Lefevre, Pierre, Alexis
Biographie
Né le 18 mai 1808 à Mutrécy (mais à Saint-Sèvres-Moûtiers, commune qui pourtant n’existe pas in Archives nationales F/1dIII/33, lettre de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 juin 1831, adressée au ministère de l’Intérieur) (Calvados). Garçon traiteur chez Jouanne fils aîné, 34, rue des Prouvaires. Il était porteur du certificat suivant : « Les soussignés, défenseurs de la patrie, ayant combattu pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, pour sauver nos libertés menacées, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance particulière que le sieur Pierre, Alexis Lefevre, […] a été un des premiers à prendre les armes pour marcher combattre l’ennemi, qu’il s’est emparé, de concert avec nous, de six postes, où il est entré le premier et que nous avons désarmés ; que ledit sieur Lefevre a monté le premier sur les murs de l’Ecole polytechnique pour ouvrir les portes aux braves, qu’on ne voulait pas laisser sortir ; qu’après avoir donné la liberté à cette illustre pépinière de jeunes héros, il s’est rendu sur la place de Grève, où il a combattu jusqu’à la reddition de cette place ; qu’ensuite il s’est transporté près la cour Batave, où il a resté à combattre jusqu’à l’évacuation de l’ennemi ; qu’enfin, le 29, dès 3 heures du matin, il s’est rendu au Louvre, où il a tiré quarante coups de fusil. N’ayant plus de munitions, et ne sachant où en prendre, il a dirigé ses pas vers la place de l’Odéon. Là, il a reçu de différentes mains trente cartouches, s’est remis en marche vers le Louvre, où il a encore épuisé ses trente cartouches. Etant entré le premier dans le palais, accompagnant un élève de l’Ecole polytechnique, là un Suisse se précipita sur lui, lui portant un coup de sabre sur la tête, qu’il para avec son fusil mais le sabre retomba sur son pouce, qui est endommagé. » Signé, le 10 août 1830 : Hélie, François (voir ce nom), demeurant 34, rue des Prouvaires ; Jouanne, 34, rue des Prouvaires ; Jouanne, demeurant 3, rue Sartine ; Mancel, Magloire (voir ce nom), demeurant 3, rue Sartine ; Hergaland, grenadier de la IVe légion de la garde nationale ; Dupont, limonadier, demeurant 49, place Maubert, qui ajoutait : « Je certifie avoir vu le sieur Lefevre, le 28, au moment que l’on a désarmé le poste de la place Maubert, avec un fusil et ayant très chaud. Il m’a demandé de l’eau, je lui ai donné de la bière. » ; Renkin, demeurant 34, rue des Prouvaires ; Jouanne jeune, demeurant 44, rue du Four-Saint-Germain « présent au combat » ; Gounes ? illisible, sergent-major de la 1re compagnie du 2e bataillon de la IIIe légion, demeurant 36, rue des Prouvaires. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (par confusion avec Hélie, sous le nom de Hélie, Lefèvre sur les listes du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39) mais fut porté sur l’état nominatif des médaillés de Juillet comme étant la même personne que Hélie, François, sans doute parce que les deux individus demeuraient dans la même maison et avaient le même travail (voir ce nom) et était selon une lettre de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 juin 1831, adressée au ministère de l’Intérieur originaire du même village (il semblerait pourtant que non, ce sont deux villages différents). La rectification fut demandée et obtenue (voir la lettre de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 juin 1831, adressée au ministère de l’Intérieur). Il délivra un certificat en faveur de Magloire Mancel (voir ce nom), attestant que ce dernier s’était « battu intrépidement pour la cause de la liberté pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, qu’il est entré l’un des premiers à la prise des postes des gendarmes place de Grève, et à celui de la place du Palais-Royal, qu’il s’est précipité sur les gendarmes pour les désarmer, bravant les dangers et la mort pour défendre sa patrie et nos libertés menacées » et qu’il avait « assisté à la prise du Louvre, où il a montré une audace peu commune ». Il signa un certificat en faveur d’Hélie, François, ainsi rédigé : « Nous, défenseurs de la patrie, attestons qu’il est en notre connaissance particulière que le sieur François Hélie, […] s’est battu contre nos ennemis pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier ; déclarons que le sieur Hélie était un des premiers à la prise de la place de Grève, du Palais-Royal, du Louvre et des Tuileries, que, partout, dans ces combats, il a bravé la mort pour défendre la patrie en danger, et notamment à l’enlèvement de la pièce de canon qui se trouvait braquée au coin de la rue de Richelieu. Témoins oculaires de tels traits, dignes d’un héros, qui mérite de fixer l’attention du gouvernement. » Il signa un certificat attestant « que Pécatier a arboré le drapeau tricolore au Louvre, sur le balcon de la façade du côté du pont des Arts, immédiatement après l’attaque et la prise de ce château, où il a pénétré un des premiers ». Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 6 septembre 1831. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet, somme qu’il ne put toucher, étant décédé. En 1851, il était encore indiqué comme garçon de cuisine chez Jouanne, traiteur aux Batignolles et devait recevoir un secours de soixante francs. Il demeurait 34, rue des Prouvaires en 1830 ; 12, grand-rue des Batignolles en 1849-1851 ; 38, rue de la Gaîté en 1851. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Hélie, François ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Mancel, Magloire (où il apparaît sous le seul nom de Pierre, Alexis « défenseur de la patrie », demeurant bien 34, rue des Prouvaires) ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Hélie, François, idem in dossier Pécatier, François-Xavier, Albert ; Archives nationales F/1dIII/33, lettre de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 juin 1831, adressée au ministère de l’Intérieur ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Hélie ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes (sous le nom de Lefebvre, Pierre, Alexis) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minutes 51-56 (sous le nom de Lefebvre, Pierre, Alexis), idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem, Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, minute 179-180, en date du 3 mai 1851, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199.