Lemaire
Biographie
Statuaire. « Dans la partie du Louvre dite le Musée, les portes étaient à peine forcées, que plusieurs artistes, M. Leroy, peintre, et M. Lemaire, statuaire (ce dernier armé aux dépens d’un soldat de la garde), se mirent avec M. Cailleux, à la tête des gardiens du Musée, et aux cris de vivent la Charte et la Liberté, ils engagèrent le peuple armé à évacuer la galerie. Une seule balle a frappé le tableau de l’entrée d’Henri IV à Paris, dans la chaleur de la première attaque ; mais le tableau du sacre de Charles X a été mis en lambeaux. Son buste a été renversé, et les tableaux qui le représentent n’ont pas été plus ménagés. On avait déplacé un buste de Louis XVIII, il a suffi de rappeler qu’il était l’auteur de la Charte, pour laquelle on avait pris les armes, pour le faire replacer sur son piédestal. Seulement le buste colossal, placé au-dessus de la porte principale, avait été voilé, comme pour lui dérober la vue des massacres. » Le Constitutionnel, 27-30 juillet 1830 ; Trois jours !!! Histoire politique, militaire et anecdotique de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, par E.M.S. caporal dans la garde nationale, témoin oculaire, Paris, Levavasseur, 1830, p. 17-18 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, nom des personnes qui se sont particulièrement distinguées p. 274 (sous le nom de Le Maire). « Hier, à son retour au Palais-Royal, le lieutenant-général a reçu plusieurs députés, entre autres, M. Benjamin Constant. Le prince a reçu ensuite une députation assez nombreuse d’élèves de l’Ecole polytechnique. Il venait de se retirer dans ses appartements particuliers, lorsque M. Lemaire, statuaire, qui s’était mis le premier à la tête des gardes du Musée pour conserver tant d’objets dont la perte eût été irréparable, a demandé à être introduit. Le prince, à demi-déshabillé, l’a reçu aussitôt. Le jeune artiste a réclamé la faveur de se charger de la sculpture du monument qui devra perpétuer la mémoire des braves morts pour nos libertés. Cette inspiration d’un cœur patriote a été accueillie avec cordialité par le lieutenant-général du royaume. » La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 27 juillet-2 août 1830. Le Journal des débats du 13 août 1830 rapporta à son sujet : « Dans des journées il n’y a qu’à admirer, on peut être embarrassé sur le choix des noms honorables et on ne les citera jamais tous ; mais il serait d’une cruelle injustice d’omettre ceux des conservateurs des monuments publics qui font une partie essentielle de notre gloire nationale. Au moment où le Louvre était un champ de bataille et une conquête, M. de Cailleux, secrétaire général des musées royaux a puissamment contribué à préserver la magnifique réunion de chefs-d’œuvre qui étaient confiés à sa garde de toutes les chances de destruction qu’entraînent les événements d’un combat et les suites d’une victoire. M. Daulion, jeune et brave polytechnicien qu’il avait requis dans les rangs des vainqueurs, s’est empressé de s’associer à ses efforts, si bien secondé d’ailleurs par le concours d’une foule d’excellents citoyens dont nous aimerons à citer les noms, et surtout par celui des artistes qui acquittaient si noblement en un jour les soins et l’amitié qu’il leur a toujours témoignés. Nous indiquerons parmi ceux-ci, en regrettant de ne pas les connaître tous, M. Lemaire, statuaire, M. Justin, peintre, rue Galande, n° 15 et M. Laffait, peintre. M. Muller, pompier, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, n° 27, a exercé constamment une très utile surveillance, qui a été du plus grand secours. » On lira avec intérêt la lettre que Lafaist, Prosper (voir ce nom) écrivit en septembre 1830 pour contredire cette relation faite par les journaux. On trouve dans le récit que fit Milbert de sa propre participation aux combats, les indications suivantes sur Lemaire : « […] A la dernière salle, nous vîmes le tableau du sacre percé d’une trentaine de balles. Là, se termina notre tournée parce que cette partie était occupée par des bourgeois qui faisaient le même service que nous. Nous trouvâmes dans cet endroit M. Lemaire, sculpteur, et M. Cailleux, secrétaire du musée, auquel mon compagnon de voyage rendit compte de notre ronde […]. » Histoire populaire de la révolution de 1830, chez Jules Lefebvre et compagnie éditeurs, Paris, 1830, p. 32 ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Milbert, Jean, Angélique, Edouard.