Lefebvre, Joseph
Biographie
Ancien officier de santé au 1er régiment de hussard, il rappelait au roi, le 30 juillet 1831, qu’il lui avait été présenté par le général Lafayette le 5 août 1830 au Palais-Royal pour les services rendus dans les journées de Juillet et qu’il lui avait promis, en présence du général, d’avoir des égards pour ces services. Il sollicita la décoration de Juillet, rappelant ainsi sa participation aux journées : « Depuis la déchéance de Napoléon, je n’ai cessé d’être malheureux ! A la rentrée des Bourbons, diminué de ma retraite, trop pour mourir et pas assez pour vivre. N’ayant obtenu aucun emploi qu’une faible retraite, en perdant Napoléon je perdis un père ; mais j’ai eu le bonheur d’en retrouver un autre dans le duc d’Orléans, qui ne m’a jamais oublié depuis sa rentrée en 1816. J’ai encore eu le bonheur de voir réaliser mon plus grand souhait celui de le voir roi citoyen. Que mon bonheur fut grand lorsque je vis flotter les couleurs si chères à mon cœur. Je partis de suite porter des secours aux blessés, accompagné de trois braves, dont deux portaient mon ambulance. Je me dirigeais vivement où le danger était le plus grand et où mes soins devenaient les plus nécessaires. Ce fut au Louvre ! Sitôt mon arrivée, je me mis à panser des blessés, lorsqu’il survint une déroute parmi nous, causée par les Suisses. Elle fut cause que je perdis ma trousse, qui se trouvait placée sur une pierre. Cette perte fut très considérable pour moi, ce qui ne m’empêcha pas de continuer mes pansements et de fournir tout le linge dont je pus disposer ainsi que les médicaments que j’avais chez moi. Les témoignages que j’ai donnés de mon dévouement à la cause publique me font espérer que vous daignerez m’accorder la marque de distinction donnée par Votre Main, ce qui me rappellera sans cesse les glorieuses journées de notre liberté. » Sa lettre était accompagnée de nombreuses apostilles : Bocher-Duplessis (voir Bocher-Duplessis, Michel, René), « commandant la barrière de l’Ecole militaire », qui précisait : « Je certifie que le brave docteur Lefebre (sic) a rendu de grands services à la patrie dans les journées des 28 et 29 juillet, en soignant les blessés et se trouvant partout où il y avait du danger. » Dumas (voir Dumas, Jean-Louis, Antoine), « sergent de la barrière de l’Ecole militaire ». Roy, Jean-Baptiste (voir ce nom ?), caporal dudit poste ; de Villers (à retrouver, sans doute Devillers, mais il signe bien de Villers) qui ajoutait : « Je certifie que M. Lefebre (sic), docteur, s’est comporté dans les journées du 28 et 29 juillet 1830 avec une activité étonnante pour rendre service à sa patrie. » Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Porteur d’un certificat délivré à Paris par des témoins de sa conduite pendant les événements, sa demande ayant été refusée, il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission de la Seine-Maritime. Il demeurait 52 bis, rue de Vaugirard en 1831 ; 14, bd Cauchois à Rouen en 1831. Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-Inférieure.