Léger, Robert, François

Biographie


Né le 8 juin 1789 à Château-Chinon (Nièvre), fils de Léger, Pierre, messager, et de Grenouille, Marie. Entré au service le 15 mars 1808 au 54e de ligne, réformé par suite de blessures le 1er avril 1812, lieutenant au 2e corps franc de l’Etoile le 1er mars 1814, licencié le 11 juin 1814, admis comme sous-lieutenant au 53e régiment de ligne le 26 avril 1815, licencié le 27 septembre 1815 ; il fit les campagnes d’Espagne en 1808, 1809, 1810, de France en 1814 et 1815 ; il fut blessé de deux coups de feu à la jambe droite à Valavera le 18 juillet 1809. Il était en disponibilité en 1830 (mais marchand de vins in Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, dossier indemnitaires 2e classe, (ancien) XIe arrondissement et in Archives de Paris VK3 32 ; ancien capitaine in Archives de Paris VD6 360 5, II). Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la jambe droite (mais meurtri à la jambe par suite de chute de cheval in Archives de Paris VK3 30 et in Archives de Paris VD6 360 5, II), le 29 juillet à l’attaque de la caserne des Suisses, rue de Babylone. Le 3 août 1830, il était alité à son domicile, sa femme préférant le soigner à la maison, et ne pouvait pas marcher avant une dizaine de jours. Des camarades venus le voir, sollicitèrent, à leur sortie et à l’insu de Léger, auprès du général Lafayette, des secours immédiats (ces camarades se nommaient : Bonsergent (illisible) demeurant 239, rue Saint-Denis ; Froment (illisible) demeurant 27, rue de Sèvres à Vaugirard ; le capitaine Thirrée (illisible), demeurant 5, rue du Chabanais ; Lefebvre, ex-sergent, demeurant 22, rue du Foin. Léger reçut un secours de quatre-vingts francs et un autre de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut un secours de cent quarante francs, le 19 octobre 1830, un secours de soixante francs, le 18 mars 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 2 avril 1831, un secours de cinquante francs, le 18 juin 1831, un secours de cinquante francs, (et sans doute) un secours de trois cents francs et un autre de deux cents francs, le 18 juillet 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 18 août 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (pas de vérification de ce secours…). Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, pour retracer sa participation aux combats : « Le soussigné […], que monsieur le général Gérard a daigné, dans la journée du 29 juillet dernier, décorer du titre de capitaine, a l’honneur de vous exposer qu’en cette qualité il reçut de l’état-major provisoire la commission de réunir sous ses ordres concurremment avec quelques élèves de l’Ecole polytechnique, le plus d’hommes possible et de se porter, avec une pièce de huit, par Sèvres, sur Saint-Cloud ; que, dans la nuit du 30, voulant exécuter le projet et hardi de s’emparer de deux pièces de seize qui défendaient les approches du pont, du côté de Sèvres, il fut blessé pendant l’attaque ; que cette blessure, la seconde qu’il a reçue pendant les glorieuses journées de juillet dernier, ne l’empêcha pas, à la tête des braves qu’il avait réunis, de s’emparer de la batterie ennemie et de la faire diriger sur Paris, avec deux à trois cents hommes de l’ex-garde royale, la plupart Suisses, qu’il adressa, sous escorte, aux maires d’Issy, d’Auteuil et de Meudon ; que ne voulant pas se priver de l’honneur de concourir à la prise du château de Saint-Cloud, où il pensait que les débris de la garde royale tenaient encore, il continua sa marche pour s’y rendre […]. » Il joignait à sa demande la copie de l’ordre donné par Zimmer, colonel chef de l’état-major de la garde nationale de Paris, le 30 juillet 1830, de se porter avec les élèves de l’Ecole polytechnique et de réunir le plus d’hommes possible. Et le rapport du même colonel ainsi rédigé, le 1er août : « Monsieur, je reçois à l’instant votre rapport ; je me suis plu à rendre acte de votre dévouement à la cause nationale ; je ne doute point, monsieur, de la véracité des faits que vous exposez, et je ne vous députe un officier que pour vous féliciter et être informé par lui du dépôt que vous avez fait de vos trophées et de vos deux cents hommes. » Un certificat du docteur Barbette, attestant l’avoir soigné d’une chute de cheval, qui lui causa « de fortes meurtrissures, compliquées d’une plaie assez considérable à la jambe droite ». Un certificat signé de Duplessis, Louis, chef de bataillon commandant la 2e compagnie des