Lelièvre, François, Maurice
Biographie
Né le 28 nivôse an IV (20 janvier 1796) à Paris (ancien) Xe arrondissement, fils de Lelièvre, Charles, Nicolas et de Desprès, Marie, Cécile. Tailleur d’habits. Il fut blessé d’un coup de baïonnette reçu dans la poitrine, du côté gauche, le 28 juillet sur le pont suspendu des Invalides du côté des Champs-Elysées, après avoir été fait prisonnier. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 11 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Pény, Jean-François, corroyeur, demeurant 15, rue de la Boucherie au Gros-Caillou ; Chorin, Louis, bottier, demeurant 37, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou ; Durié, Jean, ouvrier des ports, demeurant 19, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou. Ils attestèrent parfaitement connaître Lelièvre, François, Maurice et savoir « que les blessures pour lesquelles il a passé la visite du jury médical ont été par lui reçues le 28 juillet 1830 sur le pont suspendu des Invalides du côté des Champs-Elysées, en combattant avec les braves et après avoir été fait prisonnier ». Le maire du (ancien) Xe arrondissement, sur l’attestation de Turpin, peintre en bâtiments, demeurant 38, rue Saint-Dominique, et Chorin, bottier, demeurant 37, rue Saint-Dominique, certifia, en date du 18 avril 1831, que Lelièvre, François, Maurice avait ses parents à charge et était réduit à une position nécessiteuse. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme blanche (coup de baïonnette) à la partie antérieure, inférieure et interne de la poitrine du côté gauche, dans la région du cœur, cicatrisée mais avec un trouble notable dans la circulation. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Sa médaille lui fut délivrée le 23 juin 1831 et son brevet le 18 août de la même année (il signa bien le récépissé de la remise de ses médaille et brevet de son nom de Lelièvre et non de celui de Le Lièvre). En 1830, il avait ses parents à charge, le père âgé de soixante-seize ans et infirme, la mère, âgée de soixante-neuf ans et aveugle, tous deux inscrits au bureau de charité. Il combattit en juin 1832 de côté de l’ordre et mourut du choléra le 21 juillet 1832. Sa veuve, employée à la Manufacture des tabacs, mère de deux enfants âgés de neuf ans et de vingt mois en 1832, soutien de sa belle-mère, reçut deux cents francs de secours. Elle demanda, en vain, la continuation de la pension qui était versée à son mari. Dans une pétition à la Chambre, en 1833, le député Bédoch se fit, infructueusement, le porte-parole des intérêts de la veuve et de ses enfants quant à la continuation de la pension. Il plaida en conséquence pour l’obtention de quelques secours : « Il est certain que la mort du sieur Lelièvre, mort à laquelle a puissamment contribué la blessure grave qu’il a reçue dans la journée du 29 juillet 1830, a réduit sa veuve à la position la plus pénible et la plus douloureuse. Elle est sans fortune, chargée de deux enfants en bas âge et d’une belle-mère aveugle ; elle doit, par conséquent, inspirer le plus vif intérêt. Il y a lieu d’espérer que monsieur le ministre de l’Intérieur voudra bien prendre en considération le triste état de cette veuve et lui accorder quelques secours sur les fonds qui sont à sa disposition. » En 1834, le préfet de la Seine donnait sur le compte de la veuve les renseignements suivants : « La dame Lelièvre est veuve depuis dix-huit mois. Son, mari est mort du choléra. Le sieur Lelièvre, qui avait reçu un coup de baïonnette au-dessous du téton gauche et qui avait été frappé de coups de crosse de fusil, jouissait d’une pension de trois cents francs et était décoré de la médaille de Juillet. Il a laissé sa veuve sans fortune avec deux enfants dont l’aîné a onze ans et le plus jeune trois. La pétitionnaire est ouvrière à la manufacture des tabacs, où elle gagne un franc cinquante par jour. Sa mère y travaille également et son père est commissionnaire. Le maire du (ancien) Xe arrondissement, qui me fournit ces renseignements, ajoute que cette famille est dans le besoin, que la veuve Lelièvre est loin de gagner assez pour élever ses deux enfants et qu’elle est digne de la bienveillance du gouvernement. » Le préfet de police, quant à lui, fournissait les renseignements suivants : « On dit beaucoup de bien sur cette femme, sous tous les rapports. Elle est veuve depuis deux ans. Le sieur Fremaux, docteur en médecine rue de la Comète, qui a soigné son mari pendant sa maladie, affirme qu’il est mort des suites des blessures qu’il avait reçues en juillet 1830. » Un autre certificat médical, délivré celui-là par le docteur Guichard, médecin du bureau de bienfaisance du (ancien) Xe arrondissement et de la manufacture de tabacs, affirmait que Lelièvre, à qui il avait donné des soins en juillet 1830 quand il avait été blessé d’un « coup de baïonnette dans la région du cœur », avait depuis « toujours conservé de la gêne de la respiration et de la douleur en cet endroit et que cette cause, jointe à la maladie dont il a été atteint, a puissamment contribué à sa mort ». En 1835, la veuve reçut un secours de cent cinquante francs. La veuve, née Henrion, reçut un secours de cinquante francs en 1851, un secours de quarante francs en 1852, à titre de veuve d’un pensionné de Juillet. Lelièvre demeurait 27, rue Saint-Dominique au Gros-Caillou en 1830 sur les listes de la mairie ; 37, puis 42 ou 43, même rue Saint-Dominique en 1831 ; sa veuve, 42, rue Saint-Dominique et 174 et 192, rue Saint-Dominique en 1833-1835 ; 24, rue Frémicourt à Grenelle en 1851-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 87 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (3e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 3 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Hamel ; Archives nationales F/1dIII/62 ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Viray fils ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835, F/9/1156 ; Le Moniteur, 2 juin 1833 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demande de renseignements sur des décorés ou blessés de juillet 1830, en date du 14 mars 1851, minute 174, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le seul nom de veuve Lelièvre), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852.