1831 d’après la fixation et le classement de la Commission ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (on retrouve une liste similaire aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] Ier arrondissement tués ou morts des suites de blessures), idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 7 et aussi liasse 7 liste des secours aux ascendants, idem liasse 8 ; Archives de Paris VK3 18, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comme appartenant à des ascendants des victimes de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, idem mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 2 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 25 (ancien) Ier arrondissement, liste de citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure et état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, ascendants, idem même référence un registre de pensionnés (ascendants) ; Archives de Paris VK3 55 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Causin, Adolphe ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet idem F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.