sous-officiers sédentaires, demeurant 21, grand-rue des Batignolles qui attestait « que M. Léger, ancien officier de la ligne, a, par sa fermeté digne de tout éloge, et à la tête de citoyens armés, dérobé à une perte certaine les archives du ministère de la Guerre, à la garde desquelles j’étais préposé le même jour, 30 juillet au matin ; que ce n’est qu’avec la plus grande peine et des efforts continuels qu’il est parvenu à inspirer au peuple la modération si utile en cette occasion ; en un mot, que la garde que je commandais et moi-même avons été préservés par lui de l’effet d’une haine malentendue, et peut-être excitée par la malveillance. » D’autres certificats étaient ainsi rédigés : « Les soussignés, tous domiciliés à Paris et qui ont pris une part active pendant les glorieuses journées de juillet dernier à l’affranchissement de la patrie, certifient que le sieur Jean, Robert Léger, ancien officier de l’armée, demeurant rue de Tournon, n° 11, s’est conduit pendant la lutte avec toute le zèle et l’intrépidité qu’on pouvait attendre d’un bon Français et que son expérience dans l’état miliaire n’a pas peu contribué à imprimer une direction utile aux courageux citoyens qui ont si bien combattu pour l’indépendance ; que ledit sieur Léger a surtout dirigé une partie des forces qui attaquaient et défendaient tour à tour l’Hôtel de ville, le 28 juillet ; qu’il a passé la nuit sur le champ de bataille ; que le 29, dudit il a continué les mouvements de la population victorieuse et a assisté à la prise du Louvre et des Tuileries, où il a déployé une grande intrépidité et des connaissances qui n’ont pas peu contribué à hâter l’événement et à économiser le sang des citoyens ; que le 30, chargé par le colonel Zimmer de participer à la prise de Saint-Cloud, en réunissant le plus d’hommes sous ses ordres qu’il lui serait possible, nous l’avons vu revenir le lendemain assez grièvement blessé et qu’il a été forcé de garder le lit jusqu’à ce jour. » Signé : Deroche, officier retraité, membre de la Légion d’honneur, teneur de livres chez M. Payen, chimiste. « Je certifie m’être trouvé près du Louvre avec le sieur Léger, officier. » Signé J. Spery, 37, rue des Fossés-du-Temple. « Je certifie avoir vu M. Léger, le 29 juillet, veiller à la sûreté du gouvernement provisoire, rue d’Artois, n° 15. » signé Gardenty, officier de l’ex-garde impériale, membre de la Légion d’honneur ; signé Lefebvre, Camille (sans doute voir plus haut), membre de la Légion d’honneur, qui atteste en outre avoir servi sous les ordres de M. Léger, le 29 juillet 1830 ; signé Leléger, demeurant 11, rue de la Licorne ; Lenieff (voir Lenief), demeurant 2, place de l’Hôtel de ville ; Lefevre, propriétaire place de Grève. Un autre certificat : « Les soussignés, habitants de Sèvres et de Meudon, certifions que M. Léger s’est présenté auprès des autorités, muni d’un ordre du gouvernement provisoire, signé du colonel Zimmer, pour requérir tous les hommes disponibles et de bonne volonté afin de marcher sur le château de Saint-Cloud, le 30 juillet dernier, qu’en cette qualité, aux hommes qu’il avait déjà sous son commandement, il en a réuni bon nombre des deux communes dont nous faisons partie, qu’avec eux il s’est emparé du pont de Sèvres que défendaient divers corps de l’ex-garde royale et deux pièces d’artillerie ; qu’il s’est comporté pendant tout le temps qu’il a été sous nos yeux avec tout le désintéressement personnel et toute l’énergie d’un amant de la patrie ; qu’il a donné des preuves du plus généreux dévouement et du plus audacieux courage ; enfin qu’il a été blessé dans l’action, ce qu’il ne l’a pas empêché de réunir un grand nombre de prisonniers, qu’il a renvoyés sous escorte à la destination indiquée par les ordres du jour. » Signé Casadavant, propriétaire de la verrerie de Sèvres ; Feret, marchand de charbon de terre. Un dernier, enfin : « Je soussigné reconnais que le susnommé a commandé les 30 et 31 juillet au Bas-Meudon et à la prise du pont de Sèvres. » P. J. L. Rousseau (voir Rousseau père, Pierre, Jean-Louis), demeurant au Bas-Meudon ; Rousseau fils, A, demeurant au Bas-Meudon ; Contesenne, François (voir Contesenne, Justin ?), demeurant au Bas-Meudon ; Dequesne, demeurant au Bas-Meudon ; Dequesne aîné, demeurant au Bas-Meudon ; Gouret, Louis, demeurant au Bas-Meudon ; Ribstein, demeurant au Bas-Meudon ; Guerre, demeurant à Sèvres ; Nisse, serrurier, demeurant à Sèvres ; Feret (voir plus haut), marchand de charbon de