Lefèbvre, Nicolas
Biographie
Né le 22 ventôse an IV (22 mars 1796) à Bucquoy (Pas-de-Calais), fils de Lefèbvre, Louis, Melchior, ménager, et de Lemaire, Marie, Marguerite, son épouse. Tonnelier. Il était en faction à l’entrée de la mairie des Batignolles, le 28 juillet, quand il fut atteint par un coup de feu reçu dans les muscles de la poitrine et tiré par un individu qui voulait forcer sa consigne. Il reçut un secours de cent francs (sous le nom de Lefebre, Nicolas) en août et de soixante francs (sous le nom de Lefèvre, Nicolas) en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la sous-préfecture de Saint-Denis. Le 9 avril 1831, devant le juge de paix des Batignolles, comparurent : Fossau de Colombel, Nicolas, commandant la garde nationale des Batignolles, demeurant 13, rue Truffaut aux Batignolles ; Chevalier, Louis, Anne, capitaine de la compagnie de sapeurs-pompiers des Batignolles, demeurant 17, grand-rue aux Batignolles ; Fraix, Louis, Marguerite, lieutenant de la compagnie de sapeurs-pompiers des Batignolles, demeurant 15, rue Truffaut aux Batignolles ; Meunier, Claude, marchand de vin et traiteur, demeurant rue de Lévis aux Batignolles ; Chevalier, Jean, Denis, marchand boulanger, demeurant 41, grand-rue aux Batignolles ; Aubry, Charles, Pierre, capitaine de la compagnie de grenadiers, demeurant aux Batignolles ; Langlois, Michel, Antoine, sergent de la compagnie de sapeurs-pompiers des Batignolles ; Sas, propriétaire, demeurant aux Batignolles ; Delamarre, traiteur, demeurant aux Batignolles. Ils déclarèrent savoir que Lefèbvre, Nicolas « étant de service comme garde national de la commune des Batignolles-Monceau, il a été atteint d’un coup de feu dans le couloir de la mairie, en voulant maintenir le bon ordre ; et qu’une balle lui a traversé le sein gauche le 29 juillet dernier. Ils nous ont en outre déclaré que le sieur Lefebvre est très malheureux et qu’il a à sa charge sa femme, deux jeunes enfants et sa belle-mère ». Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, gardes nationaux de la commune de Batignolles-Monceau, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Lefèbvre, Nicolas, âgé de trente-trois ans, né au bourg de Bucquoy, arrondissement d’Arras, domicilié depuis cinq ans dans la commune de Lefèbvre, Nicolas, fait partie de la compagnie de sapeurs-pompiers de cette commune et a été atteint dans la journée du 28 juillet 1830 d’un coup de feu, étant en faction à l’entrée de la mairie, qui lui fut tiré par un individu qui voulait forcer sa consigne ; que la balle passa sous les muscles pectoraux gauches, entre les huitièmes et neuvièmes cotes, glissa sur lesdites cotes, en laissant une plaie très dangereuse qui fit désespérer quelques jours de sa vie. En foi de quoi, nous lui avons signé le présent, en témoignage de son courage, de son zèle pour le maintien de l’ordre public et de l’événement malheureux qui lui est arrivé. » Signé, le 12 janvier 1831 (pour les noms lisibles) : Fossau de Colombel ; Benard ; Perrot, ancien officier ; Lathuile ; Bouy illisible, médecin, pour avoir donné des soins au blessé ; Girard, géographe des Postes ; Herisson ; Bazoche, lieutenant de sapeurs-pompiers ; Aubry ; Fraix ; Chevalier, chevalier de la Légion d’honneur, capitaine commandant de sapeurs-pompiers ; Chaillot ; Brion ; Deguingand ; Meunier ; Langlois, sergent de sapeurs-pompiers ; Capron, lieutenant de sapeurs-pompiers ; Buhot ; Vivien, chevalier de la Légion d’honneur, capitaine de la garde nationale ; Dudon, médecin. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la poitrine du côté gauche, du voisinage du mamelon vers la partie moyenne des cotes, qui ont été atteintes superficiellement ; blessure cicatrisée mais qui a laissé quelques troubles dans l’action du cœur. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de quatre cents francs (sous le nom le Lefèvre, Nicolas sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il s’était marié à Hemart le 27 juillet 1820, à la mairie du (ancien) Ve arrondissement de Paris. Il était père de deux jeunes enfants (trois en août, deux en septembre 1830 sur les listes du Constitutionnel), avait sa belle-mère à charge et demeurait toujours, et depuis cinq ans aux Batignolles, commune dans laquelle il faisait partie de la compagnie de sapeurs-pompiers. Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin 1831. Il demeurait 26, rue du Commerce à Grenelle en 1850. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 31 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 34 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 85 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, blessés de la 3e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109.