Lefort, Jean-François
Biographie
Né le 5 mars 1801 à Coulommiers (Seine-et-Marne). Ancien tambour de l’armée, devenu ouvrier serrurier en voitures. Il battait la charge, le 29 juillet à l’attaque de la caserne de Babylone, quand il fut atteint d’un coup de feu reçu aux pieds, avec plusieurs tambours de ses camarades. Après s’être fait panser, il retourna battre la charge. Il reçut un secours de soixante francs et un autre de quinze francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin du bureau de charité du (ancien) Xe arrondissement, médecin de la Société de Saint-Louis, certifie que le nommé Jean-François Lefort, âgé de vingt-neuf ans, natif de Coulommiers, demeurant à Paris, rue de Varennes n° 42, a été blessé, le 29 juillet dernier, à la prise de la caserne de Babylone, par un coup de feu qui a blessé les deux pieds ; au droit la balle est entrée au bord externe du pied et a labouré la illisible plantaire de ce pied ; au gauche, elle a passé sous le tissu cellulaire et est sortie entre les deux orteils moyens. Ce blessé est retenu au lit depuis le moment de sa blessure et y sera encore quelque temps avant de pouvoir se livrer à ses occupations ordinaires. » Signé, le 17 août 1830 : Masson, médecin, demeurant 27, rue de Bourgogne. Ce certificat médical était apostillé de très nombreuses signatures : Camus (voir Camus, Michel, Auguste), marchand de vin, demeurant 70, rue du Four, qui ajoutait certifier « que le nommé François a été blessé à Babylone auprès de moi » ; Têtefort (voir Têtefort, Amable), boulanger, demeurant 80, rue du Four-Saint-Germain, qui ajoutait certifier « que le nommé François a été blessé à Babylone auprès de moi » ; Surosne illisible, ferblantier demeurant 74, rue du Four-Saint-Germain, qui ajoutait certifier « que le nommé François a été blessé à Babylone » ; Baudry, marchand d’eau-de-vie, demeurant 74, rue du Four-Saint-Germain, qui ajoutait certifier « que le nommé François a été blessé à Babylone » ; Dailly, marchand charcutier, demeurant 86, rue du Four, qui ajoutait certifier « que le nommé François a été blessé à Babylone par un coup de feu aux deux pieds » ; Couët, demeurant 65, rue du Four-Saint-Germain, qui ajoutait certifier « avoir vu renter le nommé François chez M. Camus, porté par deux hommes et blessé » ; Poinsard (voir Poinsard, Charles), demeurant 29, rue de Bourgogne, qui ajoutait : « Je certifie que le sieur Lefort a été blessé de la même balle que moi rue Traverse n° 6 et a repris sa caisse après avoir été blessé et a continué de battre jusqu’à la fin de la prise » ; Daubin (voir Daubin, Jean-Baptiste), qui ajoutait certifier « que le sieur François, tambour, a été blessé à la caserne Babylone » et aussi « Certifié véritable comme présent à l’action et qu’il battait la charge près de moi » ; Couchet (il signe bien Couchet ; voir Couché, Louis, Alexandre) ; Chefdeville, demeurant 4, rue Traverse, qui ajoutait : « Je certifie que le sieur Lefort a été blessé devant ma porte aux deux pieds d’une balle, d’où qu’il a entré chez moi et que je l’ai pansé. Aussitôt qu’il fut pansé, il a pris sa caisse, se mettant en face la porte de la caserne, battant la charge jusqu’à temps que la caserne fut prise. Après que la caserne fut prise, il fut transporté à l’Hospice des Incurables, rue de Sèvres. » Violet, boulanger ; Mongiez, demeurant 6, rue Traverse ; ...arberot, marchand de vins, demeurant 11, rue Plumet ; Smith, Edmond, Julien, étudiant en médecine, demeurant 13, rue Saint-Hyacinthe ; Gauthier, vannier, demeurant 23, rue du Vieux-Colombier ; Ro.., J., B. ; Thian, carrossier, demeurant 25, rue du Vieux-Colombier ; Blanch..., fruitier, demeurant 27, rue du Vieux-Colombier ; Richard, demeurant 70, rue du Four-Saint-Germain. Il reçut, après la révolution, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il y prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 24 mai 1831, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 18 août 1831. Il reçut cinquante francs de la mairie. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 24 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la région plantaire des deux pieds, avec sillons superficiels aux ligaments, guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il sollicita d’être admis comme tambour de la garde nationale, ce qui lui fut accordé puisque, en 1831, il était tambour aux voltigeurs du 2e bataillon de la Xe légion de la garde nationale ; il l’était toujours en 1836. En juillet 1833, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. En 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de quinze francs à titre de décorés non pensionnés. En juillet 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de sept francs et cinquante centimes à titre de décoré non pensionné. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné. En 1835-1836, il était tambour à la 3e compagnie du 3e bataillon de la Xe légion. Il était marié. Il reçut soixante-quinze francs de secours en 1836. En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. En 1839, il était recommandé par le maire de son domicile pour être compris dans les distributions de gratification. Il reçut un secours vers 1840-1850, un secours de cinquante francs en 1850Il demeurait 42, rue de Varennes en 1830-1831 ; 8, rue Saint-Placide en 1833-1837 ; 1, rue Martignac en 1838-1839 ; 89, rue de Sèvres en 1849 ; à Coulommiers en 1850. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 84 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement, liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, année 1834, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1835, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement, année 1837, année 1838 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lagrous ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Monnot, Jean ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, rapport du 21 août 1850, Avis d’ordonnancement d’une somme de cent francs pour être répartie à titre de secours entre un décoré de juillet 1830 et une veuve de décoré, minute 128.