Lejour, Joseph

Biographie


Né le 20 juin 1790 à Prangey (Haute-Marne). Officier retraité ou ancien capitaine de grenadiers. Il se signala peu après à la prise de la maison du chapelier Moizard. On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « [Le 29 juillet, aussitôt après la reddition des 5e et 53e régiment de ligne près de la place Vendôme] Presque au même instants, un groupe nombreux se précipite dans le corps de garde des pompiers qui, n’opposant aucune résistance, livrent leurs fusils et leurs munitions. Cette troupe de citoyens, bien disposée à se servir de ces nouvelles armes, se rend du côté des rues Richelieu et Saint-Honoré, où l’on combattait avec acharnement ; elle avait à sa tête un ancien capitaine de grenadiers, M. Joseph Lejour, qui dans cette journée donna des preuves d’un dévouement sans borne pour la cause nationale. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il adressait, le 7 décembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Hier, en obtempérant à l’invitation que vous m’avez faite de me rendre près de vous, je croyais qu’il s’agissait de vous donner non pas des renseignements sur la conduite que j’ai tenue dans nos trois journées de Juillet mais de m’expliquer sur celle de plusieurs citoyens que je signale à la reconnaissance des Français dans un de mes ouvrages, que j’ai remis à un de messieurs les membres de votre commission, qui a bien voulu m’introduire près de vous. La modestie m’a interdit la faculté de vous faire convenablement connaître de vive voix qui je suis, ce que j’ai réellement fait dans les intérêts de la liberté. Quel est celui de vous, Messieurs, qui se fût comporté différemment ? Du reste, je croyais assez fortement que les braves émigrés français qui en 1823 en Espagne ont combattu nos oppresseurs, sous les couleurs nationales, n’étaient près du gouvernement actuel que de bien petits saints. La réception pleine de bienveillance que vous m’avez faite me faisant apercevoir mon erreur me détermine à vous donner, messieurs, quelques-uns des renseignements que vous m’avez demandés, bien que plusieurs écrivains patriotes aient depuis longtemps entretenu le public de moi. En 1814, le territoire de notre chère patrie est attaqué par les esclaves du Nord. Je quitte mon emploi civil et vole à sa défense. Bientôt les vices l’emportant sur les vertus, je me retire brusquement au sein de ma famille et renonce à tous les avantages, à toutes les faveurs que je puis, sans les solliciter, obtenir du gouvernement de Louis XVIII. On me met en demi-solde ; j’y réponds par ma démission, afin de ne rien avoir à démêler avec cette famille coupable, que la France vient de proscrire. En 1823, le despotisme marche contre les libertés naissantes de la malheureuse Espagne, qu’on s’efforce comme de tenir au gibet. Je me rends en Catalogne et j’entre dans la Légion libérale étrangère (le brave lieutenant Joubert peut vous instruire à cet égard). Quant aux affaires de Juillet, ce n’est qu’au fort de la mêlée que j’ai trouvé digne de moi d’attaquer nos infâmes adversaires et autant que possible à l’arme blanche : c’était une vieille rancune de quinze et quelques années que j’ai satisfaite. Je fus de cette poignée de citoyens qui, comme collés contre la porte de la Banque, refusèrent de déposer leurs armes malgré les menaces de les fusiller qui leur fut faite presque à bout portant. Dans la matinée du 28, je fus un des premiers officiers qui se mirent en avant pour exhorter les groupes du peuple à bien se comporter, à continuer à construire des barricades, à détruire le reste des lanternes et à ne point épargner les écussons aux armes que nous ne devrions plus voir… C’est à ce moment que deux soldats suisses furent exterminés, faubourg Poissonnière presque au coin du boulevard. Soit dit en passant, il ne fallait pas être timides vu l’heure pour en agir ainsi. Pour le surplus de ma conduite, rue de la Paix et rue Saint-Honoré, elle est expliquée dans l’ouvrage patriotique du savant docteur de Vélignac, qui est entre vos mains (voir la note 5, page 54 puis pages 13 et 16). […] La seule récompense qui puisse me flatter et être agréable aux personnes de ma société est l’étoile de la Légion d’honneur, que j’ai gagnée sous les murs de Paris. Malheureusement, j’ai perdu en Espagne les pièces qui attestaient ce fait et les recherches que j’ai prié de faire faire à la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur ne m’ont donné aucun résultat satisfaisant. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le seul nom de Lejour sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il est l’auteur de Croquis historique touchant l’époque actuelle, chez l’auteur, rue de la Paix, n° 13 et chez Dondey-Dupré, Paris, septembre 1830. Il demeurait 13, rue de la Paix en 1830-1831. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 470, 501 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92, liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement. On trouve dans la Revue britannique, choix d’articles traduit des meilleurs écrits périodiques de la Grande-Bretagne, tome premier, Paris, chez Dondey-Dupré, 1830, p. vij, l’annonce de la publication suivante : « Le célèbre Mina faisant sortir I‘Espagne du capuchon ; par Joseph Lejour (de Prangey), officier de la Grande Armée, auteur d'un croquis historique touchant l’époque actuelle. In-8°, chez l’auteur, rue de la Paix, n° 13 et chez Dondey-Dupré. Ce mémoire contient, outre l’analyse rapide de la situation politique de l'Espagne, un tableau des conditions sans lesquelles la liberté ne peut y exister qu’en rêve. » Un Lejour, Joseph, en non-activité fut nommé sous-lieutenant au 41e régiment d’infanterie de ligne en 1831 in Journal militaire officiel, année 1831, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 611.

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