Lefebvre, Adolphe

Biographie


Il adressa la lettre suivante au général Lafayette, le 7 août 1830 : « Confiant dans vos bontés, dont tout le monde fait l’éloge, j’ose me permettre de vous écrire pour vous prier de vouloir bien me prendre sous votre protection dans la demande que j’ai l’honneur de vous adresser sous ce pli.

»Le commerce depuis trois ans ayant été à peu près nul, et plus encore pour les personnes qui s’établissaient, m’a frappé comme tant d’autres, de plusieurs pertes tant faillites que manque d’affaires ; au point que de vingt mille francs que j’avais tant à moi qu’à ma mère il ne me reste plus rien, mes créanciers payés exactement sans leur avoir fait perdre la moindre des choses, ce dont je ne me fais pas un mérite puisque je n’ai fait que ce que tout homme d’honneur doit faire. Mais le plus malheureux de ma position c’est que des vingt mille francs que j’avais dix m’appartenaient et dix autres à ma mère, qui en avait vraiment bien besoin pour pouvoir exister.

»Aujourd’hui je me trouve dans l’impossibilité de pouvoir rien lui donner et j’en suis tellement désespéré par le chagrin que doit causer cette nouvelle à ma mère que j’ai pris le parti, pour m’étourdir sur mes malheurs (nullement causés par mon inconduite), de m’expatrier, ce que je ne ferai qu’à la dernière extrémité si ne n’étais assuré par vous de vos bontés pour un individu que vous ne connaissez nullement.

»Votre crédit auprès du duc d’Orléans pourrait me procurer, soit dans un ministère ou quelque autre bureau, une place avec laquelle je pourrai subvenir à ma dépense et payer la pension d’une mère infirme et ayant pour moi autant de bonté que de tendresse.

»Les journées des 28 et 29 m’ont vu comme citoyen en affrontant les dangers pour y trouver la mort en rendant la liberté à mon pays. Je n’ai rien reçu en fait de blessures et me trouve maintenant plus fier qu’auparavant de pouvoir vivre sous un gouvernement dont toutes les mesures sages doivent assurer un bonheur parfait à tous les citoyens et c’est pour le goûter que je viens de nouveau avoir recours à votre générosité, après toutefois avoir pris des renseignements sur mon compte, que pourraient vous donner à Paris Me Poisson, notaire île Saint-Louis. Ma famille doit être connue de monsieur Laisné de Villevêque, notre député, mon père étant notaire de la ville d’Orléans et mon beau-frère Me Bordan lui ayant succédé.

»J’ose espérer, monsieur le général que vous voudrez bien m’honorer d’une réponse, quelle qu’elle soit, ayant fixé mon départ courant de septembre et ne pouvant attendre plus longtemps. Je vous en prie d’autant que je me suis mis dans la musique de la garde nationale de la IVe légion et que je ne ferai pas les frais de l’habillement, faute de moyens pécuniaires d’une part et d’autre part ma résolution étant fixée. […] » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il demeurait 28, rue de l’Arbre-Sec (ou 48, rue de l’Arbre-Sec ?) en 1830. Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 11 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales.

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