Lelièvre, Alexis

Biographie


Né le 15 janvier 1800 à Garancière (Eure-et-Loir). Professeur (mais employé sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de deux cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet (sous les prénoms d’Alexis, François sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Il était en 1831, professeur à Preuilly (près de Loches en Indre-et-Loire). Le 28 février 1832, il sollicita, auprès du président du Conseil, la décoration de la Légion d’honneur en récapitulant les services qu’il avait rendus contre l’émeute : « […] Le 28 juillet 1830, j’ai sauvé une maison située faubourg Saint-Martin n° 163. [En] septembre 1830, j’ai signalé à mon commissaire M. Basile Fregeat une réunion de mille cinq cents individus qui avaient pour point de ralliement la maison des corybantes, barrière du Trône. J’ai déjoué les projets de trois mille ouvriers, pour qui j’avais rédigé une protestation relative à leurs syndics. 14 février 1831, j’ai averti M. Poret, lieutenant dans la 5e compagnie de la garde nationale à cheval, commandant le poste du Palais-Royal, qu’un nombreux rassemblement, repoussé de Saint-Germain-l’Auxerrois, se portait sur l’église Saint-Roch avec des intentions hostiles. Un officier d’état-major, à qui il en référa de suite, envoya deux bataillons qui occupaient les rues adjacentes et avant l’arrivée des agresseurs. […] Le jour où votre voiture fut arrêtée à la place Vendôme, des brouillons pour ne pas dire des assassins me demandèrent si je voulais me joindre à mes frères de Juillet, pour venger la chute de Varsovie ; sur ma réponse affirmative, on me dit qu’il fallait que j’allasse de suite à Clichy et à 8 heures du soir au canal Saint-Martin, que la réunion nocturne était le point de départ pour l’exécution, les poignards et les pistolets étant nécessaires. Je courus en avertir M. Viguier maire adjoint du IVe arrondissement, qui comme moi aime son pays, qui comme moi aime mieux prévenir le mal que d’en punir les auteurs quand il est fait. Veuillez remarquer, M. Le président, que ce dernier fait se passait à l’époque où, sans emploi, j’attendais de ma mère cinq cents francs qui m’ont servi à suivre le cours normal pour l’enseignement mutuel, afin de me créer un état sans fatiguer le pouvoir, dont les antichambres étaient constamment encombrées de solliciteurs ; que mes ressources entièrement épuisées, l’argent nécessaire pour faire quatre-vingts lieues, m’a été donné par le roi et par M. Béranger, le chansonnier. » Après le refus qui lui fut opposé d’obtenir la Légion d’honneur pour ces faits, il sollicita la Croix de Juillet en remplacement de la médaille mais se heurta de nouveau à un refus. Il fut employé par la préfecture de police, comme agent des rondes de nuit, du 19 novembre 1832 au 5 juillet 1834. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet (sous le nom de Lelièvre, François, Alexis). Le préfet de police, en 1834, informait à son sujet : « Le sieur Lelièvre a été effectivement attaché à ma préfecture comme agent des rondes de nuit depuis le 19 novembre 1832 jusqu’au 5 juillet dernier, époque à laquelle il a donné sa démission. Sa conduite pendant ce laps de temps n’a pas été exempte de reproches ; il s’enivrait souvent. J’ignore s’il n’a renoncé à son emploi que pour servir plus utilement le gouvernement […]. Il a quitté ma préfecture pour se rendre à Nantes, où il devait se marier et où il a inauguré l’Eglise française. Depuis son retour à Paris, il est dans une position extrêmement gênée. Il donne des leçons de latin et de français. Sa conduite paraît plus régulière que par le passé. » Mais selon le préfet de la Seine c’était « pour mieux servir son pays que le postulant donna sa démission. Nantes, où il fut envoyé pour y faire l’inauguration de l’Eglise française, devait le mettre en rapport avec des personnes dont les intentions sont connues et son discours d’ouverture avait suffi pour conquérir leur confiance ; mais deux notabilités républicaines ayant été averties qu’il avait été employé par la préfecture de police, il a été obligé de quitter le pays et de revenir à Paris, où il se trouve sans ressource aucune ». En avril 1834, il faillit être la victime de ses agissements d’agent provocateur puisque « fait prisonnier par les insurgés dans la nuit du 13 au 14 avril, a été trouvé par nous, faisant de la charpie dans la maison n° 26 de la rue Beaubourg ; qu’il ne devait pas sortir vivant de cette maison ; que, confié à la garde de deux caporaux de la garde nationale comme prisonnier, il a été forcé de rester dans le milieu de la rue précitée jusqu’à la fin de la fusillade ; qu’au moment où l’un des capitaines du 35e a été tué à côté de lui, les soldats de la compagnie du capitaine mort l’ont arraché aux deux caporaux susdits pour le fusiller, qu’il a dû son salut à deux de ses collègues arrivés au moment de l’exaspération des militaires ; que le général, après s’être assuré que loin d’avoir pris part à l’insurrection il avait au contraire été fait prisonnier par les insurgés en faisant un service commandé par son chef, a ordonné sa mise en liberté ». Il collabora aussi, sans doute par intrigue policière, au journal le Franc Royaliste, où quelque démarche malheureuse lui fit perdre deux cents francs. Il reçut un secours de soixante francs en 1851, un secours de quarante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 9, rue Château-Landon en 1831 ; 20, rue du Plâtre-Saint-Jacques en 1834 ; 36, rue des Fossés-du-Temple en 1851 ; 36, rue de Bondy en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Lelièvre, François, Alexis), idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Lelièvre, François, Alexis), idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de Lelièvre, François, Alexis) ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires.

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