Lefort, Pierre, Nicolas, Sébastien, Auguste
Biographie
Né le 13 brumaire an VII à Paris. Arquebusier (mais journalier in Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, dossier indemnitaires classés et non classés). Un certificat attestait à son sujet qu’il n’avait « cessé de donner des preuves constantes de son civisme et de son dévouement pour le soutien de la cause de la liberté, en combattant vaillamment et sans désemparer pendant les trois glorieuses journées de juillet dernier ; qu’il a assisté à la prise de l’hôtel de ville, à laquelle il a pris la part la plus active ; que le lendemain, après avoir été armé par le 50e régiment de ligne, il s’est trouvé dans toutes les attaques qui ont eu lieu rue Saint-Honoré ; qu’il a soutenu courageusement tous les chocs et n’a cessé de se battre jusqu’au Carrousel ; que, pendant ces diverses actions, il a été blessé d’un coup de sabre à la partie inférieure du visage ; qu’il a été atteint pareillement au petit doigt de la main gauche, de manière à ne se servir désormais que très difficilement de cette main, ce qui le mettrait dans l’impossibilité d’exercer sa profession ; qu’en s’en retournant il franchit une des barricades de la rue Croix-des-Petits-Champs, qu’il tomba et que, par suite de cette chute violente, il eut la jambe foulée ; attestons en outre qu’il s’est fait traiter chez lui à ses frais et dépens, qu’il est resté neuf semaines alité et qu’il ne s’est pas présenté en temps utile et à qui de droit pour obtenir sa part des récompenses nationales accordées en cette mémorable circonstance aux défenseurs de la patrie ». Un autre certificat attestait qu’il avait été vu « se battre d’une manière très remarquable, notamment à la prise de l’hôtel de ville, où il était toujours un des premiers, et au Louvre et au Carrousel, où il a attrapé plusieurs blessures ». Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 15 octobre 1830, il adressai la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « J’ai l’honneur de vous exposer que pendant les glorieuses journées de juillet dernier, je fus blessé au petit doigt de la main gauche. Je me portai en réclamation et je ne reçus que dix francs. Cependant je me trouve dans l’impossibilité de travailler à cause de ma blessure, constatée par certificat d’officier de santé et je crains de rester estropié. De plus, en courant après les ennemis de la liberté, j’eus le pied foulé et je restai quarante jours à la chambre. J’ajouterai que je suis père de famille, que ma femme est depuis longtemps sans ouvrage et d’une faible santé. J’ose donc espérer que vous voudrez bien prendre mon sort en considération et me rendre participant des dons délivrés à cet effet. Mon père et ma mère sont plus que sexagénaires et infirmes et ne peuvent m’être utile en rien. Veuillez accueillir favorablement mon humble et juste demande etc. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de six cents francs versée sur deux ans. Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il comparut, le 2 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Larcher, Louis, Pierre, Alexandre et « savoir qu’il a combattu pendant les trois journées de Juillet et qu’il a été blessé le 29, entre la place de l’Ecole et le Louvre, d’un coup de feu à la main droite ». Il apostilla comme blessé la demande faite, le 3 septembre 1831 auprès du roi, par Gros, Louis d’obtenir la Croix de Juillet, en récompense de sa participation aux combats de Juillet. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de quarante francs en 1850, deux secours de quarante francs en 1851, un secours de quarante francs en 1853, chaque fois à titre de blessé de Juillet. En 1831, il était marié et père de famille. Il demeurait 3, rue de l’Etoile en 1830-1831, chez ses parents, sexagénaires et infirmes, faute de logement ; 29, rue des Jardins-Saint-Paul en 1849-1850 ; 31, rue des Jardins-Saint-Paul en 1851-1853. Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 83 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission et dossier indemnitaires classés et non classés ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier idem F/1dIII/62 in dossier Larcher, Louis, Pierre, Alexandre ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184 (sous le nom de Lefort, Nicolas, Sébastien, Auguste), idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Lefort, Nicolas, Sébastien, Auguste), idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853 (sous le nom de Lefort, Nicolas, Sébastien) ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Gros, Louis.