Lefort, Antoine

Biographie


Né le 15 octobre 1769 à Agen (Lot-et-Garonne), fils de Lefort, Pierre et de Molère, Anne. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il apostilla la lettre que Séjan, Albert fit parvenir à la Commission des récompenses nationales, comme contenant des faits vérifiés et comme ayant offert ses services au milieu des plus graves difficultés. Il était l’une des personnes dont le chapelier Moizard (voir ce nom) invoquait le témoignage sur la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de juillet et auprès desquelles la Commission des réclamants, devant laquelle Moizart tentait de faire valoir ses droits, pouvait prendre des renseignements. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était maire du (ancien) Ier arrondissement. Le 30 avril 1831, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur. Le 15 juillet 1831, en « récompense du courage et de dévouement » dont, selon le ministre de l’Intérieur, il avait fait preuve contre la plantation par des séditieux, le 14 juillet 1831, d’un arbre de la liberté sur les Champs-Elysées, il fut nommé par le roi, officier de la Légion d’honneur. Lefort remercia en ces termes le président du Conseil : « […] Cette distinction dont je suis aussi honoré que flatté ne saurait ajouter à mon dévouement à la patrie, au roi, au maintien de l’ordre et des rois, mais elle pénètre mon cœur de la plus vive reconnaissance […]. » La Société des Amis du peuple, société républicaine et nombreuse, salua différemment la nomination de Lefort : « M. Lefort, maire du (ancien) premier arrondissement, le même qui exprimait si bien la pensée du ministère, en disant des patriotes : “Puisque le jury les acquitte tous, maintenant il ne faut plus les arrêter, mais les assommer”, vient d’être nommé officier de la Légion d’honneur en récompense du courage et du zèle qu’il a déployés dans l’affaire de la place de la Concorde, où des Français chargeaient à la baïonnette des Français sans armes. » Mais l’affaire était allée un peu vite. En effet, l’article 17 de l’ordonnance du 26 mars 1816 exigeait quatre années dans le rang de chevalier avant de pouvoir être nommé officier et Lefort n’avait que quatre mois... On dut recourir au subterfuge d’user des articles 20 et 21 de la même ordonnance, qui prévoyaient une procédure accélérée pour récompenser les actions d’éclat. Alors, en date du 17 août 1832, un certificat fut délivré « en exécution de l’article 21 « de l’ordonnance du 26 mars 1816 » par : Rousseau, Jean, Joseph (voir ce nom), commandeur de la Légion d’honneur et maire du (ancien) IIIe arrondissement ; Desgenettes, baron, commandeur de la Légion d’honneur et maire du (ancien) Xe arrondissement ; Cailus, baron, officier de la Légion d’honneur et maire du (ancien) VIe arrondissement ; Boullay, P., F., G. (voir Boullay, Pierre, François, Guillaume), officier de la Légion d’honneur, adjoint au maire du (ancien) IIIe arrondissement ; Gabillot, Charles (voir ce nom), chevalier de la Légion d’honneur, adjoint au maire du (ancien) Ier arrondissement. Ils attestèrent ainsi l’action d’éclat et certifièrent que l’objet de la lettre qu’avait envoyée dès le 17 juillet 1831 le président du Conseil à Lefort était « de reconnaître et de récompenser le courage et le dévouement que M. Lefort montra, au péril de ses jours, le 14 juillet 1831, en voulant s’opposer et en s’opposant réellement à la plantation d’un arbre de la liberté qu’environ six cents agitateurs voulaient élever sur la place de la Concorde, afin de braver l’autorité protectrice des lois et de l’ordre public. Il est de notoriété publique que le sieur Lefort, maire du (ancien) Ier arrondissement, persuadé que l’autorité municipale doit être toute paternelle, espérant que de bons citoyens et vrais patriotes ne résisteraient pas aux exhortations d’un magistrat revêtu de l’écharpe tricolore, décoré de la Légion d’honneur et surtout de la Croix de Juillet si chère en apparence et si sympathique aux chefs de ces perturbateurs, voulant éviter toute collision avec la garde nationale justement courroucée des désordres qui ce jour-là éclataient sur divers points d’une manière alarmante, s’avança seul à leur rencontre, les engagea à se séparer, arrêta l’arbre, fut assailli de toutes parts et ne dut son salut qu’aux branches dudit arbre et surtout au 4e bataillon de la Ire légion resté à quelque distance et accouru en désordre à son secours. C’est pour rendre hommage à ces faits et en exécution de l’article 21, paragraphe 4 de l’ordonnance du 26 mars 1816 que nous avons délivré au sieur Lefort, maire du (ancien) Ier arrondissement, le présent certificat pour valoir ce que veut la loi. » Le 9 octobre 1832, Lefort fut nommé officier de la Légion d’honneur. Le 28 septembre 1837, il sollicita, auprès du ministre de l’Intérieur, de faire partie de la paierie, au titre de doyen d’âge des maires de Paris. Il mourut le 1er janvier 1838. Il demeurait 19, rue Duphot en 1831-1832. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Séjan, Albert ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) 1er arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales AE I 20 Chambre des pairs renseignements confidentiels 1837 ; Archives nationales F/1dIV/L/11 Récompenses honorifiques ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1552/2 ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Moizard ; Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832, Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832, p. 58. C'est sans doute lui qui était juge suppléant au tribunal de commerce en 1830 et qui demeurait 3, rue du Doyenné en 1830 in Almanach royal pour l’an 1830 présenté à Sa Majesté, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1830, p. 839 ? Sans confirmation dossier en attente...

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