Leleu, Antoine, André
Biographie
Né le 5 nivôse an X (mais le 25 nivôse sans précision de l’année in Archives nationales F/1dIII/82 ; le 1er nivôse an X soit le 22 décembre 1801 in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main) à Mariakerke (Belgique). Tailleur. Il fut arrêté alors qu’il combattait et fut transféré, chargé de fers, à la préfecture de police. Il y resta depuis le mardi soir 27 juillet jusqu’au 29 à 10 heures du matin « après avoir été traité de la manière la plus indigne et connu les plus grands dangers car lui et ceux qui l’accompagnaient furent souvent menacés d’être fusillés ». Il accompagna le duc d’Orléans à l’hôtel de ville et participa à l’expédition de Saint-Cloud et de Rambouillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement, qui perdit ses pièces. Ayant reçu la simple médaille auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, il sollicita la croix en remplacement. Il reçut sa médaille le 30 juin 1831, et son brevet le 17 août de la même année. Il était garde national à la 1re compagnie du 4e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Il signa, le 17 octobre 1831, le certificat suivant en faveur de Duvernel, Jacques, Frédéric : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Duvernel, Frédéric […] a pris les armes dans les immortelles journées de Juillet pour le soutien de la bonne cause et de la défense de la patrie et que le 29 juillet à la prise du Louvre il a été blessé à l’épaule droite d’un coup de feu. La manière d’éloges (sic) dont il se comporta en combattant vaillamment les ennemis de la patrie est un puissant motif pour que nous le recommandions avec ardeur à la bienveillance d’un gouvernement juste, qui reconnaît et récompense les actions d’éclat. » En 1831, père de trois enfants, il sollicita des secours. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était compris dans une liste de combattants que de Lacroix, baron de Boegard (voir ce nom), président de la Commission des réclamants combattants de Juillet, faisait parvenir, dans deux lettres en date des 15 juin et 6 août 1832, au ministre de l’Intérieur, afin de solliciter une réponse sur l’issue des démarches faites par plusieurs des combattants qui estimaient avoir été lésés dans leurs droits aux récompenses nationales. Ces combattants, faisait savoir de Lacroix, « désavouent ceux d’entre eux qui auraient pu participer aux derniers événements qui ont ensanglanté la capitale (l’insurrection des 5 et 6 juin 1832, N.D.A.) ; loin d’eux toute idée de renverser un trône qu’ils ont élevé au prix de leur sang ! Ils ne désirent que prouver au gouvernement du roi qu’ils sont et seront toujours prêts à mourir pour la dynastie qu’ils ont fondée. […] La plus grande partie des réclamants ont déjà la médaille et se sont toujours empressés, à chaque émeute, d’aller combattre les agitateurs et de faire rentrer dans le devoir, par leurs conseils, ceux de leurs camarades qu’on aurait pu égarer un instant […] ». De Lacroix donnait les précisions suivantes sur les faits dans lesquels s’était illustré le réclamant : « Le 27, étant armé d’un pistolet et d’un poignard, il fut arrêté hôtel de Polignac et devait être fusillé. Le 29, en liberté, a combattu dans plusieurs endroits, a été à Saint-Cloud et à Rambouillet. Demande la Croix de Juillet en échange de la médaille ou un emploi civil. A contribué à réunir beaucoup de monde à sa voix et les a dirigés sur les satellites du despotisme. » De la même manière, par deux lettres, en mai 1832, et réuni avec d’autres (voir la liste à Lami Hinault) dans une société de réclamants, qui se réunissait au 6, rue Dalayrac, il sollicitait du roi et du ministre de l’Intérieur, l’aboutissement des démarches entreprises par eux pour la prise en compte de leurs droits comme combattants de Juillet ; de la même manière, ils assuraient que, « défenseurs de la liberté », ils le seraient « toujours de leur roi citoyen et du gouvernement qu’il aura choisi ». En 1833, dans un « état voisin de la misère », « réduit à engager ses habits de garde national et depuis trois mois il ne peut faire son service que non habillé, ce qui l’humilie beaucoup étant connu dans sa compagnie par sa bonne tenue et son exactitude », il sollicita de nouveaux secours. Le préfet de la Seine donna comme renseignement à son sujet : « Garde national zélé, dont la conduite le rend digne de la bienveillance du gouvernement. » Il reçut soixante-quinze francs. Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1833, on trouve son nom dans une liste de notables invités par le maire du (ancien) Ier arrondissement pour assister au bal donné à l’occasion du mariage des couples dotés par la Ville de Paris pour fêter l’anniversaire des journées de Juillet. En juin 1834, veuf depuis trois mois, père d’un enfant, tenant un établissement de tailleur et un autre de placement, il sollicita la protection du maire de son arrondissement pour être désigné par lui comme ayant son mariage doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, expliquant : « […] Il a dans ce moment en vue une jeune personne âgée de dix-huit ans, fille d’un décoré de Juillet, mais si sa trop grande jeunesse s’y opposait, il vous prie, monsieur le maire, si vous protégiez une personne sage, capable de faire le bonheur d’un homme, et si vous jugiez l’exposant digne de votre confiance, il ferait tout pour plaire à cette personne et obtenir se son aveu sa main. » Deux prétendantes apparaissent dans le dossier : Mourgues, Henriette, Pauline, née vers 1815 à Paris, lingère, demeurant 20, rue Caumartin, de parents cuisiniers ; et Romain, demeurant chez ses parents, rue de Berry, dont le père était employé dans une fabrique à Rouen et qui avait fait un héritage, qui venait de lui être enlevé par une faillite. Une note dit sur Leleu : « Né en pays étranger mais ayant satisfait à la conscription. Il n’est veuf que depuis trois mois. Les renseignements lui sont très défavorables, soit de la part de ses voisins soit de la part du commissaire de police. Les parents de la jeune future ne lui paraissent pas non plus favorables. » Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de huit francs, en juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il retira, le 29 avril 1837, les pièces qu’il avait déposées à la Commission des récompenses nationales. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1839 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il était inscrit sur une liste de décorés de Juillet appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut un secours de soixante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de médaillé de Juillet. En 1851, il était entrepreneur de bâtiments et l’auteur d’un Projet de loterie pour les entrepreneurs qui ont été en liquidation judiciaire, pour les sortir de la misère, dont il adressa les statuts à Louis-Napoléon Bonaparte, président de la république. Ces statuts prévoyaient la mise en loterie des maisons des personnes mises en faillite afin de préserver l’intérêt de leurs familles. Leleu faisait cette proposition, motivé par les souffrances qu’il avait lui-même éprouvées depuis la Révolution de Février après avoir placé sa fortune, celle de sa femme et celle de ses enfants dans le bâtiment et avoir essuyé une faillite, qui s’était soldée par un répit de cinq années. Sa pétition fut lue à l’Assemblée nationale le 16 avril 1851. Il demeurait 26, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1830-1852 ; il était propriétaire d’un bien 5, rue d’Armaillé aux Ternes en 1851. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91, liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat de répartition entre les décorés de Juillet de la somme de trois cent cinquante-neuf francs et quatre-vingt-quinze centimes mise à la disposition du maire du (ancien) Ier arrondissement, le 30 juillet 1834, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet, idem même référence Etat des décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement et qui sont dans le cas de prendre part à la gratification à l’occasion du neuvième anniversaire de Juillet, idem même référence une liste, établie en 1840, de décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement, et appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives de Paris VI1 1, mariages dotés par la Ville, juillet 1833, généralités pour les couples dotés de juillet 1833, idem mariages de Juillet 1834 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Asselino ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Graillot ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Lartaud ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Pannetier, Jean ; Archives nationales F/1dIII/82 (dont dans la liste des combattants cités par de Lacroix) et aussi lettre en date du 28 mai 1832 adressée au roi, ; Archives nationales F/15/4240 in dossier Duvernel, Jacques, Frédéric ; Archives nationales F/1dIV/L/12 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.