Lefebvre, Etienne, Edme

Biographie


Né le 13 octobre 1803 à Paris. Papetier. Il adressa à la Commission des récompenses nationales (le destinataire n’est pas connu) la lettre suivante, après son audition par celle-ci (il signait Lefebvre fils) : « Connaissant la justice que vous n’avez cessé de rendre aux patriotes de Juillet, je crois nécessaire de vous dire qu’en passant, mardi 26 avril, devant les membres de votre jury, j’ai omis de dire que j’étais allé à Rambouillet avec les sapeurs-pompiers qui m’ont dit être casernés rue Culture-Sainte-Catherine. J’ai admiré, le long du voyage, le patriotisme de ces cinq braves, que j’avais juré de ne pas quitter. Arrivés à Saint-Cloud on nous a distribué des cartouches qui étaient mal confectionnées et nous nous sommes occupés, le reste du voyage, à les mettre en bon état. Nous avons été de garde à l’état-major, où nous avons fait le service. Je n’ai rien dit sur le vendredi où j’étais à la Bourse, prêt à partir pour Saint-Cloud, où un jeune homme de l’Ecole illisible résister pour retenir l’élan qui voulait l’y porter, ce qui était inutile. Je laisse ces faits à votre prédilection. Je suis persuadé que s’ils peuvent m’être utiles près de la Commission, vous saurez me les faire valoir. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, aux rassemblements rue Saint-Honoré, à la distribution des armes chez M. Pirmet, d’où une patrouille les a fait déguerpir ; à la barricade, ensuite au désarmement chez M. Lepage ; il a empêché des individus de prendre plusieurs fusils, voulant que chacun en eût un ; il n’en n’a pas eu parce que des gendarmes sont encore venus les faire partir ; aux barricades jusqu’à 11 heures. Le 28, en garde national d’abord à la mairie ensuite boulevard Saint-Martin, où ils ont fait un officier prisonnier et li ont fait promettre e ne plus tirer sur le peuple ; au faubourg du Temple, il a parlé à un colonel, qui n’a pas voulu l’écouter. Retourné à la mairie, il fut à la tête de sept à huit, combattre à la rue Saint-Martin, de la porte à la rue Greneta. Ensuite contre les Suisses à la place du Châtelet, de là la nuit aux Petits-Pères, où il fut inscrit ; il a fait une patrouille puis est rentré chez lui et s’est couché à 11 heures. Le 29, il a rassemblé sept à huit jeunes gens, s’est rendu aux Petits-Pères ; il se mit à la tête d’un peloton, qui s’est grossi et qu’il a conduit à l’Hôtel de ville ; il a reconduit son peloton à la place des Victoires, où il a abandonné le commandement aux élèves de l’Ecole polytechnique ; il est allé avec et s’est embusqué sur le quai. Au Louvre, il a pris un bonnet à poils et a fait transporter un Suisse blessé. Il a vu deux gardes royaux et avec beaucoup d’autres il est parvenu à les conduire en sûreté. Au café de la Régence, il a aidé un blessé à se retirer jusque sur la place ; il s’est retourné et a engagé les patriotes à ne plus faire feu contre la garde, qui se rendait. Il a excité à ce qu’on ne leur fît point de mal ; au Palais-Royal, il a contribué à rétablir l’ordre. » On trouve aussi cette note le concernant rédigée au crayon à papier sur une feuille volante : « Mardi, a fait distribuer des armes dans un magasin de M. Pirmet (illisible). Mercredi, il contribua à faire prisonnier un capitaine de la ligne, auquel on fit jurer de ne plus tirer sur le peuple. Le 29, il était l’un de ceux qui ouvrirent la grille à force de bras. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 26 avril 1831, à six voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Lefèvre, Etienne sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Grenadier dans le 4e bataillon de la VIe légion de la garde nationale, dans une position aisée selon le registre de la mairie, il participa à la répression de l’émeute des 5 et 6 juin 1832, et eut le bras droit fracturé ; il dut être amputé. Il demeurait 9, rue de la Vieille-Monnaie en 1831-1832. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 1-2, demandes de récompenses et de secours, recommandations (1830-1831), dossiers non identifiés ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Demandes de récompenses et de secours, et recommandations (1830-1831) ; Archives de Paris VD3 8, émeutes diverses de 1830 à 1834, (ancien) VIe arrondissement, état des blessés et morts dans les journées des 5 et 6 juin 1832 (sous le nom de Lefevre) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 26 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 26 avril 1831, idem une feuille volante rédigée au crayon à papier, idem (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaires de décorations ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Lefebvre, Etienne) et liste supplémentaire des décorés de Juillet (sous le nom de Lefevre, Etienne).

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