terre, demeurant à Sèvres ; Ancelin, demeurant au Bas-Meudon ; Contesenne, Joseph, demeurant au Bas-Meudon ; Charpentier, directeur des travaux de la verrerie de Sèvres ; Contesenne, P., marchand de bois au Bas-Meudon. Léger reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut nommé lieutenant sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté dans la gendarmerie à Carcassonne, il reçut trois cents francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. En août 1831, l’apostille suivante est inscrite en face de son nom : « Les cinq cents francs avaient été portés par erreur à titre d’indemnités comme officier. M. Léger n’étant pas nommé officier par la Commission, cette somme ayant été rayée du registre des officiers revient figurer ici à titre de secours. » La nature de ses blessures était ainsi décrite, le 20 janvier 1831, par le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales : « Blessure par arme à feu à la jambe droite, à sa partie inférieure et externe, cicatrisée mais avec adhérence de la cicatrice ; blessure qui n’a entraîné qu’une incapacité temporaire, doit être dès lors rangé dans la 2e classe des blessés avec une indemnité pendant deux ans. Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, et reçut une indemnité définitive de six cents francs (sous le nom de Leger, Robert, François sur les listes du Bulletin des lois). Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Le 17 mars 1831, il fut nommé lieutenant de gendarmerie et affecté à Carcassonne ; dénué de ressources, il fut demandé pour lui un secours qui lui permît de se rendre au lieu de son affectation. Il donna procuration à Coujard ou Cougard, Rose, son épouse, pour retirer en son nom sa médaille et le brevet qui l’accompagnait, et l’indemnité de six cents francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut nommé capitaine à la compagnie de Gironde le 16 février 1845, passé capitaine à la 1re compagnie de gendarmes vétérans le 28 juillet 1845. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 30 avril 1849 ; il était alors capitaine commandant la 1re compagnie de gendarmes vétérans. Il mourut le 21 avril 1854. Il avait épousé Coujard le 27 novembre 1821 à la mairie du (ancien) IIe arrondissement de Paris et était père d’un garçon, Léon, François, né vers 1820 à Paris. Il demeurait 11, rue de Tournon en 1830-1831 (mais par erreur une fois 1, rue de Tournon une autre fois 11, rue de Tournon in Archives nationales F/1dIII/37 ; 1, rue de Tournon in Archives nationales F/1dIII/38 A ; par erreur 41, rue de Tournon in Archives de Paris VD6 639 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, cahier Indemnité des cinquante francs, 1831) ; à Riom (Puy-de-Dôme) en 1849. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel (sous le nom de Léger, François, Robert) ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 87 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis6K4 1 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement, lieutenants de la 1re liste qui ont reçu trois cents francs, idem son dossier individuel ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, prestations de serment et autorisations de retirer des brevets, reçus de brevets, convocations des décorés à la mairie ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 6, tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; Archives de Paris VK3 30, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement de Paris, qui ont été classés par le jury médical et dont les lettres ont été déposées à la mairie, idem état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, idem liste des indemnitaires du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 47 (deux dossiers à son nom) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et dossier indemnitaires 2e classe, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIe arrondissement, lettre en date du 28 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le seul nom de Lecordier) ; Annuaire de l’état militaire de la France pour l’année 1832, publié sur les documents du ministère de la Guerre, avec l’autorisation du roi, Paris, Chez Levrault, 1832, p. 536 ; Annuaire de l’état militaire de la France pour l’année 1843, publié sur les documents du ministère de la Guerre, avec l’autorisation du roi, Paris, Chez Levrault, 1843, p. 715 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1557/80.

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